Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Dimanche 31 août 2008

Rions ensemble des malheurs de autres

Posté dans Droit administratif par groM

Pour recommencer l’annĂ©e en beautĂ©, un petit peu d’humour d’administrativiste.

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Un ami a rĂ©cemment eu un deuxième fils. La maternitĂ© ne s’Ă©tant pas acoquinĂ©e avec l’Etat civil (l’affaire se passe Ă  Marseille), il a dĂ» aller dĂ©clarer son enfant Ă  la mairie. ArrivĂ© au service de l’Etat civil, il trouve donc deux fonctionnaires et une citoyenne, qui sont en train d’inscrire le dĂ©cès du père de cette dernière. Apparemment, la tâche est complexe, puisque mon ami doit poireauter un certain temps.

Soudain le tĂ©lĂ©phone sonne. Le gardien d’un cimetière appelle la mairie pour demander s’il a le droit de rĂ©pondre oui Ă  un touriste qui lui demande s’il peut photographier les monuments funĂ©raires. Palabres. Doute. Soudain, la personne venue dĂ©clarer le dĂ©cès de son père dit, timidement:

“C’est quand mĂŞme un peu morbide …”

L’argument porte. Et c’est lĂ  que, superbe, la première fonctionnaire prend une dĂ©cision Ă  la lĂ©galitĂ© interne et externe d’une puretĂ© totale:

“Puisqu’il demande, on va rĂ©pondre non !”

Ainsi fut-il fait.

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Pour ceux qui ont transpiré sang et eau sur le droit administratif de deuxième année, une petite perle en vidéo:


The G.A.J.A. Effect
envoyé par pehaboy

PS: je dĂ©couvre que Eolas l’a dĂ©jĂ  signalĂ©, mais c’est pas grave: avoir le Lion d’Or n’empĂŞche pas d’obtenir la palme du mĂŞme mĂ©tal.

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Pour conclure, bonne chance à tous ceux qui vont manger du stratif cette année.

Jeudi 31 juillet 2008

Fermeture

Posté dans Autres par groM

Ce blog, qui est dĂ©jĂ  dans une phase de lĂ©thargie, va tomber en catatonie pour les trois prochaines semaines, pour cause de dĂ©part en vacances dans divers endroits dĂ©pourvus de toute connectivitĂ© et d’absence de volontĂ© du vacancier. J’espère que ce congĂ© me motivera pour Ă©crire des choses intĂ©ressantes. Je suis dans une phase de flemme irrĂ©pressible en ce moment.

Mardi 29 juillet 2008

Métro station Discorde

Posté dans Droits de l'homme par groM

Nos lecteurs connaissent sans doute bien la station de mĂ©tro Concorde. Celle-ci est fameuse pour la dĂ©coration qui orne les quais de la ligne 12, oeuvre de l’artiste belge Françoise Schein. Au lieu des traditionnelles carreaux de faĂŻence blanche qui sont la marque du mĂ©tro parisien, la station Concorde est couverte de carreaux de cĂ©ramique bleus et blancs, façon azulejos, dont chacun d’eux porte une lettre ou un signe de ponctuation, l’ensemble Ă©tant supposĂ© former le texte de la dĂ©claration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 aoĂ»t 1789.

L’oeuvre, commandĂ©e pour le bicentenaire de la rĂ©volution et rĂ©alisĂ©e en 1991, se place dans un cadre plus vaste, celui de la cĂ©lĂ©bration des droits de l’Homme. Françoise Schein a ainsi rĂ©alisĂ© des oeuvres autour de cette thĂ©matique nous seulement Ă  Paris mais aussi Ă  Lisbonne, Brème, Berlin, HaĂŻfa et Stockholm.

Chaque carreau comporte donc une lettre ou un signe de ponctuation, mais pas d’espace. Le fait de les enlever du texte (voir ici pour un aperçu) est pleinement assumĂ© par l’artiste et procède de la volontĂ© d’attiser la curiositĂ© des passants:

At first glance, the viewer does not recognize any meaningful text. The walls only appear as a large puzzle of letters. But slowly, the formation of langage appears in the viewers’ minds. He constructs his own meaning, he creates his understanding of the text; he builds these words himself…

RĂ©sultat: l’un des textes les plus forts de sens de la langue française devient une suite inintelligible de mots pour le passant qui ne reste que quelques dizaines de secondes sur le quai. LĂ  oĂą la plume rĂ©volutionnaire avait fait oeuvre de clartĂ©, il n’y a plus qu’obscuritĂ©. LĂ  oĂą le sens du texte doit primer, on a un simple jeu de pistes. LĂ  oĂą il faudrait que cette DĂ©claration, constamment prĂ©sente Ă  tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs,

CETTEDECLARATIONCONSTA
MMENTPRESENTEATOUSLESM
EMBRESDUCORPSSOCIALLEU
RRAPPELLESANSCESSELEUR
SDROITSETLEURSDEVOIRS

Je vais peut-ĂŞtre jouer mes vieux schnocks, mais lĂ , on ne rappelle pas grand’chose. Que le projet eĂ»t Ă©tĂ© beau, s’il avait simplement respectĂ© le texte !

