Bloghorrée

Extrêmiste de la laïcité depuis 1976

Vendredi 22 septembre 2006

Légifrance, trop cher !

Posté dans Autres par groM

Je vais commencer par vous parler d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, un temps où le bizutage n’avait pas fait son entrée par la grande porte dans le code pénal, un temps où il était loisible à des troupeaux d’étudiants de parcourir le quartier Latin sous la direction, suivant la filière considérée, de carrés, de cubes, de trois-demis ou de tout autre fraction de taupin d’une valeur supérieure à 1.

En cette époque bénie, donc, nous autres bizuts fûmes conduit, sous les acclamations et des produits organiques divers, devant une célèbre librairie du Boulevard Saint-Michel dont je tairai le nom, où nous fûmes invités à crier de concert : « Gibert, trop cher ! ».

Je compris peu de temps après combien ce slogan était judicieux.

Epoque révolue, me direz-vous. La mondialisation aidant, le prix du livre en chute libre permet l’accès de la culture à tout un chacun, taupins, khâgneux ou juristes, à un prix modéré. D’ailleurs, la preuve, tous ces idiots continuent à financer cette célèbre librairie.

Que nenni malheureusement. Les livres de droit, puisque j’ai renoncé aux sciences naturelles, expérimentales ou fondamentales, sont hors de prix. Enfin presque : hors de portée des étudiants à l’état neuf (les livres, pas les étudiants) serait plus juste. Certes ceux-ci disposent de bibliothèques ; mais outre le fait que ce n’est pas le meilleur de se constituer la sienne, le recours à celles-ci exige temps et disponibilité, toutes choses dont les étudiants peuvent être bien démunis, en particulier lorsque, tout à leur soif de science, ils se précipitent chez MacDo pour payer leur chambre de bonne parisienne dépourvue de fenêtre grâce à un travail pénible qui représentera une expérience extraordinaire sur leur CV.

Epoque révolue, me direz-vous toujours : le développement de la technique permettra, via des contenus numériques appropriés, l’accès de la culture, de la science et du droit à tous, taupins, khâgneux ou juristes, à un prix modéré, peut-être même gratuitement.

Que nenni encore. Si l’on prend l’exemple de Legifrance, on observe que le service gratuit, disponible à tous, est d’une médiocrité certaine, dont voici quelques exemples, histoire de ne pas verser dans la diffamation :

  • il faut ouvrir une session pour aller consulter n’importe quoi sur lĂ©gifrance, et cette session expire très rapidement. RĂ©sultat, on regarde un livre, et on est informĂ© que la session a expirĂ©, et il faut se (re)taper tout le chemin : accueil, liste de codes, code civil …
  • il n’y a pas moyen d’obtenir de manière simple l’intĂ©gralitĂ© d’un code. Il est donc impossible de se constituer une documentation Ă  consulter hors-ligne. Ceci dit, je suis sĂ»r qu’un certain nombre d’éditeurs doivent s’en rĂ©jouir tous les jours.
  • Les bases de donnĂ©es ne sont pas croisĂ©es : si on est dans un code, pas moyen de trouver directement la jurisprudence correspondante ; si on est dans un arrĂŞt, pas moyen de se rendre sur les articles qui y sont citĂ©s.
  • L’URL affichĂ©e par le navigateur ne peut pas ĂŞtre rĂ©utilisĂ©e (elle dĂ©pend de la session). Pour faire un lien, il faut cliquer sur un (autre) lien qui vous ouvre un popup avec l’adresse de la page en question.

Bien sûr, si vous voulez améliorer ça comme un grand, c’est possible. Il suffit d’acheter à Legifrance les bases nécessaires (en XML) et de se palucher le travail. Franchement, j’aimerais bien. Sincèrement. Mais le problème pour le particulier que je suis, c’est que ces bases sont absolument inabordables. La base d’un code en vigueur revient à 89 Euros, plus 400 euros pour chaque commande. Urgh. Pas même moyen d’y jeter un coup d’œil pour savoir si leur structure permettrait de réaliser ces améliorations.

Ne cĂ©dons pas au simplisme. Legifrance accompli un vĂ©ritable travail, qui mĂ©rite rĂ©munĂ©ration. Mais les prix devraient ĂŞtre modulĂ©s en fonction du public considĂ©rĂ©. Que les Ă©diteurs, qui vont rĂ©utiliser ces bases pour vendre des DVD de codes Ă  150 Euros aux avocats payent en proportion; que les universitĂ©s qui vont les mettre Ă  disposition de milliers d’Ă©tudiant, aussi. Mais que les particuliers aient au moins une chance d’y accĂ©der sans y laisser leur chemise, ou que le service de base soit amĂ©liorĂ©.

En attendant cela, je crierai, seul devant mon ordinateur : « Legifrance, trop cher ! Legifrance, trop cher ! »

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54 commentaires

  1. Anonymous a dit :

    Organisez-vous, construisez vous-mĂŞmes vos outils, distribuez les vous-mĂŞmes et puis voilĂ .

