Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Jeudi 29 juin 2006

Dur, dur, d’ĂȘtre prĂ©fet !

Le teknival 2006 cause dĂ©cidemment bien des ennuis Ă  la prĂ©fĂšte du Morbihan, Mme Allaire. MalgrĂ© un appel Ă  candidature lancĂ© auprĂšs des maires de son dĂ©partement pour leur demander d’accueillir cette manifestation d’envergure, la prĂ©fĂšte a fait chou-blanc. Elle a donc pris un arrĂȘtĂ© de rĂ©quisition de l’aĂ©rodrome de Meucon, levant une vĂ©ritable bronca contre son projet d’organisation de la part des utilisateurs de cette plateforme et des communes avoisinantes. Son arrĂȘtĂ© a d’abord fait l’objet d’une requĂȘte infructueuse en suspension au titre du rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ©. Il est maintenant suspendu Ă  l’issue d’une requĂȘte plus heureuse, en rĂ©fĂ©rĂ©-suspension cette fois, auprĂšs du TA de Rennes.

La prĂ©fĂšte, Ă  qui la dĂ©cision n’avait pas encore Ă©tĂ© notifiĂ©e, semble vouloir passer outre.

Sur le plan du pur droit, on ne peut lui donner tort: l’article R. 522-13 du code de justice administrative (CJA) dipose en effet que “L’ordonnance prend effet Ă  partir du jour oĂč la partie qui doit s’y conformer en reçoit notification” sauf si le juge a pris la prĂ©caution de “dĂ©cider qu’elle sera exĂ©cutoire aussitĂŽt qu’elle aura Ă©tĂ© rendue” ou que, “si l’urgence le commande, le dispositif de l’ordonnance, assorti de la formule exĂ©cutoire […] est communiquĂ© sur place aux parties, qui en accusent rĂ©ception.” Il semblerait que cela ne soit pas le cas ici.

On peut toutefois s’Ă©tonner - et s’inquiĂ©ter - qu’un reprĂ©sentant de l’Etat ignore une dĂ©cision de justice dont il a eu connaissance - Ă  dĂ©faut d’en avoir Ă©tĂ© notifiĂ© dans les formes. La menace de trouble Ă  l’ordre public causĂ©e par cette manifestation, que le prĂ©fet doit prĂ©venir, Ă©tait connue de longue date. Par ailleurs, pour suspendre la dĂ©cision conformĂ©ment Ă  l’article L. 521-1 du CJA, le juge a pu estimer “qu’il est fait Ă©tat d’un moyen propre Ă  crĂ©er, en l’Ă©tat de l’instruction, un doute sĂ©rieux quant Ă  la lĂ©galitĂ© de la dĂ©cision.” Autant de motifs qui n’incitent pas, dans cette affaire, Ă  l’indulgence envers la reprĂ©sentante de l’Etat.

Dans l’autre sens, il faut reconnaĂźtre que celle-ci se trouvait placĂ© entre le marteau des Ă©lus locaux, des riverains et des usagers de l’aĂ©rodrome et l’enclume des 60.000 teufeurs et 9.000 chiens attendus pour cette manifestation. Concilier des exigences aussi diffĂ©rentes constituait manifestement un exercice dĂ©licat, d’autant que la menace de raves sauvages est rĂ©elle en cas d’annulation de la manifestation.

Dur, dur, d’ĂȘtre prĂ©fet !

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2 commentaires

  1. Je sens que je vais m'en prendre une.... a dit :

    En Corse, au moins, le risque de rave-parties est faible, du fait de l’excellente solidaritĂ© citoyenne contre l’insĂ©curitĂ©.

    Je ne vois vraiment pas pourquoi les postes en Corse sont réputés si difficiles.

    Jeudi 29 juin 2006 à 19:33

  2. le silence des lois a dit :

    Un préfet peut-il faire de la désobéissance civique?

    Entre les faucheurs volontaires d’OGM et les parraineurs d’enfants sans-papier, la mode est clairement Ă  la dĂ©sobĂ©issance civile (Thoreau) ou civique (BovĂ©).  J’avais Ă©coutĂ© d’une oreille trop distraite l’affaire du teknival de Vannes, …

    Mercredi 9 aoĂ» 2006 à 09:10

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