Samedi 19 juillet 2008

Deux choses sans importance

Posté dans Autres par groM

Vous l’aurez compris, cette pĂ©riode estivale, couplĂ©e Ă  un travail intense, n’est pas propice aux travaux d’Ă©criture, d’oĂą le quasi-silence de ce blog. Heureusement, deux micro-Ă©vĂ©nements sont venus ponctuer mon existence: je ne rĂ©siste pas au plaisir de vous les faire partager.


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Ce matin d’abord. Écoutant d’une oreille distraite une Ă©mission de France Inter consacrĂ©e Ă  Albator, le hĂ©ros de notre jeunesse, j’ai entendu une courte interview du crĂ©ateur de ce hĂ©ros, Leiji Matsumoto. Celui-ci expliquait comment, peu après la capitulation du Japon, il avait contemplĂ© les vĂŞtements de son père militaire, et avait Ă©tĂ© frappĂ© par leur inutilitĂ© et le vide qui s’en dĂ©gageait. Tout ce que ces vĂŞtements incarnaient, l’Empire, les vertus martiales, tout cela avait disparu, et lĂ  oĂą Ă©taient ces vĂŞtements, il n’y avait finalement plus que le vide.

Ce vide me frappe souvent en contemplant les objets musĂ©ifiĂ©s. Les vĂŞtements meurent de ne pas ĂŞtre portĂ©s, et il n’y a rien de plus triste que la soie passĂ©e (dans ce genre, ne visitez jamais le musĂ©e de la toile de Jouy, Ă  Jouy-en-Josas) ou les mannequins en uniforme. MĂŞme sentiment face aux cratères grecs: que ces objets conçus pour partager le vin, sous le soleil, Ă  l’ombre d’une vigne vierge, figurent dans une vitrine obscure illustre Ă  merveille la perte totale de leur sens.

Cela est d’autant plus Ă©trange que le plus stupide et le plus inutile objet de la crĂ©ation peut survivre Ă  son propriĂ©taire, ce que j’ai toujours trouvĂ© profondĂ©ment injuste. Quand un homme meure, on devrait faire disparaĂ®tre tous les objets qui lui ont appartenu, comme autrefois les indiens enterraient vivantes les veuves des maharadjas. Ainsi les hommes ne survivraient vraiment que dans le souvenir des autres, ce qui n’est finalement pas si mal. A moins que, perdant leur sens avec l’homme qui les possède, ces objets ne soient finalement absorbĂ©s par le vide eux aussi.

En y rĂ©flĂ©chissant, Leiji Matsumoto m’a peut-ĂŞtre offert une consolation mĂ©taphysique, ce matin, Ă  l’heure d’Ă©cosser les haricots.


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Le philosophe que je suis (rires dans la salle) n’en est pas moins homme, et comptait aller passer sans soirĂ©e dans une salle obscure Ă  oublier, comme aurait dit feu Pierre Desproges, son cancer devant un film d’outre-atlantique dont je tairai le nom afin de ne pas ruiner la rĂ©putation de sĂ©rieux de ce blog. HĂ©las, trois fois hĂ©las, un dĂ©linquant quelconque, attirĂ© par la carrosserie rutilante de notre imposante berline de type Peugeot 106 (modèle 1995, 207.000 km au compteur) en avait brisĂ© la vitre arrière dans l’espoir, manifestement déçu, de mettre la main sur des choses aussi juteuses qu’une planche arrière ou un triangle de signalisation.

Ce fut donc commissariat au lieu de cinéma, Les experts. au lieu de Hancock

Car figurez-vous - est-ce l’ennui d’une soirĂ©e tranquille ? une conscience professionnelle remarquable ? l’absence de gardĂ© Ă  vue ? - et bien figurez-vous que mon bris de glace sans vol a donnĂ© lieu Ă  un vrai relevĂ© d’empreinte digitales, comme dans les films. Avec le petit pinceau, la poudre noire qui tache - saluons au passage l’expĂ©rience du fonctionnaire de police qui a rĂ©ussi le saupoudrage sans en mettre une trace sur sa chemise blanche. En fait, le seul truc qui a ratĂ©, c’est la prise des empreintes rĂ©vĂ©lĂ©es. Cela se fait en posant un papier collant sur les traces rĂ©vĂ©lĂ©es par la poudre, et en l’espèce la colle a fait des fils comme le fromage dans AstĂ©rix en HelvĂ©tie.