    Le logiciel libre n’est nĂ© ni dans les roses, ni sur Bastille-Nation

    Samedi 23 sept 2006 à 11:58

  2. groM a dit :

    Si vous ĂŞtes prĂŞt Ă  me payer les abonnements, chiche.

    Samedi 23 sept 2006 à 12:40

  3. Authueil a dit :

    Effectivement, cela pourrait ĂŞtre amusant de demander la publication des comptes de lĂ©gifrance. Bonne idĂ©e grom…

    Samedi 23 sept 2006 à 12:49

  4. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    GroM: Chiche ?

    En théorie, les textes sont publics, il me semble. Pour quel budget vous engageriez-vous à mettre quoi dans le domaine public dans quel délai ?

    Samedi 23 sept 2006 à 13:09

  5. François - Droit administratif a dit :

    Les avocats seraient preneurs de ce genre de système en ligne. Il faudraient voir si techniquement c’est possible. Mais si oui, je m’associe avec toi et je nous cherche un financement !

    Samedi 23 sept 2006 à 15:37

  6. groM a dit :

    @Donneur de leçon annonyme:

    je ne mets rien dans le domaine public (voir d’ailleurs ici sur ce que cela veut dire). Si je fais du logiciel libre, je suis propriĂ©taire du logiciel produit, que je mets “juste” Ă  disposition du plus grand nombre dans une licence particulièrement favorable.

    En ce qui concerne les textes, certes le contenu n’en est pas protĂ©gĂ©. Mais LĂ©gifrance fait un travail pour transformer du texte brut en base de donnĂ©e exploitable (au format XML), et ces ajouts sont protĂ©gĂ©s. C’est le prix de ces bases qui me pose problème.

    Si vous voulez un devis, il me faut plus d’Ă©lĂ©ments texhniques. Et rassurez-vous, avant de vous rĂ©pondre, je multiplierai les prix et les dĂ©lais par deux ;-)

    @François:

    Ca donne envie :-) Je vais essayer de me renseigner sur la strcture de leur XML.

    Samedi 23 sept 2006 à 19:10

  7. palpatine a dit :

    Il doit bien y avoir un moyen de tout aspirer et retraiter par derrière… Curl sera peut-ĂŞtre insuffisant, mais le trio Perl/Python/Ruby (au choix) devrait largement suffire, on peut simuler des navigations manuelles avec, j’ai vu des sites de la pire horreur se faire retraiter comme ça (avec gestion de la mise Ă  jour de contenu, d’ailleurs). Il suffit ensuite de reparser le tout, et de mettre ça dans un format potable ; avec tous les webeux qui traĂ®nent sur la blogosphère, il y en aura bien un qui pourra faire ça facilement, je pense (pour ma part, ce n’est absolument pas mon domaine, je sais juste ce qui est faisable de manière thĂ©orique, plus deux ou trois pour la survie de tous les jours).

    Samedi 23 sept 2006 à 21:31

  8. Stephane Cottin a dit :

    Sur les DTD de lĂ©gifrance, je m’Ă©tais amusĂ© Ă  faire un petit topo ici “entrepĂ´t des dtd et des schĂ©mas…” (mais ça date de 2003 et la plupart des liens sont morts, heureusement que j’avais tout mis en documents attachĂ©s (voir Ă  la fin de l’article). Tout ceci est en train de changer. Le prestataire choisi par les JO (anciennement ORT) prĂ©pare la migration (et fait un travail remarquable de mise Ă  jour des dtd, j’ai passĂ© l’Ă©tĂ© Ă  corriger la mienne (constit)), et la DGME rĂ©flĂ©chit en public sur ce thème dans son rĂ©pertoire gĂ©nĂ©ral d’intĂ©ropĂ©rabilitĂ© (voir le wiki RGI sur http://www.adele.gouv.fr/wiki/index.php/Accueil)

    Sachez

    1) que les licences sont chères, mais sont rĂ©ellement calculĂ©es au plus juste. Rappelez vous que l’on part de très très loin, et qu’avant 2002 (crĂ©ation du SPDDI : service public de diffusion du droit par internet), diffuser ainsi des donnĂ©es juridiques, c’Ă©tait inenvisageable, et avant 1997, illĂ©gal.

    2) que le but du jeu du SPDDI est de faire en sorte que ceux qui ont les moyens de se payer les licences (dont l’objet n’est pas de rapporter de l’argent Ă  l’Etat, mais Ă  vĂ©rifier que les donnĂ©es sont qualifiĂ©es et utilisĂ©es Ă  bon escient) et qui ont surtout les moyens de diffuser ces mĂŞmes donnĂ©es dans de meilleures conditions que le site Legifrance LE FASSENT !!. En fait, les tarifs que vous mentionnez ne sont Ă©videmment pas destinĂ©s aux particuliers, mais aux institutionnels (dont les Ă©diteurs, mais aussi les universitĂ©s, les associations…). Pour les particuliers, dont les besoins sont a priori moindres, la notice sur les licences prĂ©voit expressĂ©ment des dĂ©rogations pour des extractions “non quantitativement substantielles” et permet de rĂ©cupĂ©rer gratuitement les donnĂ©es.

