Israël vs. Iran et al.
Une fois n’est pas coutume, plongeons-nous un peu dans le droit international. Attention : il s’agit bien ici d’éclairer un point de droit, pas d’exposer une position personnelle sur le conflit Israélo-arabe, position qui n’aurait que peu d’intérêt. Que le lecteur ne déduise donc pas de ce qui va suivre une indulgence quelconque de la part de l’auteur envers la politique actuelle du gouvernement Israélien, ni davantage envers le Hezbollah.
La question des milices armées est devenue de première importance dans un monde de conflits asymétriques où les états agissent souvent par des moyens très détournés. La situation libanaise illustre cela : alors que la responsabilité du Hezbollah, « le parti de Dieu » libanais, dans les attaques prononcées régulièrement contre le territoire Israélien est clairement assumée, celle de ses principaux soutiens, la Syrie et l’Iran, demeure une question ouverte sur le plan du droit international. Deux précédents (I) viennent toutefois donner des indications utiles sur ce qui pourrait, aux yeux des juridictions internationales, conduire à assimiler les actes du Hezbollah à des actes de la Syrie ou de l’Iran. Il est ensuite possible d’examiner le cas particulier du Hezbollah à la lumière de ces précédents et de voir comment Israël pourrait utiliser le droit international en sa faveur (II).
I. Les précédents
Le premier précédent remonte à 1986 et à la plainte du Nicaragua contre les Etats-Unis à propos des exactions commises par les Contras grâce au soutien de la CIA. Si la Cour Internationale de Justice (CIJ) accepte bien sûr d’attribuer à un état la responsabilité internationale des actes commis par les membres officiels de sa structure gouvernementale, elle décide également que cette responsabilité est engagé par ceux qui, de fait, sont assimilables à des membres de cette structure, those acting as de facto state organs.
La question qui se posait pour les Contras était donc de savoir s’ils pouvaient être assimilés à cette seconde catégorie. La cour a décidé que non (para. 110 de la décision), en se fondant sur l’absence de dépendance fonctionnelle entre les Contras et le gouvernement des Etats-Unis (agency test). A contrario, elle décide que les UCLAs (Unilaterally Controlled Latino Assets dans le language imagé de la CIA), ces mercenaires sud-américains chargés, sous les ordres directs d’officiers américains, de miner les ports et les installations pétrolières du Nicaragua, agissent comme des organes de fait du gouvernement américain.
Le second précédent est plus récent. Rendu le 15 juillet 1999 par la Chambre d’appel du Tribunal Pénal International pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), il confirme la culpabilité de Dusko Tadic pour des crimes graves commis à l’encontre des populations croates et musulmanes de Prijedor en 1992, alors que celui-ci fait partie de l’armée serbe de Bosnie. La question qui se pose dans cette seconde affaire est celle de savoir si le conflit en question présente un caractère international : de ce caractère découleront les incriminations possibles, notamment celle de violation grave des conventions de Genève de 1949 définie par l’article 2 du statut du Tribunal.
La Chambre d’appel du TPIY refuse la logique de la CIJ. Pour elle, le degré de contrôle élevé requis par l’arrêt Nicaragua permet trop facilement aux états d’échapper à leurs responsabilités (para. 117). Elle suggère donc de distinguer le cas des individus, pour lesquels les critères mis en place par la CIJ sont pertinents, du cas des organisations armées et hiérarchisées, pour lesquelles un contrôle global suffit à engager la responsabilité de l’état parrain (para. 120). Elle décide donc logiquement que l’armée serbe de Bosnie agit de facto pour l’ex-Yougoslavie.
II. Le cas du Hezbollah
Quid du Hezbollah alors : celui-ci agit-il comme un organe de fait des Ă©tats Syriens et Iraniens ? Pour que la rĂ©ponse soit positive au sens de la jurisprudence Nicaragua, il faudrait que, au-delĂ du simple soutien matĂ©riel que personne ne conteste, des officiels de ces deux pays ait donnĂ© des instructions spĂ©cifiques d’action au « Parti de Dieu ». Si l’on se fonde sur les informations publiĂ©es dans la presse, cela ne semble pas ĂŞtre le cas: le Hezbollah bĂ©nĂ©ficie d’un soutien technique et politique de l’Iran et de la Syrie, mais il n’y a pas d’officiers Iraniens ou Syriens qui dĂ©cident, organisent et commandent les opĂ©rations du mouvement. A moins d’un retournement de jurisprudence, la CIJ ne serait donc que peu susceptible d’engager la responsabilitĂ© de la Syrie ou de l’Iran dans les actes du Hezbollah.
