La lumière vint de la matraque
Hier, ma femme, mon fils et moi avons visité l’exposition Lumières à la BNF. Excellente visite: pas grand-monde à la caisse, espaces agréables - même si étonnament mal adapté à la poussette, muséographie claire à défaut d’être multilingue, mais surtout contenu passionnant. Que d’émotion devant les manuscrits du Contrat Social ou de l’Esprit des Lois; quelle brillante démonstration de l’actualité des Lumières est faite grâce aux éditions originales du Traité des délits et des peines de Beccaria, du Mahommet de Voltaire, ou bien encore des oeuvres architecturales de Bentham, qui se proposait d’adopter le système panoptique pour l’usine, l’hôpital, l’école et la prison. Pour une fois enfin, les moyens audiovisuels sont utilisés avec pertinence: les interventions de Plantu sur l’attitude de la presse vis-à -vis des puissants, de Marjan Satrapi sur la tolérance religieuse ou bien encore d’universitaires à propos l’impact des Lumières sur les autres continents tombent parfaitement à propos.
Nous avons ensuite repris notre voiture pour rentrer chez nous. Sur le chemin, nous avons pris la rue Saint-Jacques et, juste après le boulevard Saint-Germain, nous sommes tombés nez-à -nez avec les CRS qui barraient encore l’accès à la Sorbonne. Les véhicules grillagés bloquaient le passage. La perspective montante de la rue scénarisait, dans la lumière jaune des réverbères, le déploiement des cars, canons à eau et autres véhicules anti-émeutes jusqu’à la rue Soufflot. La violence légale était à la parade; l’appareil répressif était au repos. Avait-il trop peiné face à 300 étudiants ?
Si notre société n’a d’autre contrat social à offrir à sa jeunesse que le choix entre le CPE ou la matraque, gageons que la violence n’a pas fini de se donner en spectacle.
groM a dit :
«Il n’en reste plus que 60 à l’intérieur. 1 200 policiers et gendarmes sont sur le terrain.»
http://www.libe.fr/page.php?Article=366590
Lundi 13 mar 2006 à 13:18
Basdepage, le blog de Guillaume Lethuillier a dit :
Plaidoyer pour l’enraiement du blocage de l’accès à l’enseignement
Occupation contre précarité. Telle était l’opposition symbolisée par les étudiants qui ont commencé à réaliser une mainmise sur quelques universités. Rapidement, ce moyen a été perçu comme un obstacle pour celles et ceux voulant également…
Lundi 13 mar 2006 à 18:17
fleurs a dit :
je pense que notre société tente tout les moyens et toutes les combinaisons de sorties possibles pour ces jeunes, mais elle a bien du mal.
Vendredi 28 avr 2006 à 23:32