    3) que vous n’ĂŞtes pas tout seul Ă  avoir ce genre d’idĂ©es. Parmi les projets les plus aboutis sur les codes, voir la juristhèque de JB Soufron, mais c’est loin d’ĂŞtre le seul.

    Les mentalitĂ©s ont changĂ© de façon radicale face aux donnĂ©es juridiques ; les Ă©quilibres sont encore fragiles, les intĂ©rĂŞts considĂ©rables (pas seulement financiers, mais aussi gĂ©opolitiques : la Common law gagne du terrain sur la Civil law grâce Ă  l’accès aux donnĂ©es jurisprudentielles en ligne et Ă  la perte de la qualitĂ© de la Loi), mais il faut connaĂ®tre l’historique des dĂ©bats et ne pas refaire les mĂŞmes erreurs

    Dimanche 24 sept 2006 à 01:34

  9. groM a dit :

    Merci Stéphane pour vos très utiles précisions.

    Je suis tout Ă  fait conscient des progèrs rĂ©alisĂ©s et du travail accompli par LĂ©gifrance. Je touve cependant que les particuliers sont très limitĂ©s, d’une part par le fait qu’il est très facile de tomber dans un tĂ©lĂ©chargement quantitativement ou qualitativement substanciel (par exemple, en tĂ©lĂ©chargeant l’intĂ©gralitĂ© du code civil, je suis limite; si je prends le code pĂ©nal ou le CPP avec, c’est sĂ»r que je tombe dedans) et d’autre part par par le fait que la structure du site rend ces tĂ©lĂ©chargements très difficiles.

    Merci Ă©galement pour le lien vers la juristhèque, qui me semble très intĂ©ressant: la structure du site est statique, il y a des liens hypertextes, la prĂ©sentation est lisible … bref, un net progrès. Et une nouvelle preuve que quand on croit avoir une idĂ©e, il y a 99% de chances que quelqu’un ait eu la mĂŞme avant, et l’ait mise en oeuvre mieux que vous ne l’auriez fait …

    Dimanche 24 sept 2006 à 09:40

  10. Stéphane Cottin a dit :

    Que cela ne vous empĂŞche pas de dĂ©velopper / diffuser votre propre entrepĂ´t : plus il y a d’expĂ©riences en ligne, meilleur est le jeu de la concurrence et plus faciles sont les discussions (très âpres) au comitĂ© lĂ©gifrance pour faire admettre aux diffĂ©rents dĂ©cideurs qu’il faut lâcher du lest.

    Je suis dĂ©solĂ© de ne pas pouvoir en dire plus en public, je suis tenu Ă  une obligation de rĂ©serve (bien que je ne fasse plus partie du comitĂ© Martin-Laprade (j’en aurai bouffĂ© un avant, ça vaut mieux) mais j’Ă©tais dans le prĂ©cĂ©dent). De mĂŞme, il y a en ce moment, et sur deux ans, une Ă©volution radicale de legifrance en cours, et sur laquelle les autoritĂ©s du JO sont très discrètes et ont demandĂ© aussi une très grande discrĂ©tion.

    Dimanche 24 sept 2006 à 10:59

  11. groM a dit :

    Vous nous faites baver ! :-)

    Question annexe: comment sont représentés les usagers dans ce comité ?

    Dimanche 24 sept 2006 à 12:23

  12. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    “Le prestataire choisi par les JO (anciennement ORT) prĂ©pare la migration (et fait un travail remarquable de mise Ă  jour des dtd, j’ai passĂ© l’étĂ© Ă  corriger la mienne (constit)), et la DGME rĂ©flĂ©chit en public sur ce thème dans son rĂ©pertoire gĂ©nĂ©ral d’intĂ©ropĂ©rabilitĂ© (voir le wiki RGI sur http://www.adele.gouv.fr/wiki/index.php/Accueil)”

    Sauf erreur de la ma part, ce chantier a Ă©tĂ© repris de l’ATICA, institution du dernier millĂ©naire par l’ADAE en 2002, sans que de sensibles progrès aient Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s en 8 ans malgrĂ© l’embauche d’une quarantaine de cadors Ă  l’ATICA entre 2002 et 2004.

    Autant dire que si le vingtième de l’argent gâchĂ© ainsi avait Ă©tĂ© remis Ă  des professionnels capables, la chose serait depuis bien longtemps rĂ©glĂ©e.

