Malaises
Deux micro faits divers auxquels j’ai assistĂ© Ă 15 jours d’intervalle. Simple coĂŻncidence ou tendance de fond, je ne prĂ©tends pas qu’ils aient une valeur probante quelconque. Les seules chose dont je suis sĂ»r, c’est que c’est tout bĂ©nĂ©fice pour les fachos et qu’ils m’ont mis profondĂ©ment mal Ă l’aise. [Modification après commentaire]
Fin septembre, boulevard de Port-Royal. Je me rends Ă mes examens, et arrivĂ© sur place vers 13h30, je rentre dans une boulangerie pour acheter un sandwich. Alors que j’attendais depuis 1 minute ou deux, j’entends une voix puissante et aggressive qui dit: “A la boucherie ils les ont pris mes tickets restaurant !” La boulangère lève les yeux et lui rĂ©pond, manifestement excĂ©dĂ©e: “Ils font ce qu’ils veulent, Ă la boucherie, mais ce n’est pas des chèques restaurant que vous avez, mais des chèques services ! Nous on les prend pas !
- Ouai ! C’est toujours pareil ! C’est parce que je suis Arabe ! Vous ĂŞtes raciste !”
Je tiens Ă signaler que, jusque lĂ , je n’avais pas remarquĂ© cette caractĂ©ristique. La boulangère:
- Bhen voyons …
- Espèce de vieille peau ! Je t’emmerde !
- Et bien nous aussi !” (intervention de la deuxième boulangère)
Sur ce, le gars tourne les talons et s’en va. La stupĂ©faction cède la place au soulagement. Moi: “je voudrais un sandwich … je peux payer avec un ticket restaurant, alors ?”
Hier soir, dans le train. ArrivĂ©e Ă la gare de La DĂ©fense, vers 19h30. Je suis installĂ© en bout de wagon, dans une place Ă quatre, avec une personne en diagonale par rapport Ă moi. Dans la foule qui monte, un couple âgĂ©, entre soixante-dix et quatre-vingt ans. Derrière, une dame. Je me dĂ©calle en face de mon voisin pour que le couple puisse discuter commodĂ©ment. Celui-ci, pensant que la dame Ă©tait une connaissance du couple, se lève pour aller prendre une autre place et leur permettre d’ĂŞtre cĂ´te-Ă -cĂ´te. Alors que le vieux monsieur attend pour le laisser passer, on entend la dame situĂ©e derrière crier:
“- Mais vous allez vous assoir ! On n’a pas idĂ©e de laisser les gens debout !” La scène avait durĂ©e 10 secondes depuis l’entrĂ©e en gare. Le Monsieur, complètement soufflĂ©:
- Mais une minute madame: je laisse ce monsieur changer de place !
- Je suis fatiguée moi !
- Et moi, je suis plus âgé que vous !
- Et moi, je fais le jeĂ»ne, et je vais pas me laisser emmerder par des gens qui bouffent toute la journĂ©e !” Silence stupĂ©fait dans le wagon.
- Ca vous regarde, Madame !”
Tout ce petit monde finit par s’assoir. Le couple Ă©change Ă voie basse des commentaires. “C’est pas la peine de me regarder avec vos yeux !” reprend l’hystĂ©rique. Je me tourne vers elle, la fusille du regard. Le monsieur me dit: “Ne dites rien, c’est pas la peine.“. Elle se baisse vers son sac Ă main et en sort des fruits secs, qu’elle commence Ă manger.
Anachorète a dit :
Ben, c’est le ramadan… Ca doit mettre un peu sur les nerfs !
Par contre ta dialectique “RĂ©el malaise ou tendance de fond”, j’ai du mal Ă suivre : “Bonnet blanc ou blanc bonnet” ?
Vendredi 7 oct 2005 à 17:16
groM a dit :
La question que je voulais me poser en introduction, c’Ă©tait de savoir si les incidents que je raconte rĂ©vèlent une tendance de fond (selon laquelle les musulmans en gĂ©nĂ©ral, et les arabes en particulier, Ă©prouveraient un malaise Ă vivre dans la sociĂ©tĂ© française), ou si j’ai juste pas eu de chance en tombant sur deux Ă©nervĂ©s. Mais par une mĂ©canisme psychologique intĂ©ressant, cela ça s’est terminĂ© de la manière que vous indiquez: je corrige donc.
Les seules certitudes que j’ai par rapport Ă cette question, c’est que des comportements gratuitement agressifs comme ceux-lĂ font beaucoup de dĂ©gâts pour la tolĂ©rance, et que, sur un plan personnel, ils me mettent profondĂ©ment mal Ă l’aise. Mais peut-ĂŞtre que je me prends trop la tĂŞte.