Il est en revanche possible que la Cour PĂ©nale Internationale (CPI) ait une position diffĂ©rente. Mais encore faudrait-il qu’elle puisse ĂŞtre saisie d’une telle affaire.
Rationae temporis, les bombardements de localités israéliennes ont été commis de manière continue depuis plusieurs mois. Ils sont donc postérieurs à l’entrée en vigueur du statut de la CPI, condition nécessaire à la compétence de juridiction de celle-ci (article 11 du statut).
Rationae materiae, le fait d’envoyer des roquettes sur des villages civils, sans objectif militaire notable, entre dans la liste des crimes de guerre prĂ©vus par l’article 8, section 2, paragraphe b et d des mĂŞmes statuts. On notera que la CPI n’exige pas que le crime de guerre soit commis dans un conflit international pour ĂŞtre caractĂ©risĂ©, mais que du caractère international du conflit dĂ©pendra la qualification pĂ©nale exacte des faits incriminĂ©s (paragraphe b ou d). Dès lors, le fait de pouvoir lier un tiers Ă©tat aux actes de guerre du Hezbollah prĂ©sente une importance rĂ©elle, en ce qu’il permet, comme dans l’affaire Tadic, de caractĂ©riser un « conflit international ».
Rationae loci, les crimes ont été commis en Israël. Le fait que les roquettes aient été tirées du Liban ne change rien, les victimes étant mortes sur le territoire israélien. Comme Israël n’est pas partie au statut de la CPI, il doit, conformément à l’article 12, paragraphe 2 et 3, de ces statuts, accepter la compétence de la cour pour ce crime uniquement pour que celle-ci ait juridiction.
Rationae personae, l’article 25 permet l’incrimination des individus qui non seulement commettent les crimes ci-dessus, mais Ă©galement de ceux qui les y encouragent ou leur en fournissent les moyens. Les dirigeants iraniens et syriens semblent bien, toujours suivant les informations que l’on trouve dans la presse, appartenir Ă cette catĂ©gorie-lĂ . Selon l’article 27 des statuts, ils ne pourraient mĂŞme pas s’exonĂ©rer de leur responsabilitĂ© pĂ©nale en arguant de leur qualitĂ© de chefs d’Ă©tat ou de gouvernement.
Sans trop s’avancer dans la conjecture, on peut donc supposer que la CPI distinguerait, dans un tel cas la responsabilitĂ© internationale des Ă©tats - utile pour la qualification pĂ©nale des faits - de la responsabilitĂ© pĂ©nale de leurs dirigeants - utile pour leur sanction. Selon que la CPI adoptera la jurisprudence Tadic ou la jurisprudence Nicaragua pour la première, l’Ă©tendue de la seconde sera alors profondĂ©ment diffĂ©rente.
Une conclusion, oĂą l’auteur, finalement, laisse transparaĂ®tre son opinion sur le conflit
IsraĂ«l aurait eu tout intĂ©rĂŞt, sur le plan de la morale et de la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique, Ă rechercher la mise en cause de l’Iran et de la Syrie par le biais du droit plutĂ´t que par celui des armes. L’exposition publique des soutiens Iraniens et Syriens au Hezbollah contre des civils innocents aurait eu un impact certain, et il aurait certainement significativement fait avancer le droit pĂ©nal international. Mais tout cela n’est que pure spĂ©culation dans le contexte moyen-oriental actuel: aux crimes de guerre du Hezbollah rĂ©pondent maintenant ceux d’IsraĂ«l, auxquels la puissance de feu de Tsahal donne une ampleur bien supĂ©rieure.
Cela est bien triste.
Donneur de leçons anonyme. a dit :
Remarquable billet : structurĂ©, informatif, prĂ©cis. Merci d’avoir rendu utiles les quelques minutes requises pour le lire.