C’est paraĂ®t-il rarissime, mais qu’importe: selon toute vraisemblance c’Ă©tait mon empreinte Ă  moi.

Mardi 15 juillet 2008

Résultats

Posté dans CAVEJ par groM

Pour les intéressés, les résultats de L3 sont disponibles.

Il semblerait que, malgrĂ© une Ă©criture baveuse et un contenu mĂ©diocre, le contentieux administratif ne m’ait pas gardĂ© trop de rancune. J’en suis presque dĂ©sappointĂ©. Pour le reste, ça c’est très bien passĂ© :-)

Jeudi 3 juillet 2008

Fin d’une rĂ©tention

Posté dans Autres, Politique, Etranger par groM

Excellente nouvelle pour Ingrid BĂ©tancourt et pour les siens. D’autant que Nicolas Sarkozy annonce dans la foulĂ©e:

La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu’un est injustement retenu.

Faut-il y dĂ©celer une volontĂ© de la PrĂ©sidence Française de l’Union de lutter contre la directive de la honte, qui permet la rĂ©tention des Ă©trangers extra-communautaires pendant 18 huit mois ?

En tout cas …

Et croyez bien, que ce que je dis, je le dis du fond du coeur.

Mardi 24 juin 2008

Internet Public Policy

Les lecteurs intéressés par les problématiques liés aux noms de domaine pourront utilement lire cet article de Legal Biznext, qui évoque la libéralisation annoncée des noms de domaine, avec la possibilité pour chacun de déposer des top level domain names: en gros, cela permettrait à ce site de devenir http://bloghorree.berrendonner.

Je dois toutefois avouer un certain scepticisme concernant la notion “d’ordre public” que pourrait mettre en oeuvre par l’ICANN, “organisme de droit californien […] liĂ© par contrat au dĂ©partement amĂ©ricain du commerce et dĂ©pend[ant] du Ministère amĂ©ricain de la justice” pour Ă©viter que ne soient rĂ©servĂ©es des noms de domaine douteux, comme .terrorisme. J’ai bien peur que, dans les faits, il ne s’agisse plutĂ´t de la public policy du gouvernement amĂ©ricain.

De quoi sans doute relancer le dĂ©bat sur l’indĂ©pendance de l’ICANN.

Jeudi 19 juin 2008

Partiels de L3, opus 2 et demi

Posté dans Autres, CAVEJ par groM

Bon ce matin, droit administratif des bien. j’ai pris le commentaire d’arrĂŞt (CAA Nancy, 11 octobre 2006, non disponible sur lĂ©gifrance). Cela causait d’expropriation pour cause d’utilitĂ© publique, et plus prĂ©cisĂ©ment de la thĂ©orie du bilan. Ca s’est bien passĂ©, et puis une CAA, ça change.

Cet après-midi contentieux administratif. Trois questions:

  • le Conseil d’Etat: composition et organisation” (sur 10 points);
  • les rĂ©fĂ©rĂ©s de droit commun” (sur 8 points);
  • qu’est-ce qu’une juridiction administrative spĂ©ciale” (sur 2 points);

LĂ , ça a Ă©tĂ© franchement moyen. D’abord mon stylo m’a lâchĂ© en plein vol (bon prĂ©texte, hein ?); ensuite, j’ai fait du hors sujet; enfin, je ne savais pas grand’chose sur les rĂ©fĂ©rĂ©s de droit commun. Ca va vraiment pas ĂŞtre top.

Aller, rendez-vous en septembre pour les sujets de droit international public, relations collectives de travail, anglais, droit communautaire et droit spécial des sociétés.

Mercredi 18 juin 2008

Partiels de L3, opus 2

Posté dans CAVEJ par groM

Au menu de la journée d’aujourd’hui : examen de droit des sûretés.

