Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Vendredi 25 août 2006

Les palmes, c’est le bouquet !

Posté dans Autres par groM

Ma Maman m’a appris qu’elle allait recevoir, Ă  l’issue de 35 ans de bons et loyaux services dans l’Education Nationale, les palmes acadĂ©miques. Je ne rĂ©siste donc pas Ă  un petit billet sur la question, auxquel je joins mes fĂ©licitations Ă  la laurĂ©ate.

L’ordre des Palmes AcadĂ©miques est rĂ©gi par le dĂ©cret n°55-1323 du 4 octobre 1955. Notons qu’il s’agit d’une initiative de la IVème RĂ©publique: en pleine guerre d’AlgĂ©rie, il Ă©tait manifestement indispensable de rĂ©former les rĂ©compenses destinĂ©es aux personnels du ministère de l’Instruction Publique. J’aime ce sens de l’essentiel si dĂ©licieusement français.

Les palmes visent Ă  “honorer les mĂ©rites des personnels relevant du ministère de l’Ă©ducation nationale,” et non les pieds de ceux-ci, j’en voient qui rient près du radiateur.

L’ordre est divisĂ© en trois grades, respectivement de Chevalier, Officier et Commandeur. Chaque annĂ©e compte deux promotions, l’une au premier janvier, l’autre au 14 juillet. Le dĂ©cret plafonne Ă  7 570 les distinctions de chevaliers, Ă  3 785 celles d’officiers et Ă  280 celles de commandeurs qu’il est possible de dĂ©cerner chaque annĂ©e. Chaque acadĂ©mie dispose donc d’un quota fixĂ© par arrĂŞtĂ©. Les nominations sont prises par dĂ©cret, sur proposition du ministre, ou plus exactement, comme le laisse Ă  penser la structuration en quotas acadĂ©miques, sur la proposition effective du recteur.

L’accession au grade de chevalier est soumise Ă  une condition de moralitĂ©, exprimĂ©e classiquement par la jouissance des droits civils. Elle requiert 10 annĂ©es de service, règle Ă  laquelle il est possible de dĂ©roger Ă  titre exceptionnel quand l’impĂ©trant “[s’est] illustrĂ© de façon remarquable par les services rendus Ă  l’enseignement, ou ayant rendu ces services dans des conditions particulièrement difficiles” (ce qui permet de remettre les palmes Ă  des gens qui ne sont pas membres de l’Education Nationale) ou quand, pire, il a Ă©tĂ© blessĂ© ou tuĂ© dans le cadre de ses fonctions. Je vous rassure, ma Maman rĂ©pond Ă  la condition d’anciennetĂ© seulement.

Une double condition est requise pour progresser dans l’ordre: d’abord celle d’anciennetĂ© (5 ans pour passer officier et 3 ans pour passer commandeur), ensuite une condition de mĂ©rite, “l’avancement dans l’ordre [devant] rĂ©compenser des mĂ©rites nouveaux et non des mĂ©rites dĂ©jĂ  rĂ©compensĂ©s.

Il existe enfin une procĂ©dure disciplinaire pour rĂ©primer les manquements Ă  l’honneur des membres de l’ordre, mais dans l’espèce, je ne pense pas que ma Maman soit susceptble d’en ĂŞtre victime (je soupçonne mĂŞme que telle procĂ©dure n’ait pas Ă©tĂ© beaucoup utilisĂ©e) donc nous ne nous Ă©tendrons pas sur la question.

Bref, en résumé, Bravo Maman, le violet te va si bien :-)

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5 commentaires

  1. somni a dit :

    Bravo Ă  ta mère. Mais je crois qu’elle peut aussi ĂŞtre fière de son rejeton, mais s’il n’a eu (pour le moment)aucune rĂ©compense officielle :-)

    En lisant le dĂ©cret, je me suis aperçu que les Ă©trangers pouvaient aussi ĂŞtre distinguĂ©s. Loin de moi l’idĂ©e de le regretter, mais je croyais qu’en 1954, seuls les nationaux pouvaient devenir enseignants (ou en gĂ©nĂ©ral, agents publics). Cela doit donc ĂŞtre faux.

    Samedi 26 aoĂ» 2006 à 17:00

  2. Triple R™ a dit :

    Mazel tov et bravo à la lauréate :-)

    Samedi 26 aoĂ» 2006 à 17:53

  3. patrice a dit :

    Bonjour

    Peut-on refuser les palmes académiques ?

    Mercredi 13 sept 2006 à 18:06

  4. groM a dit :

    Je vais me renseigner. Vous y songez ? :-)

    Jeudi 14 sept 2006 à 09:32

  5. patrice a dit :

    On ne mes les proposera sans doute pas, donc…

    C’est juste que votre billet m’a rappelĂ© une histoire, racontĂ©e par un agent ATOS d’un lycĂ©e qui s’est vu dĂ©cerner ces fameuses palmes. Il a refusĂ© dans un premier temps, surtout parce qu’il l’avait eu mauvaise : une promotion lui Ă©tait passĂ©e sous le nez l’annĂ©e de son dĂ©part en retraite ; il aurait infiniment prĂ©fĂ©rĂ© un petit plus pour une pension dĂ©jĂ  pas fameuse Ă  ce hochet symbolique.

    HĂ© bien, il s’est fait remonter les bretelles très sĂ©vèrement dans le bureau du patron, sur le mode : ça ne se refuse pas, distinction, honneur, etc. La mort dans l’âme, il est allĂ© Ă  la “cĂ©rĂ©monie” faire semblant d’ĂŞtre content.

    Jeudi 14 sept 2006 à 10:42

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