    Dimanche 24 sept 2006 à 14:57

  13. bayonne a dit :

    j’en profite, le pire sur legifrance c’est la fonction recherche, si ce n’est pas le nom exact de la loi point de salut, pendant plusieurs jours je cherchais l’article l122-4 et bien il y a un espace entre le L et le numero. il est de plus conseillĂ© de ne pas malencontreusement metre un L minuscule. les recherches sur mots clĂ©s sont encore moins performant :( .

    notez que les sessions ont pour but d’empecher l’indexation par google et d’autre moteur de recherche, c’est tres futĂ©, et je suis sur que c’est suite Ă  de nombreuse reunion productive que cela a Ă©tĂ© mis en place :D , les enarques sont impayables

    Dimanche 24 sept 2006 à 18:01

  14. Red Sox a dit :

    Et le bizutage dans tout çà??? On pourrait pas crĂ©er un petit post dessus, histoire de savoir s’il y a vraiment moins de viols et de violence… Personnellement, j’avais bien apprĂ©ciĂ© le mien et pourtant j’ai vraiment donnĂ© de ma personne!!!!!

    Enfin, je dis çà car la technicitĂ© du dĂ©bat me dĂ©passe…

    Dimanche 24 sept 2006 à 22:39

  15. Stephane Cottin a dit :

    @ Donneur de leçons anonyme. : C’est effectivement l’ATICA qui avait initiĂ© le travail de mise en commun des rĂ©pertoires XML, et c’Ă©tait pas du luxe.

    Un dĂ©cret n° 2001-737 du 22 aoĂ»t 2001 avait créé l’Agence pour les technologies de l’information et de la communication dans l’administration (ATICA) (en remplacement de la MTIC créée trois ans plus tĂ´t)

    Mais un dĂ©cret n° 2003-141 du 21 fĂ©vrier 2003 portant crĂ©ation de services interministĂ©riels pour la rĂ©forme de l’Etat l’a supprimĂ©e et a créé l’ADAE : agence pour le dĂ©veloppement de l’administration Ă©lectronique) (Journal officiel du 22 fĂ©vrier 2003, p. 3231)

    ADAE qui est intĂ©grĂ©e en 2006 dans la DGME : DĂ©cret n° 2005-1792 du 30 dĂ©cembre 2005 portant crĂ©ation d’une direction gĂ©nĂ©rale de la modernisation de l’Etat au ministère de l’Ă©conomie, des finances et de l’industrie (Journal officiel du 1er janvier 2006) et arrĂŞtĂ© du 30 dĂ©cembre 2005 portant organisation de la direction gĂ©nĂ©rale de la modernisation de l’Etat (Journal officiel du 1er janvier 2006 )

    C’est Dallas…

    @groM, sur la représentation des usagers au comité SPDDI :

    Quant au comitĂ© “Martin-Laprade”, l’arrĂŞtĂ© du 12 septembre 2002 relatif au comitĂ© du service public de la diffusion du droit par l’internet (Journal officiel du 13 septembre 2002, p. 15127) qui le créé prĂ©voit, en plus des reprĂ©sentants des producteurs des donnĂ©es juridiques :

    b) Un reprĂ©sentant des entreprises spĂ©cialisĂ©es dans le domaine de l’Ă©dition juridique ;

    c) Des personnalités qualifiées, dont le nombre ne peut excéder six.

    Personnalités qui ont été nommées ici :
    ArrĂŞtĂ© du 17 septembre 2002 portant nomination des personnalitĂ©s qualifiĂ©es appelĂ©es Ă  siĂ©ger au comitĂ© du service public de la diffusion du droit par l’internet (Journal officiel du 18 septembre 2002, p. 15375) : je peux vous confirmer qu’il s’agit de trois personnes très au courant du marchĂ© et du milieu, et qui ont suffisamment de bagou et de bouteille pour ne pas trop se faire marcher sur les pieds.

    Lundi 25 sept 2006 à 11:28

  16. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    “C’est Dallas”

    D’oĂą ma proposition. Je pense qu’il n’y aurait aucune difficultĂ© Ă  lever des fonds raisonnables auprès de quelques cabinets d’avocats.

    Lundi 25 sept 2006 à 12:41

  17. Choubaka a dit :

    Travaillant depuis de nombreuses annĂ©es avec StĂ©phane Cottin, je ne peux que confirmer tout ce qu’il a dit.

    Lever des fonds raisonnables dans quelques cabinets d’avocats ? Je travaille dans un très gros cabinet d’avocats et je m’interroge “lever des fonds pourquoi ?”

    Lever des fonds pour faire Ă©laborer Ă  partir de Legifrance des codes plus agrĂ©ables d’utilisation et de la jurisprudence liĂ©s aux articles avec des liens et puis aussi de la doctrine Ă  eux ? Le tout en accès libre ?
    C’est techniquement faisable. Mais qu’ont les cabinets d’avocats vraiment Ă  y gagner au delĂ  du beau geste humanitaire au bĂ©nĂ©fice de leurs Ă©ventuels futurs membres ? De la pub ? Sans doute dans un court premier temps….