Vendredi 7 oct 2005 à 17:29
Sok a dit :
En tout cas, il aurait Ă©tĂ© dommage de ne pas faire le rĂ©cit ces deux incidents… Ils ont couleur humaine.
Dimanche 9 oct 2005 à 18:43
Quoique a dit :
Le racisme ordinaire est tellement présent, qu’il ne peut que renforcer un communautarisme exacerbé, et quelles que soient les communautés, elles ont leur lot de problématiques individuelles inadaptées.
Le malaise qui me vient en vous lisant est donc plutôt dû au choix que vous faites, des «incidents» que vous retenez pour votre publication certainement parmi bien d’autres et à la dramatisation faite autour.
Vendredi 14 oct 2005 à 23:31
groM a dit :
@quoique: Aussi bizarre que cela puisse vous paraĂ®tre - et de ce point de vue je veux bien croire que j’Ă©volue dans un milieu privilĂ©giĂ© - je n’ai pas Ă©tĂ© rĂ©cemment confrontĂ© Ă “d’autres incidents”, que ces incidents soient dans ce sens ou dans l’autre. C’est pour cela que j’ai Ă©tĂ© particulièrement frappĂ© par ces deux-lĂ , survenus Ă peu de temps d’Ă©cart.
Je souscris par ailleurs totalement Ă l’idĂ©e que racisme et communautarisme sont les meilleurs amis du monde.
Quand Ă la dramatisation … Ă partir du moment oĂą on a Ă©tĂ© soi-mĂŞme frappĂ©, elle vient naturellement et je l’assume.
Samedi 15 oct 2005 à 12:44
Quoique a dit :
“Quand Ă la dramatisation … Ă partir du moment oĂą on a Ă©tĂ© soi-mĂŞme frappĂ©, elle vient naturellement et je l’assume.”
Je me fourvoie certainement en pensant que le droit Ă©tait une construction humaine pour rectifier le “naturel”, apporter de la raison, de la distance, Ă©viter Ă l’Ă©motionnel de prendre le dessus.
Samedi 15 oct 2005 à 22:10
groM a dit :
Non, vous ne vous fourvoyez pas. Mais pour Ă©viter que l’Ă©motion des acteurs ne prennent le dessus, on a aussi inventĂ© les professionnels de la justice: juges et avocats.
Ici, d’une part je suis sans doute un peu acteur ou tĂ©moin, et donc soumis Ă ces Ă©motions; d’autre part, par ailleurs, vous noterez que cet article est dans la rubrique “politique”, et non dans un de celles consacrĂ©es au droit. Cela m’a semblĂ© plus appropriĂ© car le question du contrat social est une des questions fondamentales de la politique.
Dimanche 16 oct 2005 à 09:57
Quoique a dit :
Merci pour vos réponses, je repasserais vous lire.
Dimanche 16 oct 2005 à 14:47
Anonymous a dit :
Milax dit;
Aujourdhui, le gouvernement se glorifie de faire paraître dans la presse les millions de points retirés à nos amis conducteurs de véhicules.
Ces points rétirés concernent pour une bonne part, pour non arrêt, aux feux oranges ou feux rouges, ou pour excès de vitesse inférieur à 10Km.
Réflexion.
Lorsqu’un vĂ©hicule roule Ă 50Km et qu’il s’approche d’un feu tricolore, il se dĂ©place Ă environ 8 mètres par seconde. Si l’automobiliste arrive Ă hauteur d’un feu tricolore et que celui-ci passe brutalement en une seconde du feu orange au rouge. L’agent de police qui se trouve en face constate l’infraction et le verbalise parce que cet automobiliste n’a pas eu le temps de rĂ©agir pour s’arrĂŞter. Il faudrait un avertisseur d’au moins 15 mètres avant le feu tricolore pour que cet automobiliste puisse s’arrĂŞter. Cette situation est bien connue de SARKO et de son ministère, mais rien n’est fait pour pallier ces mĂ©faits. L’objectif gouvernemental c’est de faire de l’automobiliste le tiroir caisse de l’Ă©tat. CelĂ s’appelle faire de la sĂ©curitĂ©.
Il faut savoir que toutes les infractions sont fichĂ©es au B1. CelĂ veut dire qu’en 40 ans de vie d’adultes conducteur, tous les français seront des dĂ©linquants de la route. Bravo! pour le pays de la libertĂ©.
Il est constatĂ© dans toutes les juridictions de proximitĂ© de France que les policiers, gendarmes et autres dindons bien placĂ©s ne font aucune infractions au code de la circulation routière. Chercher l’erreur.
Bien cordialement
Samedi 4 fĂ©v 2006 à 16:51
groM a dit :
Et quel est le rapport avec la choucroute ?
Jeudi 9 fĂ©v 2006 à 17:20