Si la tentation de trop confondre l’Ă©nonciation du savoir et l’expression de votre opinion vous inquiète Ă ce point, pourquoi ne pas passer un peu plus de temps Ă enrichir ce bien public qu’est Wikipedia et un peu moins de temps pour cet outil d’expression personnelle ou thĂ©matique qu’est un blog ?
Jeudi 20 juil 2006 à 19:57
Anonymous a dit :
IsraĂ«l sera mal venu de recourir Ă la CIJ alors qu’il ignore scandaleusement l’avis consultatif rendu par cette mĂŞme juridiction le 9 juillet 2004 au sujet du mur construit en territoire palestinien.
Pour mĂ©moire, l’avis dispose :
“L’édification du mur qu’IsraĂ«l, puissance occupante, est en train de construire dans le territoire palestinien occupĂ©, y compris Ă l’intĂ©rieur et sur le pourtour de JĂ©rusalem‑Est, et le rĂ©gime qui lui est associĂ©, sont contraires au droit international;
“IsraĂ«l est dans l’obligation de mettre un terme aux violations du droit international dont il est l’auteur; il est tenu de cesser immĂ©diatement les travaux d’édification du mur qu’il est en train de construire dans le territoire palestinien occupĂ©, y compris Ă l’intĂ©rieur et sur le pourtour de JĂ©rusalem‑Est, de dĂ©manteler immĂ©diatement l’ouvrage situĂ© dans ce territoire et d’abroger immĂ©diatement ou de priver immĂ©diatement d’effet l’ensemble des actes lĂ©gislatifs et rĂ©glementaires qui s’y rapportent, conformĂ©ment au paragraphe 151 du prĂ©sent avis;
“IsraĂ«l est dans l’obligation de rĂ©parer tous les dommages causĂ©s par la construction du mur dans le territoire palestinien occupĂ©, y compris Ă l’intĂ©rieur et sur le pourtour de JĂ©rusalem‑Est; […]”
source : http://www.icj-cij.org/cijwww/cdocket/cmwp/cmwpframe.htm
Jeudi 20 juil 2006 à 21:03
Salaam a dit :
“sraĂ«l aurait eu tout intĂ©rĂŞt, sur le plan de la morale et de la lĂ©gitimitĂ© dĂ©mocratique, Ă rechercher la mise en cause de l’Iran et de la Syrie par le biais du droit plutĂ´t que par celui des armes.”
Au risque de nettement dĂ©border de votre intention initiale, et en espĂ©rant ne pas pour autant remettre en cause toutes les vertus dans l’absolu d’aborder sous l’angle du droit les divergences, je me demande dans quelle mesure le droit qui se refuse aux moyens requis pour protĂ©ger le faible peut espĂ©rer ĂŞtre respectĂ©.
Je ne crois pas faire offense Ă IsraĂ«l en observant qu’il s’agit d’un petit Ă©tat, de la nation d’un peuple peu nombreux. Ne disposant pas, comme d’autres petits Ă©tats tels la Suisse, la Hollande ou le Luxembourg, de la chance de vivre en paix avec ses puissants voisins, il vivrait en permanence dans la peur d’ĂŞtre annexĂ©, dĂ©truit, s’il ne disposait pas des armes les plus effrayantes connues de notre Ă©poque.
L’Ă©tat des institutions internationales crĂ©es dans le cadre de la mise en pratique de la thĂ©orie du droit peut-elle garantir Ă de petits Ă©tats comme IsraĂ«l la survie ? Ă l’Ă©vidence, non, faute, notamment de capacitĂ© de dissuasion : nulle action multilatĂ©rale n’est encore jamais parvenue Ă intervenir suffisamment rapidement et avec suffisamment de force pour protĂ©ger le petit du grand, le faible du fort.
