Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Archive du mois de mai 2006

Mardi 30 mai 2006

Obiter dicta

Posté dans Etranger par groM

Je signale un nouveau blog, Obiter Dicta, qui va bientĂ´t rejoindre mon blogroll.

Tenu par Ibn Kafka, Obiter Dicta propose un regard plein de luciditĂ© sur l’actualitĂ© juridique marocaine, qu’elle soit laĂŻque ou religieuse, mais aussi sur le droit colonial, dans une sĂ©rie de billets oĂą l’humour le dispute Ă  l’effroyable rĂ©alitĂ© du code de l’indigĂ©nat.

Merci à Ibn Kafka pour cette porte ouverte sur un univers juridique méconnu (de moi en tout cas).

[billet modifiĂ© suite Ă  l’obligeante remarque de Paxatagore]

Lundi 29 mai 2006

Toujours plus bas

Posté dans Autres par groM

A propos de l’amnistie de Guy Drut, je signale les billets de François, Eolas et Jules. Il n’est rien besoin de rajouter, si ce n’est le soupir lassĂ© du citoyen qui se demande quand l’article 15 de la dĂ©claration de 1789 trouvera enfin application: La SociĂ©tĂ© a le droit de demander compte Ă  tout Agent public de son administration.

Dimanche 21 mai 2006

Montfermeil (2) : suite et fin

Comme, promis voici la suite des remarques consacrĂ©es aux arrĂŞtĂ©s “anti-jeunes” de Montfermeil et Ă  leur suspension par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Grâce Ă  François, je peux dĂ©sormais renvoyer les lecteurs aux textes intĂ©graux des arrĂŞtĂ©s incriminĂ©s et des ordonnances du juge des rĂ©fĂ©rĂ©s les suspendant. Nous avions vu, dans un billet prĂ©cĂ©dent, la manière dont les parties en prĂ©sence on pu justifier de leur intĂ©rĂŞt Ă  agir. Nous allons maintenant nous intĂ©resser au coeur du problème, tout d’abord Ă  la condition d’urgence (I) avant de voir en quoi les arrĂŞtĂ©s en question portaient “une atteinte grave et manifestement illĂ©gale” Ă  une libertĂ© fondamentale (II).
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Mardi 16 mai 2006

Créativité constitutionnelle (suite)

Posté dans Droit constitutionnel, Politique par groM

Lu dans le Monde: “M. Chirac n’a-t-il pas, lui-mĂŞme, prĂ©fĂ©rĂ© Ă©viter au premier ministre de mesurer son crĂ©dit auprès des dĂ©putĂ©s de l’UMP en lui refusant l’autorisation d’engager la responsabilitĂ© du gouvernement ?

Lu dans la constitution, Ă  l’article 49: “Le Premier Ministre, après dĂ©libĂ©ration du Conseil des Ministres, engage devant l’AssemblĂ©e Nationale la responsabilitĂ© du Gouvernement sur son programme ou Ă©ventuellement sur une dĂ©claration de politique gĂ©nĂ©rale. […] Le Premier Ministre peut, après dĂ©libĂ©ration du Conseil des Ministres, engager la responsabilitĂ© du Gouvernement devant l’AssemblĂ©e Nationale sur le vote d’un texte.

Lu dans le TLFI: “DÉLIBÉRER, verbe trans. A. Examiner, peser tous les Ă©lĂ©ments d’une question avec d’autres personnes, ou Ă©ventuellement en soi-mĂŞme, avant de prendre une dĂ©cision, pour arriver Ă  une conclusion.

OĂą il est confirmĂ© que l’opinion du Premier Ministre pèse bien peu face Ă  celle du PrĂ©sident de la RĂ©publique.

Lundi 15 mai 2006

Montfermeil (1): pour qui sonne le glas

Grâce à Matthieu Rouveyre, me voilà ainsi en possession du texte des fameuses ordonnances du tribunal administratif de Cergy-Pontoise par lesquelles les arrêtés du maire de Montfermeil restreignant la liberté de circulation des mineurs sur le territoire de sa commune ont été suspendues. Je ne mets pas en ligne les décisions en question car la copie que j’ai est sous forme de fax, ce qui se prête mal à une numérisation. Mais je suis sûr que François, qui nous médite un article beaucoup plus complet sur le même sujet et qui a ou aura bientôt une copie haute définition, s’en chargera.

