Dur, dur, d’ĂȘtre prĂ©fet !
Le teknival 2006 cause dĂ©cidemment bien des ennuis Ă la prĂ©fĂšte du Morbihan, Mme Allaire. MalgrĂ© un appel Ă candidature lancĂ© auprĂšs des maires de son dĂ©partement pour leur demander d’accueillir cette manifestation d’envergure, la prĂ©fĂšte a fait chou-blanc. Elle a donc pris un arrĂȘtĂ© de rĂ©quisition de l’aĂ©rodrome de Meucon, levant une vĂ©ritable bronca contre son projet d’organisation de la part des utilisateurs de cette plateforme et des communes avoisinantes. Son arrĂȘtĂ© a d’abord fait l’objet d’une requĂȘte infructueuse en suspension au titre du rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ©. Il est maintenant suspendu Ă l’issue d’une requĂȘte plus heureuse, en rĂ©fĂ©rĂ©-suspension cette fois, auprĂšs du TA de Rennes.
La prĂ©fĂšte, Ă qui la dĂ©cision n’avait pas encore Ă©tĂ© notifiĂ©e, semble vouloir passer outre.
Sur le plan du pur droit, on ne peut lui donner tort: l’article R. 522-13 du code de justice administrative (CJA) dipose en effet que “L’ordonnance prend effet Ă partir du jour oĂč la partie qui doit s’y conformer en reçoit notification” sauf si le juge a pris la prĂ©caution de “dĂ©cider qu’elle sera exĂ©cutoire aussitĂŽt qu’elle aura Ă©tĂ© rendue” ou que, “si l’urgence le commande, le dispositif de l’ordonnance, assorti de la formule exĂ©cutoire […] est communiquĂ© sur place aux parties, qui en accusent rĂ©ception.” Il semblerait que cela ne soit pas le cas ici.
On peut toutefois s’Ă©tonner - et s’inquiĂ©ter - qu’un reprĂ©sentant de l’Etat ignore une dĂ©cision de justice dont il a eu connaissance - Ă dĂ©faut d’en avoir Ă©tĂ© notifiĂ© dans les formes. La menace de trouble Ă l’ordre public causĂ©e par cette manifestation, que le prĂ©fet doit prĂ©venir, Ă©tait connue de longue date. Par ailleurs, pour suspendre la dĂ©cision conformĂ©ment Ă l’article L. 521-1 du CJA, le juge a pu estimer “qu’il est fait Ă©tat d’un moyen propre Ă crĂ©er, en l’Ă©tat de l’instruction, un doute sĂ©rieux quant Ă la lĂ©galitĂ© de la dĂ©cision.” Autant de motifs qui n’incitent pas, dans cette affaire, Ă l’indulgence envers la reprĂ©sentante de l’Etat.
Dans l’autre sens, il faut reconnaĂźtre que celle-ci se trouvait placĂ© entre le marteau des Ă©lus locaux, des riverains et des usagers de l’aĂ©rodrome et l’enclume des 60.000 teufeurs et 9.000 chiens attendus pour cette manifestation. Concilier des exigences aussi diffĂ©rentes constituait manifestement un exercice dĂ©licat, d’autant que la menace de raves sauvages est rĂ©elle en cas d’annulation de la manifestation.
Dur, dur, d’ĂȘtre prĂ©fet !
Je sens que je vais m'en prendre une.... a dit :
En Corse, au moins, le risque de rave-parties est faible, du fait de l’excellente solidaritĂ© citoyenne contre l’insĂ©curitĂ©.
Je ne vois vraiment pas pourquoi les postes en Corse sont réputés si difficiles.
Jeudi 29 juin 2006 à 19:33
le silence des lois a dit :
Un préfet peut-il faire de la désobéissance civique?
Entre les faucheurs volontaires d’OGM et les parraineurs d’enfants sans-papier, la mode est clairement Ă la dĂ©sobĂ©issance civile (Thoreau) ou civique (BovĂ©). J’avais Ă©coutĂ© d’une oreille trop distraite l’affaire du teknival de Vannes, …
Mercredi 9 aoĂ» 2006 à 09:10