Qu’on ne s’y trompe pas : je n’excuse ni ne juge nullement quelque partie que ce soit ici. Mais, sans nullement soutenir l’action de quelque partie, je constate ceci : la faiblesse de nos institutions internationales suffit Ă fournir toutes les excuses nĂ©cessaires aux cultures très minoritaires et encore vivantes pour rester armĂ©es jusqu’aux dents par peur pour leur survie immĂ©diate. Et, dune certaine manière, je ne parviens pas Ă en vouloir Ă ces petites nations qui, implicitement, nous disent qu’elles ne dĂ©sarmeront pas, qu’elles ne dormiront jamais tant qu’un ordre multinational ne leur imposera pas, par la dissuasion, de dĂ©sarmer, et, ce faisant, inspirer Ă tous les ennemis potentiels de ces petites nations de dĂ©sarmer pareillement.
Alors, oui, certes, il peut ĂŞtre sĂ©duisant, en thĂ©orie du moins, d’appeller Ă ce que les Ă©tats se soumettent au droit : mais qu’apportera au droit la soumission d’Ă©tats…. morts ? Et je ne doute pourtant pas une seconde du fait que tout le monde dans cette affaire pense chacun Ă ses enfants, Ă l’avenir, et nourrit au fond de son coeur d’immenses espoirs en l’avenir, malgrĂ© tout.
C’est pourquoi je pense que, plutĂ´t que de ointer du doigt ceux qui ne se soumettent pas au droit, nous devrions plutĂ´t nous interroger sur les raisons pour lesquelles le droit ne parvient pas Ă s’imposer de par lui-mĂŞme : avons-nous, par exemple, procĂ©dĂ© nous-mĂŞme Ă telle soumission en transfĂ©rant effectivement le contrĂ´le de nos forces Ă l’ordre multinational ? Je ne le crois pas : et le rĂ©sultat de ce manquement est sous nos yeux.
Encore une fois, j’espère n’avoir vexĂ© ici aucune susceptibilitĂ© : ce n’Ă©tait pas mon intention. Si un lecteur se sent offensĂ©, qu’il me pardonne d’avoir abordĂ© avec probablement trop peu de talent ces sujets fort graves.
Jeudi 20 juil 2006 à 22:06
groM a dit :
@donneur de leçons: il y a plusieurs raison qui font que je prĂ©fère me rĂ©pandre sur un site personnel que sur WikipĂ©dia. La première est que ce site vise, non pas Ă l’Ă©dification des masses, mais Ă la mienne seule. Il me semblerait donc très prĂ©tentieux (surtout vu mon impression parcours universitaire
) d’Ă©crire des choses pour une encyclopĂ©die, fĂ»t-elle libre. Ensuite, je ne crains pas d’exprimer mon opinion du tout; je veux juste que le lecteur voit bien ce qui est de l’ordre du fait et de l’opinion. Dans wikipĂ©dia malheureusement, mes petites opinions n’ont absolument pas leur place. Dernier point, non nĂ©gligeable: je n’ai pas particulièrement envie de me familiariser avec le système d’Ă©dition de wikipĂ©dia. Je sais, c’est de la pure flemme, mais dans mon temps libre je prĂ©fère faire du droit. Pour la technique, mon boulot me suffit.
@Anonymous: vous avez sans doute raison, cela serait incohĂ©rent. Mais je pense que la stratĂ©gie d’IsraĂ«l n’est ici pas la bonne. Seul Ă©tat dĂ©mocratique de la rĂ©gion, il pourraient se permettre, moyennant quelques concessions somme toute pas si importantes, de se donner une lĂ©gitimitĂ© supplĂ©mentaire en s’appuyant sur le droit international. Cela lui donnerait sans doute la sympathie de tout le monde occidental. Son usage “dispoportionnĂ©” de la force va lui attirer en revanche - et c’est tout Ă fait normal - les foudres de beaucoup de gens, y compris parmis ses soutiens; le jour oĂą les palestiniens et les libanais s’inspireront de Gandhi, IsraĂ«l sera bien isolĂ© …
@Salaam: votre point est intĂ©ressant. C’est, formulĂ© sous l’angle de la force armĂ©e, la vieille question de la soumission du droit au fait. Il n’y a soumission au droit que lorsqu’on y perçoit son intĂ©rĂŞt. Dans la fameuse affaire de l’Alabama, affaire oĂą l’opinion publique Anglaise s’estimait humiliĂ©e par la sentence arbitrale, il y a quand mĂŞme eu certains journaux pour Ă©crire: “Quel que soit le chiffre de l’indemnitĂ© Ă payer, l’Angleterre ne peut que gagner Ă la payer : en cas de guerre, elle pourra invoquer contre les autres le code nouveau qu’on lui applique.” Mais le travail pour faire accepter cela est long, y compris dans des pays dĂ©mocratiques et prĂ©sents de longue date sur la scène internationale (je pense aux Etats-Unis, qui n’ont pas ratifiĂ© les statuts de la CPI par exemple, et qui ont une mĂ©fiance viscĂ©rale Ă l’Ă©gard du droit international)
Dernier point, les pays les plus armĂ©s sont très largement les grandes puissances: tous les pays de l’OTAN rĂ©unis dĂ©pensent pour leur dĂ©fense 60% de ce qu’y consacrent les Etats-Unis; et la seule France consacre Ă sa dĂ©fense 384 fois ce que le SĂ©nĂ©gal (!) Je ne pense donc pas qu’il faille incriminer ici les “petits” surarmĂ©s, mais bien les grands qui surarment les petits.