Suspension et non pas annulation. Le MJS a en effet choisi la voie du référé-liberté, défini par l’article L521-2 du code de justice administrative, qui permet au juge des référé d’« ordonner tout mesure nécessaire à la sauvegarde d’une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d’un service public aurait porté dans l’exercice d’un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illicite ». Il faut pour cela que la demande soit justifiée par l’urgence.
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Dimanche 14 mai 2006

Montfermeil: bientĂ´t les ordonnances

Posté dans Autres par groM

Grâce Ă  Matthieu Rouveyre, secrĂ©taire national Ă  la communication du MJS, qui a très gentiment acceptĂ© de me les communiquer, je devrais ĂŞtre en mesure de faire très bientĂ´t bĂ©nĂ©ficier mes lecteurs d’un commentaire sur les ordonnances rendues contre l’arrĂŞtĂ© anti-jeunes de Montfermeil. Le très bientĂ´t pourrait mĂŞme ĂŞtre demain soir si tout va bien.

Un grand merci Ă  Matthieu.

Dimanche 14 mai 2006

Immigration: les prĂ©cisions de l’INED

Posté dans Autres, Etranger, Lieu-commun par groM

Le dĂ©bat sur l’immigration a fait rage parmi les membres de lieu-commun. Nous avons eu la prĂ©sentation dĂ©taillĂ©e et en quatre Ă©pĂ®tres de Jules, fort intĂ©ressante mĂŞme si je l’ai trouvĂ©e parfois un peu dĂ©sinvolte dans le traitement d’un sujet aussi grave; nous avons eu le rĂ©cit de ThĂ©ramène d’Eolas sur la rĂ©alitĂ© du droit des Ă©trangers et, de l’autre cĂ´tĂ© de la barre, Verel a rapportĂ© l’expĂ©rience d’un magistrat administratif chargĂ© de se prononcer sur les arrĂŞtĂ©s d’expulsion ou de reconduite Ă  la frontière. Nos amis Ă©conoclastes ont enfin complĂ©tĂ© tout cela d’un point de vue Ă©conomique tout en nuances, tandis que Hugues s’intĂ©ressait plutĂ´t au contexte politique. La suite

Mercredi 10 mai 2006

Miscellanées

Posté dans Autres par groM

Ou comment dire “informations diverses” de façon pĂ©dante.

En ce qui concerne la suspension de l’arrĂŞtĂ© du maire de Montfermeil, j’ai pris contact avec le MJS pour obtenir le texte du jugement. Je n’ai pas eu de rĂ©ponse jusqu’Ă  prĂ©sent.

Mon silence actuel est principalement consacrĂ© Ă  la lecture de Droit et DĂ©mocratie, de JĂĽrgen Habermas. Je vous ferais peut-ĂŞtre un billet quand j’aurais compris … En fait, je vous ferai plutĂ´t un billet avec ce que j’ai compris. Ca ira plus vite.

Mon silence est aussi Ă©tĂ© consacrĂ©, Ă  titre subsidiaire, Ă  un apĂ©ro lieu-commun. Toutes mes excuses d’avoir lâchement quittĂ© tout le monde Ă  19h30. J’ai eu au moins le plaisir de discuter une bonne vingtaine de minutes avec François Brutsch, deux minutes avec Alexandre, trente secondes avec Jules, et 4 secondes trois dixièmes avec Pikipoki. C’est rigolo de confronter l’image que l’on se fait de quelqu’un, Ă  partir de ses Ă©crits, avec sa personne incarnĂ©e. Dans l’ensemble, je trouve qu’il y a une certaine cohĂ©rence, en tout cas pour les quatre ci-devant, entre les premiers et les secondes, et je suis par avance curieux de lire les compte-rendus de la soirĂ©e qui fleuriront ici et lĂ .