Je ne me hasarderais pas à donner une définition juridique des sûretés, tant la doctrine semble divisée sur les délimitations exactes qu’il convient de donner à la notion. Faisons donc simple : le droit des sûretés c’est celui qui peut vous conduire à la ruine (pardon, au rétablissement personnel) ou vous en sortir ; c’est le droit balzacien des créanciers aux mains avides et des débiteur innocents ; des naïfs qui osent prêter à leur fils ; des enfants prodigues qui dilapident le capital patiemment accumulé par les générations rurales retournées à la poussière. Mais le droit des sûretés c’est aussi un droit technique, palpitant de modernité, qui donne aux professeurs de droit une occasion parfaite de maltraiter leurs étudiants à coup de mots compliqués (Hypothèque, Antichrèse, Prêt viager hypothécaire, Constitut … )

Dédaignant une dissertation consacrée à « La distinction entre cautionnement et garantie indépendante », au motif que, s’il faut périr, autant le faire dans la bonne humeur, j’ai choisi d’une main ferme le cas pratique, attiré par les jeux de mot du rédacteur autant que par la place réduite consacrées aux procédures collectives. La règle en est simple : 4 questions prenant la forme d’une pseudo-consultation, 5 points par questions.

N°1 : Une question très ouverte sur les sĂ»retĂ©s Ă  apporter pour garantir le paiement d’un contrat risquĂ©. Un mixte de garantie Ă  première demande et cautionnement hypothĂ©caire ferait bien l’affaire Ă  mon humble avis.

N°2 : Une garantie à première demande dans un contrat de fourniture international. Mal barré le client.

N°3 : Le cautionnement du fils prodigue. Si la banque a fait son travail, le client va encore souffrir. Cela dit, j’aurais dĂ» y causer de rĂ©tablissement personnel, justement.

N°4 : Du matériel livré pas payé, un petit mixte de droit de rétention et de clause de réserve de propriété avec un chouïa de procédure collective pour pimenter le propos.

Au final, l’impression que ce pauvre client, dont nous tairons le nom par soucis de confidentialité, n’est pas un homme d’affaire bien avisé. Et encore : il n’a pas encore reçu ma facture :-)

PS: Vous allez rire, le sujet de droit communautaire que je n’ai pas eu Ă  traiter, ayant dĂ©cidĂ© que je n’Ă©tais pas prĂŞt pour cette matière, c’Ă©tait … L’arrĂŞt Arcelor. Celui auquel j’ai consacrĂ© pas moins de quatre billets. Chienne de vie.

Mardi 17 juin 2008

Trahison

Posté dans Autres, CAVEJ par groM

Ou “coup de poignard dans le dos” …

Voir “Coup de Jarnac”

Nombreux sont, chers lecteurs, les qualificatifs peu flatteurs dont vous pourrez affubler la décision que je vais vous annoncer.

Cette décision la voilà: je vais faire une maîtrise de droit des affaires.

[Silence consterné]

Oui, BloghorrĂ©e, le site qui vous a entretenu depuis 3 ans de droit constitutionnel et de droit administratif, de nobles causes et d’humeurs estudiantines, BloghorrĂ©e, le site que vous croyiez bien enracinĂ© dans le droit public, et bien oui, ce site va se consacrer dĂ©sormais aux puissances obscures de l’argent roi.

Car, mes pauvres amis, il faut bien manger, payer le prĂŞt de son appartement dans le XVIème arrondissement en banlieue, de sa jaguar 307, nourrir sa progĂ©niture, divertir sa maĂ®tresse femme, combler de cadeaux sa vieille maman … Et cela, malheureusement, je ne puis le faire en faisant une maĂ®trise de droit public, il faut que je fasse quelque chose qui soit susceptible d’ĂŞtre utile Ă  mon employeur (que je salue respectueusement en passant), et donc que je m’oriente vers le biznesse.

Par ailleurs, seconde rĂ©vĂ©lation: j’ai dĂ©cidĂ© de rester au CAVEJ. Plusieurs raisons Ă  cela: s’il existe des maĂ®trises fort intĂ©ressantes par ailleurs, je n’ai pas l’intention de prendre un congĂ© (toujours les contraintes Ă©voquĂ©es plus haut) et me palucher 1 heure de transport aller + 1 heure retour dans l’unique but d’assister Ă  une heure de TD ne m’enchante pas; par ailleurs, je commence Ă  bien connaĂ®tre la maison, et il faut rentabiliser.

J’en profite pour lancer un appel d’offre: si le lectorat de ce blog comporte des individus brillants, motivĂ©s, dĂ©sireux de faire une maĂ®trise droit des affaires au CAVEJ, que ces personnes n’hĂ©sitent pas Ă  me contacter pour former un groupe de travail et, notamment, partager la retranscription des cours.

Je termine par une lueur d’espoir.

Il n’est pas interdit d’avoir des hobbies, et le droit public pourrait m’en tenir lieu. Etrange perversion, n’est-il pas ?