Vendredi 21 juil 2006 à 09:44
George a dit :
A Salaam
Votre point de vue est très intĂ©ressant, Ă la suite d’un point de vue de groM, comme souvent, prĂ©cis et intelligent mais frustrant car ne pouvant pas aller jousqu’au bout de la double logique esquissĂ©e…
Effectivement, si la faiblesse des institutions internationales conduit les petits Etats Ă se lancer dans des dĂ©penses militaires somptuaires, cette faiblesse existera tant que les Etats se s’impliqueront pas dans leur Ă©dification…Ă mesure que les populations convaincues d’assurer leur avenir concourent Ă leur perte.
Dans ce vecteur doublement paradoxal,
A groM
“Il n’y a soumission au droit que lorsqu’on y perçoit son intĂ©rĂŞt”
l’intĂ©rĂŞt est certes fondamental mais ce n’est peut-ĂŞtre pas pas le seul facteur qui fait passer un Etat du rĂ©alisme Ă l’internationalisme. Des fondements de philosphie politique assez contradictoires interviennent dans cette inclinaison sans effet cliquet (les Etats-Unis en Ă©tant malheureusement exemplaires).
La confiance dans le droit international reste clairement Ă ce jour une expĂ©rience europĂ©enne (pourrait-on dire, dans une dialtectique aronnienne que cette logique de confiance est diffĂ©rente pour le droit interne qui serait plutĂ´t l’apanage des Etats-Unis ?), forte de l’expĂ©rience multisĂ©culaire de conflits destructeurs et gĂ©nocidaires. L’Ex-Yougoslavie, le Cambodge et le Rwanda en tireront peut-ĂŞtre la mĂŞme conclusion lorsque le temps aura passĂ©.
“les pays les plus armĂ©s sont très largement les grandes puissances”
S’agissant des aspects budgĂ©taires, effectivement votre remarque est valable, le budget de dĂ©fense d’Israel est le 1/3 d’une puissance moyenne comme la France (cf. http://www.acp-cpa.ca/fr/depenses_militaires.pdf pour une tendance plus prĂ©cise mais un peu ancienne).
cependant plutĂ´t que votre exemple, il me semblerait plus significatif de rapporter ces crĂ©dits au PIB, cet indicateur permettant alors de mesurer la sensibilitĂ© de l’Etat Ă son environnement hallogène (http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/stats/0/2000/fr/MS/carte/MS.MIL.XPND.GD.ZS/x.html.)
Par ailleurs, Ă la question des diffĂ©rences de dĂ©penses militaires, si l’on analyse le contenu des enveloppes budgĂ©taires, on notera peut-ĂŞtre que les plus grands pays dĂ©pensent moins de crĂ©dits Ă leur armement (que certains “petits” Etats) qu’Ă l’entretien de l’administration de la chose militaire et Ă la participation Ă des conflits de maintien de la paix au sein d’organisations internationales.
“Je ne pense donc pas qu’il faille incriminer ici les “petits” surarmĂ©s, mais bien les grands qui surarment les petits.”