    Ils ont surtout Ă  craindre une guerre ouverte avec les Ă©diteurs juridiques qui ne veulent pas voir arriver des codes commentĂ©s gratuitement en ligne. Si les Ă©diteurs partent en guerre contre les gros cabinets (guerre qui sera internationale car les Ă©diteurs comme les gros avocats sont installĂ©s des 2 cotĂ©s de l’atlantique), ils ne publieront plus les Ă©crits des avocats et ne les feront plus parler dans leurs colloques. Les dir.com des cabinets d’avocats vont ĂŞtre assez embĂŞtĂ©s. D’autant que les Ă©diteurs sont aussi ceux qui Ă©tablissent les ranking (classement) de Cabinets (pour un gros cabinet le ranking c’est fondamental vis Ă  vis des clients qui font vivre les gros cabinets - ça s’appelle la mondialisation et c’est pas toujours joli joli).

    Cette guerre mettra aussi les professeurs de droit entre deux feux. Quel risque ne courront-ils pas Ă  soutenir de tels sites ?

    Les avocats se sont battus pour faire reconnaitre Legifrance comme un outil professionnel indispensable - ils sont reprĂ©sentĂ©s en partie comme usagers (par trois associations regroupant divers types d’utilisateurs). Ils ont notamment pesĂ© lourdement sur l’accès aux arrĂŞts d’appel et ne comptent pas lacher le morceau tant qu’un fonds consĂ©quent (25.000 arrĂŞts par an en ligne) ne sera pas disponible.

    MAIS par ailleurs ils n’iront pas maintenant - tout de suite - au casse-pipe.

    Ils attendent de voir ce qui se passera en 2008. Mais je peux dire, pour dialoguer frĂ©quemment avec eux, qu’ils suivent toutes ces Ă©volutions de très très près.

    Comme l’a dit StĂ©phane, diverses personnes dont Jean Baptiste Souffron travaillent Ă  la mise au point de sites libres qui sortiront progressivement en 2007. Ils devraient rĂ©pondre Ă  la plupart des attentes exprimĂ©es dans ce dĂ©bat mais leur existence sera difficile et au dĂ©part sans doute clandestine. Ils auront besoin de votre soutien.

    Ce n’est plus Dallas Ă  ce stade. C’est TatooĂŻne (StarWars Ă©pisode I et IV) voire Hoth (Ă©pisode V). Et l’empire en face a de sacrĂ©s moyens diplomatiques et moins diplomatiques.

    Mais si vous jetez un coup d’oeil sur ce qui se pratique dans d’autres pays d’Europe, voire et surtout outre atlantique, vous constaterez que Legifrance, c’est naze, nul et insatisfaisant au possible, mais qu’Ă  part les Belges, et les Espagnols, personne ne diffuse plus d’information juridique en accès libre que la France. The french paradox strike back.

    Il faut continuer Ă  exprimer haut et fort des besoins et des souhaits. Il y a des adresses e-mails sur le site de Legifrance. Allez-y ! Secouez-les ! Et n’hĂ©sitez pas Ă  faire savoir sur blogs et autres sites que vous voulez mieux. Et surtout Ă  dĂ©crire prĂ©cisement ce que vous voulez. D’une manière ou d’une autre ça sera pris en compte.

    Allez je vous quitte, je dois bricoler le Falcon Millenium de mon cabinet (on appelle ça un intranet).

    OUaomph !

    Lundi 25 sept 2006 à 21:23

  18. Laurent GUERBY a dit :

    J’avais bien Ă©tudiĂ© il y a quelques temps les conditions lĂ©gales de legifrance, visiblement rien n’a changĂ©.

    MĂŞme en payant (ce qui est dans mes moyens), il est strictement impossible (car interdit par la licence) de redistribuer gratuitement l’ensemble des donnĂ©es (qui sont dans le domaine public), donc en particulier de faire un moteur de recherche qui ressemble Ă  quelque chose, des liens stables, utiliser des outils modernes pour montrer les “patch” des nouvelles lois et toute leur histoire, etc…

    Faire payer pour l’acces aux textes de loi maintenant qu’il est possible pour un cout nul de laisser les citoyens s’approprier leur contenu complet est complètement Ă  l’envers de l’esprit des sociĂ©tĂ©s modernes ou “nul n’est censĂ© ignorer la loi”.

    Legifrance utilise le droit des bases de donnĂ©es - qui est une abomination(1) - pour “privatiser” le domaine public.

    J’avais espĂ©rĂ© que les juristes blogueurs auraient pu faire jouer leur rĂ©seaux, mais la cause n’interesse pas grand monde.