Mon silence est enfin consacrĂ©, Ă  titre infiniment subsidiaire, Ă  mon travail (si mon chef me lit, j’en profite pour le saluer).

Mardi 2 mai 2006

DADVSI: au tour du Sénat

Posté dans PropriĂ©tĂ© intellectuelle par groM

Le fameux projet de loi DADVSI passe maintenant au SĂ©nat. C’est ce soir la date limite de dĂ©pĂ´t des amendements, et il est assez rigolo d’en voir la liste croĂ®tre et embellir au fil des heures. Pour fĂŞter ça, voici quelques propositions d’amendements envoyĂ©s sans grand espoir Ă  ma sĂ©natrice prĂ©fĂ©rĂ©e.

Mis Ă  part ça, je suis pessimiste Ă  court terme et optimiste Ă  moyen terme: ce texte est tellement mal fichu qu’il ne tiendra pas très longtemps en l’Ă©tat. En attendant, on va pas rigoler.

Mardi 2 mai 2006

Surtout, ne pas ratifier !

Posté dans Droit civil, Droit administratif par groM

C’est ce que doit se dire Dominique de Villepin entre deux (sombres) mĂ©ditations sur son avenir politique, lorsqu’il songe Ă  l’ordonnance du 2 aoĂ»t 2005 relative au CNE. Celle-ci n’a pas Ă©tĂ© ratifiĂ©e Ă  ce jour, et demeure donc, comme le savent bien nos bons lecteurs, du domaine du règlement.

Première bonne raison: surtout ne pas faire de vague avec le CNE après la dĂ©route du CPE. L’examen du projet de loi donnerait une tribune inespĂ©rĂ©e Ă  la gauche pour s’attaquer Ă  un contrat qui n’a jusqu’Ă  prĂ©sent fait les frais que de la (modeste) mobilisation syndicale du 1er mai.

Deuxième bonne raison: comme exposĂ© avec brio par Dimitri Houtcieff et ses commentateurs, le Conseil de Prud’hommes de Longjumeau s’est fondĂ© sur la contrariĂ©tĂ© de l’ordonnance avec la maintenant cĂ©lèbre convention n°158 de l’OIT pour dire que le CNE ne peut recevoir d’application en droit français et en opĂ©rer la requalification en CDI. Pas de bol pour les juges Longjumeaux: comme l’ordonnance en question n’a pas Ă©tĂ© ratifiĂ©e, elle est du domaine du règlement (bis) et la jurisprudence du Tribunal des Conflits, que nos bons lecteurs Ă©quipĂ©s de l’inĂ©vitable GAJA trouveront sous le n°41 (TC, 16 juin 1923, Septfonds), est claire: “il appartient Ă  la juridiction administrative seule d[e] contrĂ´ler la lĂ©galitĂ©” des actes règlementaires. Hors il se trouve que le Conseil d’Etat, amenĂ© Ă  statuer au contentieux sur l’ordonnance en question, a rejetĂ© la demande d’annulation des syndicats et ne l’a pas estimĂ©e contraire Ă  la convention n°158. MoralitĂ© del’histoire 1) il est vraisemblable que le jugement de Longjumeau sera infirmĂ© en appel sur ce point 2) ce jugement n’est facilement contestable que parce que l’ordonnance est du domaine du règlement. Aurait-elle Ă©tĂ© ratifiĂ©e, le Conseil de Prud’hommes aurait eu toute compĂ©tence pour examiner sa conformitĂ© vis-Ă -vis d’une norme internationale. Dès lors, plutĂ´t que sur une faute de droit, il aurait fallu contester le caractère raisonnable du dĂ©lai de deux ans, un terrain beaucoup plus glissant pour les juridictions supĂ©rieures, d’autant que le modeste Conseil de Prud’hommes de Longjumeau me semble ici avoir un raisonnement beaucoup plus solide que le Conseil d’Etat.

Surtout, ne pas ratifier, qu’on vous dit !

PS: Ce jugement est encore une preuve que les jugements de première instance sont infiniment plus lisibles que les jugements de nos chères cours suprêmes.