Si les immenses budgets militaires des pays du G7 leur permette d’alimenter le marchĂ© international de l’armement et de doter les petits d’un bel arsenal, comme le suggèrent bien des productions cinĂ©matographiques rĂ©centes, je contesterais l’idĂ©e que c’est le positionnement des grands en matière d’armement qui conditionne les petits Etats,dans un mouvement qui prendrait la forme d’une vaste course Ă l’armement (comme le laissent entendre certains pays qui souhaitent se doter de l’armement nuclĂ©aire).
Il me semble que l’Ă©volution Ă long terme des Etats accrĂ©dite plutĂ´t deux points plus ou moins complĂ©mentaires :
- c’est la geographie proche, certes parfois imaginĂ©e comme telle, qui guide les choix d’un Etat en matière d’investissement militaire ;
- son statut de “puissance” appartenant Ă un club selon des circonstances historiques plus ou moins d’actualitĂ© ou sa volontĂ© d’appartenir Ă ce club contribue Ă©galement Ă modeler les choix d’un Etat en la matière ;
Face à cette alternative, les Etats ont certes le choix de jouer le mélange des genres, toutefois les petits Etats (hors cas des pays neutres) auraient plutôt tendance à se placer dans la première catégorie, les grands dans la seconde.
Vendredi 21 juil 2006 à 21:52
brigetoun a dit :
les crimes ont Ă©tĂ© commis en territoire israelien ? Qu’en est il des bombardements en palestine (qui si je ne m’abuse n’est pas IsraĂ«l) et au Liban. Et l’enlèvement des Ă©lus palestiniens, les attentats ciblĂ©s et mal ciblĂ©s sont ils vraiment conformes au droit international ? Peut on tenter de se rappeler la sĂ©quence des Ă©vènements ? Si je dis des bĂŞtises convenez qu’il est parfois prĂ©fĂ©rable d’ĂŞtre bĂŞte
Vendredi 21 juil 2006 à 23:37
Un swissroll a dit :
"Principe de proportionnalité" et usage excessif de la force
J’étais déjŕ agacé par ces références entendues ŕ la “proportionnalité” souhaitable de la riposte israélienne aux attaques du Hamas et du Hezbollah. Et voici que le CICR, puis la commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Louise…
Samedi 22 juil 2006 à 17:02
groM a dit :
@brigetoun: je suis d’accord avec vous, l’action de l’Etat IsraĂ«lien mĂ©riterait une analyse au plan du droit international. Ce qui m’intĂ©ressait ici, au delĂ de la “simple” question de qui a raison ou qui a tort, c’est la manière dont le droit international rattache les agissements d’un mouvement armĂ© non Ă©tatique aux actions d’un Ă©tat donnĂ©. Comme vous l’aurez compris en introduction et en conclusion, cela ne signifie pas que j’apporte un quelconque soutien Ă la politique IsraĂ«lienne.
@George: oui, vous avez raison, on peut calculer les dĂ©penses en fonction du PIB; les dĂ©penses d’IsraĂ«l sont en fait largement plus Ă©levĂ©es que le 1/3 du budget français que vous Ă©voquez du fait des aides amĂ©ricaines massives. Mais lĂ oĂą je ne suis pas d’accord, c’est pour dire que les “immenses budgets des pays du G7 leur permette d’alimenter le marchĂ© international de l’armement”. Les coĂ»ts de dĂ©veloppement et de possession des armements modernes sont tels que mĂŞme les Etats-Unis, et Ă fortiori les Ă©tats europĂ©ens ont terriblement besoin de marchĂ©s eports pour maintenir Ă flot leur industrie de dĂ©fense. Dès lors, le choix de vendre Ă tel ou tel pays peut parfois ĂŞtre une dĂ©cision bien peu politique.
Lundi 24 juil 2006 à 10:13
Israel Hezbollah a dit :
J’ai trouvĂ© ce site qui remet certaines choses en place je trouve : http://israel26hezbollah.wordpress.com
Jeudi 3 aoĂ» 2006 à 17:36
Israel a dit :
;)
Mercredi 11 juil 2007 à 15:39
Affiliate Marketing Tips a dit :
Affiliate Marketing Tips
I couldn’t understand some parts of this article, but it sounds interesting
Vendredi 26 oct 2007 à 03:29