    (1) Même les experts de la commission européenne en conviennent désormais :

    http://guerby.org/blog/index.php/2006/02/04/2-le-statut-des-donnees-et-contenus-generes-par-l-administration

    Lundi 25 sept 2006 à 23:34

  19. Stéphane Cottin a dit :

    Je n’ai pas la mĂŞme lecture de la licence lĂ©gifrance. Son article 2 prĂ©voit Ă  mon avis expressĂ©ment le cas de rediffusion gratuite (”Il (le licenciĂ©) utilise les donnĂ©es dans le cadre de l’activitĂ© dĂ©crite en annexe III Ă  la prĂ©sente convention, laquelle prĂ©cise, le cas Ă©chĂ©ant, si le licenciĂ© entend rĂ©aliser une ou des bases de donnĂ©es Ă©ditoriales destinĂ©es Ă  l’Ă©dition de produits en ligne ou hors ligne, en vue d’une diffusion publique ou restreinte, gratuite ou payante.”) :

    Quant au droit des bases de donnĂ©es, dĂ©solĂ© d’avoir dĂ» l’utiliser, mais, dans le cas d’espèce, c’est le seul qu’on avait. Je veux bien ĂŞtre d’accord avec les experts de la commission qui, depuis peu, reviennent sur les idĂ©es de leurs aĂ®nĂ©s, mais pour Ă©tablir une protection de ce qui est objectivement une base de donnĂ©es, on n’a qu’une boĂ®te Ă  outils limitĂ©e en droit positif, je ne voie pas comment (ni pourquoi d’ailleurs) on aurait pu Ă©viter d’utiliser la protection sui generis.

    Mardi 26 sept 2006 à 07:43

  20. groM a dit :

    @Stéphane: je partage votre analyse de la licence Légifrance.

    Une autre chose que l’on peut reprocher Ă  Legifrance pas plus tard que maintenant, c’est sont affreuse lenteur aux heures de travail. Je plein sincèrement les magistrats qui s’en servent Ă  longueur de journĂ©e. LĂ  aussi, assurer de la haute disponibilitĂ©, c’est un vrai mĂ©tier et je serais curieux de connaĂ®tre les moyens matĂ©riels dont le service dispose …

    Tout ça pour dire qu’il me semble grand temps de fonder le CUL, le ComitĂ© des Usagers de LĂ©gifrance, dont l’objet social serait 1) la reprĂ©sentation des usagers particuliers et non-professionnels du droit auprès du SPDDI et 2) la proposition d’amĂ©liorations audit SPDDI. Qui adhère ?

    Mardi 26 sept 2006 à 11:21

  21. Frédéric Rolin a dit :

    Je n’interviens que tardivement dans le dĂ©bat qui est pourtant intĂ©ressant au plus haut point.

    Il me semble qu’il faut distinguer deux questions :

    1°) L’amĂ©lioration de l’alimentation et de l’ergonomie de Legifrance “service de base” gratui et accessible au plus grand nombre. Si Legifranc ne le fait pas lui-mĂŞme, je pense qu’il faudrait que ce soit pris en main par les utilisateurs et la crĂ©ation d’un comoitĂ© d’usagers me paraĂ®t très appropriĂ©e.

    2°) La crĂ©ation de services supplementaires (liaisons texte/jurisrudence…) Ă  valeur ajoutĂ©e qui peut s’envisager soit dans un cadre classique d’Ă©dition juridique Ă©lectronique (et c’est dĂ©jĂ  bien en cours) soit dans un cadre “libre” et sans doute gratuit. Pour ma part, j’ai le plus grand doute sur la faisabilitĂ© d’un produit gratuit de qualitĂ©, et j’en veux pour preuve la pauvretĂ© du wikipedia juridique qui montre bien que le travail cohĂ©rent et organisĂ© des juristes dans l’esprit du “libre” n’est sans doute ni pour demain ni pour après demain.

    En revanche, je pense qu’il y a sans doute moyen de tailler des croupières aux services payants actuellement existant avec un produit moins cher et plus performant car, très sincĂ©rement, aucun des grands Ă©diteurs juridiques que je pratique ne me semble avoir une vue prĂ©cise de ce que les diffĂ©rents types d’utilisateurs peuvent attendre.

    Mardi 26 sept 2006 à 11:49

  22. groM a dit :

    Concernant le second point, je pense que des dĂ©veloppements libres parcellaires peuvent servir Ă  titiller l’Ă©dition juridique. J’ai fait un billet sur LĂ©gifrance, mais je suis aussi un utilisateur des codes Dalloz sur CD, et franchement, on a l’impression qu’ils sont une transposition directe des codes papiers sur ordinateur. La valeur ajoutĂ©e par le passage du papier au CD tient pratiquement uniquement aux fonctions de recherche et Ă  quelques trop rares hyperliens. Un outil libre permettrait de donner des idĂ©es aux Ă©diteurs sur des nouvelles fonctionnalitĂ©s.

    Mardi 26 sept 2006 à 12:01

  23. groM a dit :

    EnvoyĂ© Ă  l’instant au webmaster de LĂ©gifrance:

    Bonjour,

    Usager rĂ©gulier de LĂ©gifrance Ă  la fois pour des motifs professionnels et personnels, j’aimerais faire un certain nombre de suggestions d’amĂ©lioration.

    * Concernant l’accès au service d’abord, force est de constater qu’aux heures de bureau, il est parfois difficile d’accĂ©der Ă  LĂ©gifrance. Il existe des solutions techniques pour cela, j’espère simplement que l’insatisfaction des usagers pourra vous aider Ă  obtenir du financement pour les mettre en place.

