Vendredi 23 décembre 2005
La citation du jour
Lu dans Libération de ce jour:
“Ce n’est pas parce qu’une personne n’est pas condamnĂ©e qu’elle n’a pas commis d’infraction.”
Nicolas Sarkozy, avocat, ministre de l’intĂ©rieur, Ă propos des personnes jugĂ©es, souvent en comparution immĂ©diate, pour les Ă©meutes dans les banlieues. Je suis vraiment curieux de savoir ce qu’il veut dire dans la mesure oĂč je doute que ces personnes aient fait l’objet de mesures de la troisiĂšme voie … DĂšs lors, est-ce que le ministre sous-entend (encore) que les juges font n’importe quoi ?
sarkostique a dit :
Sarkozy montre son vrai visage
Sarkophage revient sur l’entretien accordé à Libération, dans son édition du 23 décembre 2005. Ce billet va avoir un petit frère, car l’entretien est très riche en même temps qu’il est musclé. Il faut dire que rarement les journalistes osent poser d…
Vendredi 23 dĂ©c 2005 à 13:16
david a dit :
Dans l’absolu, ça peut vouloir dire par exemple qu’on n’a pas pu rapportĂ© la preuve de l’infraction. Mais dit comme s’est dit par Sarko, ça sent la suspicionite Ă plein nez, ce qui est assez malsain…
Samedi 24 dĂ©c 2005 à 17:58
groM a dit :
D’accord. Si quelqu’un est jugĂ© pour des faits et qu’on n’arrive pas Ă prouver qu’il les a commis, il est coupable quand mĂȘme …
Dimanche 25 dĂ©c 2005 à 12:18
david a dit :
C’est pas ce que je dis !
Dimanche 25 dĂ©c 2005 à 16:48
groM a dit :
Non, non, ce n’est pas Ă toi que je fais dire ça
Lundi 26 dĂ©c 2005 à 11:35
david a dit :
Ok !
Lundi 26 dĂ©c 2005 à 15:22
François Brutsch a dit :
Impossible d’aller lire l’original de l’interview: sur mon Ă©cran elle est recouverte par un gros pavĂ© noir. Mais je suis persuadĂ© que, comme d’habitude, il suffit que ce soit Sarkozy qui le dise pour diaboliser une remarque de simple bon sens (et je trouve que la gauche, ou simplement les dĂ©mocrates, ont tort d’en laisser le monopole Ă la droite ou Ă l’extrĂȘme-droite): c’est l’ambiguĂŻtĂ© des procĂ©dures de comparution immĂ©diate de permettre une sanction rapide lorsque les faits ne sont pas contestables, mais aussi de ne pas fournir les moyens d’une condamnation lorsqu’ils sont moins clairs. Ce qui ne veut nullement dire que l’accusĂ© est innocent (ni, d’ailleurs, que le juge est son complice). Pour ma part je trouve que Sarko est un anti-Le Pen bien plus efficace que Chirac…
Vendredi 30 dĂ©c 2005 à 14:25
groM a dit :
@François: 3 choses …
Je vous remercie pour le procĂšs d’intention.
Je ne suis pas d’accord pour dire que les procĂ©dures de comparution immĂ©diate ne fournissent pas les moyens d’une condamnation lorsque les faits sont peu clairs. Rien ne force en effet le procureur Ă demander la comparution immĂ©diate s’il estime que l’affaire manque de clartĂ© (art. 395 CPP), et le tribunal -ainsi que les parties- peuvent, s’ils l’estiment nĂ©cessaire, renvoyer le dossier devant le procureur ou un juge d’instruction pour un supplĂ©ment d’information (art. 397-2), ou bien renvoyer l’affaire Ă une audience ultĂ©rieure (art. 397-1). Si les procureurs, obĂ©issant Ă des instructions de fermetĂ© de la chancellerie, envoient en comparution immĂ©diate des affaires qui ne peuvent ĂȘtre jugĂ©es, c’est la faute de ladite chancellerie.
Sarko anti-Le Pen ? Vous ĂȘtes bien optimiste. Sarko est un arriviste avisĂ©. Il sait qu’il a besoin de l’Ă©lectorat centriste et de l’Ă©lectorat Le Peniste pour gagner; il va essayer de ratisser aussi bien les libĂ©raux que l’Ă©lectorat de gauche pour augmenter son score au maximum. Il a donc mis en place une politique de satisfaction des revendications de chacuns de ces Ă©lectorats, ce qui donne Ă ses positions leur caractĂšre parfois difficile Ă comprendre: un coup contre la double-peine, un coup pour l’expulsion inconditionnelle des Ă©trangers prĂ©venus dans les Ă©meutes. Un coup pour soutenir les entreprises françaises, un coup pour prĂŽner des mesures libĂ©rales. Il n’hĂ©sitera pas une seconde Ă prendre une mesure prĂ©conisĂ©e par le FN s’il estime que cela peut lui ĂȘtre utile. Et c’est pour ça qu’il est dangereux: Le Pen n’est pas au pouvoir, Sarko si. Quant Ă Chirac n’en parlons pas; il est en prĂ©-retraite.
Vendredi 30 dĂ©c 2005 à 22:05
François Brutsch a dit :
Oups! Peut-ĂȘtre ai-je Ă©tĂ© un peu carrĂ© dans ma formulation (je venais de Verel, et il me semble qu’il y a un unanimisme malsain en France dans la dĂ©nonciation de Sarko, qui vu de l’Ă©tranger paraĂźt le seul politicien digne de considĂ©ration Ă droite): je voulais davantage marquer une rĂ©serve que relever un prĂ©tendu procĂšs d’intention! Sans rancune j’espĂšre…
Sur le fond, votre explication confirme par ailleurs la rĂ©alitĂ© du fait que des personnes peuvent ĂȘtre relaxĂ©es tout en Ă©tant bel et bien coupables (que la responsabilitĂ© en incombe Ă la chancellerie n’y change rien).
Dimanche 1 jan 2006 à 01:27
groM a dit :
Sans rancune aucune
Toujours est-il que la couverture que les mĂ©dias Ă©trangers donnent de Sarkozy me semble absolument scandaleuse. Comme je le rĂ©pĂšte et le rĂ©pĂšterai sans doute beaucoup d’ici deux ans, cet homme est absolument sans scrupules. Et il fait son succĂšs en dressant certaines catĂ©gories de Français les unes contre les autres.
Lundi 2 jan 2006 à 11:49
Udd, pas pénaliste a dit :
Peut-ĂȘtre employait-il le terme condamnation au sens de la peine affligĂ©e (il parlait au grand public), dont certains ont pu ĂȘtre dispensĂ©.
Dimanche 8 jan 2006 à 06:41
groM a dit :
Vu le contexte, je me permet d’Ă©mettre des doutes sur cette interprĂ©tation aussi. Les juges avaient - disent les journaux qui ignorent sans doute que l’”autoritĂ©” judiciaire est indĂ©pendante - des consignes de fermetĂ©, et vu les circonstances que nous connaissons, je les vois mal dispenser de peine les auteurs de violences urbaines.
Mardi 10 jan 2006 à 22:32