L’arbitrage
L’arbitrage est une des formes les plus anciennes et si, l’on peut oser, des plus naturelles de règlement des litiges. Il s’agit ici pour les deux parties en prĂ©sence d’accepter de faire trancher leur litige par un ou plusieurs tiers. Cette justice privĂ©e prĂ©sente certains d’avantages : elle est consensuelle, puisque la lĂ©gitimitĂ© de l’arbitre est reconnue par les parties ; elle est discrète, puisque la procĂ©dure d’arbitrage n’est pas publique, ce qui est un atout dans un certain nombre de domaines, en particulier en matière commerciale ; elle est rapide, puisqu’elle s’affranchit des lourdeurs de la justice d’Etat ; du point de vue de celui-ci, elle est gratuite, puisque ce sont les parties qui prennent Ă leur charge la rĂ©munĂ©ration du ou des arbitre(s) ; enfin, il est possible que les arbitres se prononcent non en droit, mais en Ă©quitĂ© si les parties le leur demandent au titre de l’amiable composition. L’arbitrage prĂ©sente cependant quelques dĂ©sagrĂ©ments: il peut ĂŞtre difficile de trouver des arbitres incontestables et leur rĂ©munĂ©ration peut ĂŞtre un problème.
Ancien, l’arbitrage l’est certainement. Sans remonter jusqu’à l’ancien droit, il est intĂ©ressant de noter que les constitutions françaises de 1791, 1793 et 1795 y faisaient explicitement rĂ©fĂ©rence comme Ă un droit garanti : « Le droit des citoyens, de terminer dĂ©finitivement leurs contestations par la voie de l’arbitrage, ne peut recevoir aucune atteinte par les actes du Pouvoir lĂ©gislatif » affirmait ainsi l’article 5 de la première d’entre elles. C’est donc tout naturellement que le code civil et le nouveau code de procĂ©dure civile lui font une place importante, notamment depuis la loi 72-626 du 5 juillet 1972, le premier lui consacrant les articles 2059 Ă 2061, le second tout le livre IV. Y sont notamment dĂ©finis les clauses compromissoires, c’est-Ă -dire « l[es] convention[s] par l[es]quelle[s] les parties Ă un contrat s’engagent Ă soumettre Ă l’arbitrage les litiges qui pourraient naĂ®tre relativement Ă ce contrat »; les compromis, ou conventions d’arbitrages, c’est-Ă -dire « l[es] convention[s] par l[es]quelle[s] les parties Ă un litige nĂ© soumettent celui-ci Ă l’arbitrage d’une ou plusieurs personnes » ; la procĂ©dure de dĂ©signation des arbitres ; la portĂ©e des dĂ©cisions de ceux-ci.
Car la portĂ©e de l’arbitrage est importante : la dĂ©cision, ou sentence arbitrale, a l’autoritĂ© de la chose jugĂ©e, comme les dĂ©cisions des tribunaux. Elle n’est susceptible d’appel que si les parties n’y ont pas renoncĂ© dans leur compromis. Elle peut ĂŞtre immĂ©diatement exĂ©cutoire, faire l’objet d’une exĂ©cution provisoire, elle peut mĂŞme faire l’objet d’une exĂ©cution forcĂ©e si une des parties (y compris celle qui succombre, si elle y a intĂ©rĂŞt) obtient du PrĂ©sident du TGI l’exequatur.
Ancien, l’arbitrage est aussi mis en Ĺ“uvre dans des situations tout Ă fait contemporaines. C’est ainsi que la section 16 des clauses gĂ©nĂ©rales de l’EURID, l’association Ă but non lucratif chargĂ©e par la commission europĂ©enne de gĂ©rer le domaine .eu, contient une clause compromissoire par laquelle les personnes qui acquièrent un nom de domaine s’engagent Ă accepter l’arbitrage du Tribunal Arbitral des chambres de commerce et de l’agriculture Tchèques en cas de litige portant sur cette attribution (On notera en passant que la procĂ©dure d’arbitrage mise en oeuvre par ce tribunal arbtral suit les grandes lignes dĂ©finies tracĂ©es par le code civil) La Chambre de Commerce Internationale de Bruxelles est un autre exemple d’organe arbitral reconnu, cette fois-ci en matière de litiges commerciaux.
Mais il ne faudrait toutefois pas croire que l’arbitrage soit réservé aux particuliers. Depuis l’affaire de l’Alabama en 1872 où il est intervenu pour la première fois entre états, il est devenue un mode de règlement éprouvé des litiges internationaux. Les conventions de La Haye de 1899 et 1907 ont ainsi établi une cour permanente d’arbitrage qui propose aux états une liste d’arbitres dans laquelle ils peuvent puiser pour régler leurs litiges et des conventions d’arbitrage type. La charte des Nations Unies en fait même, dans son article 33, un des moyens privilégiés de règlement pacifique des différends.
Bon ceci dit, je trouve que ma prĂ©sentation de l’arbitrage est bien mieux que celle de wikipĂ©dia.
Erasoft a dit :
Une précision quand même pour Wikipédia : 2 contributeurs (dont je ne fais pas partie, bien que je sois un peu installé sur WP) ont décidé de le retaper.
Alors, justement, quelle est la licence des écrits sur ce blog ?
(petite idĂ©e derrière la tĂŞte…)
Mardi 18 juil 2006 à 23:23
Erasoft a dit :
Quelle horreur.. j’ai oubliĂ© de fermer la balise d’ancre dans mon prĂ©cĂ©dent post…
Mardi 18 juil 2006 à 23:25
groM a dit :
@Erasoft: votre balise est corrigée.
Pour ce qui est de la licence des écrits qui sont sur ce blog, reportez-vous à la FAQ
A titre exceptionnel, dĂ©rogatoire et particulier, et surtout comme la flatterie est bien agrĂ©able, cet article est exceptionnellement mis sous licence Creative commons (la version PaternitĂ©, Pas d’utilisation commerciale, Partage des conditions initiales Ă l’identique) et Ă titre dĂ©rogatoire je vous consent, Ă vous Erasoft et pas au reste d’Internet, la levĂ©e de la condition de PaternitĂ©.
Mercredi 19 juil 2006 à 09:38
Thomas C. a dit :
Malheureusement, la politique de WikipĂ©dia implique qu’il est impossible de reprendre des textes avec des restrictions d’usage (non commercial, par exemple).
En tout cas, je me suis permis d’ajouter un lien depuis le bas de la page de Wikipedia sur cette page.
Mercredi 19 juil 2006 à 14:25
groM a dit :
De toute manière, je ne pense pas que cet article soit structurĂ© correctement pour une entrĂ©e dans wikipĂ©dia. Un peu trop verbeux. Quand bien mĂŞme ce serait le cas, il n’y a rien d’irrĂ©mĂ©diable avec la Creative Commons non plus
Mercredi 19 juil 2006 à 14:36