    * Le système de session est une vraie calamitĂ© pour les usagers. Si on obtient un article de code et qu’on a le malheur de faire autre choses pendant 5 minutes, la session expire, et il faut retrouver les informations. Cela passe encore quand il s’agit d’un article de code, mais quand c’est un arrĂŞt de la Cour de Cassation, qu’on a mis une demi-heure Ă  trouver l’arrĂŞt de 1978 qui est pertinent avec une recherche multi-critère raffinĂ©e, c’est franchement pĂ©nible.

    * Il est aussi très pĂ©nible de devoir cliquer sur “Etablir un lien” pour faire une rĂ©fĂ©rence vers LĂ©gifrance. Les URL devraient ĂŞtre statiques et ne pas requĂ©rir l’existence d’une session valide.

    * Ce serait magnifique si les références aux articles de loi dans les codes et les arrêts étaient des liens symboliques permettant une navigation fluide.

    * Ce serait magnifique aussi s’il Ă©tait possible, quand on est sur un article de rechercher facilement la jurisprudence qui fait rĂ©fĂ©rence Ă  cet article.

    * Il serait très utile, quand on lit un code, de pouvoir sélectionner la date à laquelle on veut consulter le code. Cela permettrait, en particulier, de bien visualiser les conflits de loi dans le temps.

    * Si vous avez la notion de session, il pourrait ĂŞtre utile de crĂ©er pour chaque visiteur un “panier” attachĂ© Ă  la session dans lequel on pourrait regrouper les documents pertinents. Cela permettrait l’Ă©tablissement d’un dossier complet, qu’il n’y aurait plus qu’Ă  imprimer.

    * Pourquoi ne pas mettre à disposition des versions consolidées des codes en format PDF, pour une consultation hors-ligne ou pour impression ?

    En espĂ©rant que vous pourrez tenir compte de ces diverses remarques, je vous remercie d’avance de votre attention.

    Mardi 26 sept 2006 à 14:09

  24. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    Choubaka: D’oĂą l’intĂ©rĂŞt, dans mon cas, d’avancer masquĂ© dès lors qu’on s’attaque aux positions Ă©tablies d’un oligopole dont l’existence est nuisible Ă  l’intĂ©rĂŞt public.

    Mais j’attends toujours un devis

    Mardi 26 sept 2006 à 17:48

  25. groM a dit :

    J’ai eu une rĂ©ponse: il va falloir patienter un peu pour la version N+1 de LĂ©gifrance.


    Monsieur,

    A l’horizon 2008, une nouvelle version du site est prĂ©vue et nous prenons note de vos observations.

    En vous souhaitant bonne réception de ce message,

    Le Webmestre de Légifrance.

    SLB

    @Donneur de leçons anonyme: si vous voulez un devis, discutons-en par mail :-)

    Mardi 26 sept 2006 à 18:05

  26. Laurent GUERBY a dit :

    StĂ©phane, je ne partage pas du tout ton analyse de la licence. L’article 2 dit clairement (c’est en gras en plus) :

    “Le licenciĂ© ne peut consentir de sous-licences, c’est Ă  dire autoriser un tiers Ă  rĂ©utiliser les donnĂ©es considĂ©rĂ©es.”

    L’article 1.b interdit absolument un chargement substantiel dans le cas d’une licence gratuite (celle de tout internaute).

    Tout est completement privatisé.

    Il est donc impossible de faire comme wikipedia et d’autoriser les utilisateurs a avoir une copie complete chez eux pour en faire ce qu’ils veulent.

    Je suis perplexe sur le fait qu’il y ait obligation de protĂ©ger : c’est legifrance qui a choisi les termes de la licence et legifrance aurait tres bien pu dire “toutes les version electroniques des lois, reglements et jugements sont dans le domaine public. Attention: les documents autres comme les commentaires et rĂ©sumĂ©s de jurisprudence sont soumis au droits de leurs auteurs respectifs, veuillez prendre contact avec eux avant toute diffusion”.

    Frederic Rolin, je suis d’accord pour la communautĂ© de juriste pour la simple raison qu’ils sont les premiers a bĂ©nĂ©ficier financièrement de l’absence de base publique et gratuite de qualitĂ©, ils ont donc toutes les raisons du monde pour ne pas contribuer au wikipĂ©dia juridique.

    La mise a disposition et la recherche des textes de lois, et une partie des liens jugements - texte de lois sont automatisables en tres grande partie par la communauté du logiciel sans connaissance juridique préalable.

    Mardi 26 sept 2006 à 22:36

  27. Frédéric Rolin a dit :

    @ groM : j’avais envoyĂ© en gros la meme lettre l’annĂ©e dernière, et j’avais eu en gros la mĂŞme rĂ©ponse (sauf que la date de 2008 ne figurait pas). le seul acquis, Ă  la suite d’un autre courrier au PrĂ©sident Martin Laprade avait Ă©tĂ© la remise Ă  flot de la base Jade si dĂ©faillante il y a quelques mois.

    Je dois dire que je trouve cette rĂ©ponse très insuffisante : Comment me fera-t-on croire que quelques amĂ©liorations ergonomiques très simples nĂ©cessitent d’attendre une nouvelle version (d’autant que quand l’administration annonce un horizon de deux ans, autant dire, que nous serons tous honoraires ou Ă©mĂ©rites avant qu’elle n’apparaisse effectivement).

    Mercredi 27 sept 2006 à 01:19

  28. groM a dit :

    @StĂ©phane, Laurent: je crois que vous n’avez pas le mĂŞme chose en tĂŞte. Il est tout Ă  fait possible de faire un site Ă  destination du grand public qui prĂ©sente les donnĂ©es LĂ©gifrance. L’utilisateur final ne les reproduit ni ne les exploite au sens du code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle, on ne peut donc dĂ©cemment soutenir qu’il ait besoin d’une licence. Par contre, si comme Laurent en a l’idĂ©e, il s’agissait de redistribuer les bases de donnĂ©es LĂ©gifrance pour que chaque utilisateur ait le droit Ă  son tour, de les exploiter, lĂ  on serait sans doute en fraude de la licence.

    Ceci dit, ce qui est dĂ©licat dans les bases lĂ©gifrance, c’est qu’une partie du contenu de ces bases est effectivement dans le domaine public (par exemple c’est le cas des textes de loi), tandis qu’une autre part est protĂ©gĂ©e: je pense Ă  la structure de donnĂ©e, mais aussi peut-ĂŞtre Ă  certaines mĂ©ta-informations comme les rĂ©sumĂ©s ou les listes de mots clĂ©s. Dans quelle mesure est-il alors possible d’extraire ces information libres de droit sans enfreindre ni l’article L. 342-1 CPI ni l’article 3 de la licence ?. Mystère et boule de gomme.

    Mercredi 27 sept 2006 à 09:37

  29. groM a dit :

    @FrĂ©dĂ©ric Rolin: oui, deux ans, pour un projet comme ça et vu les moyens qui sont dĂ©ployĂ©s, c\’est TRES long.

    D\’un point de vue philosophique, je ne comprends pas pourquoi les projets informatiques sponsorisĂ©s par l\’etat fonctionnent très souvent dans la mythologie du grand soir plutĂ´t que de viser des amĂ©liorations graduelles et progressives. Cela limiterait les risques et cela coĂ»terait sans doute moins cher.

    Dans le cas de LĂ©gifrance, certaines modifications suggĂ©rĂ©es exigent sans doute des modifications importantes du site; je pense par exemple Ă  la disparition du mĂ©canisme de session. D\’autre pourraient sans doute ĂŞtre mises en oeuvre rapidement, sans attendre une version 2008, comme par exemple la mise en ligne de codes au format PDF.

    Pour terminer, puisque nous savons de source sĂ»re que les magistrats utilisent Legifrance dans leur travail quotidien, l\’amĂ©lioration de la productivitĂ© de la justice, un sujet porteur ces derniers temps, pourrait commencer par mettre Ă  leur disposition des outils performants. Au prix de l\’heure de magistrat, ce serait pas du luxe.

    Mercredi 27 sept 2006 à 09:44

  30. Frédéric Rolin a dit :

    Ma dĂ©marche individuelle, l’annĂ©e dernière, n’avait rencontrĂ© qu’un Ă©cho poli, mais je pense qu’une dĂ©marche plus collective, et peut-ĂŞtre plus “mĂ©diatisĂ©e”, au moins sur nos sites, aurait peut ĂŞtre plus d’impact.

    Mercredi 27 sept 2006 à 10:37

  31. Anonymous a dit :

    Pour ĂŞtre limpide, s’il n’y avait pas un Ă©vident bĂ©nĂ©fice politique pour les partisans de la construction d’un certain patrimoine public du savoir Ă  laisser une situation Ă©voluant Ă  son rythme vers une dĂ©crĂ©pitude de plus en plus visible imposer de par sa seule existence certains constats Ă  des acteurs notoirement constructifs, mais donc l’attention est gĂ©nĂ©ralement accaparĂ©e par d’autres sujets, l’affaire serait depuis longtemps rĂ©glĂ©e.

    Mais puisqu’il faut bien avoir une certaine foi en l’homme, je ne doute pas une seconde du fait que ces mĂŞmes partisans se rallieraient rapidement Ă  toute initiative assumant d’une part la part d’oeuvre politique et sociale qui ne saurait ĂŞtre absente d’une telle oeuvre, et d’autre part, un arbitrage en faveur d’une certaine logique parmi les possibles y compris au sein des plus honorĂ©es corporations.

    Car, après tout, le monde ne cessera pas de tourner si tout ceci ne vient jamais. Des Ă©quilibres Ă©volueront, tout simplement, l’important demeurant que celui qui oeuvre consciemment en faveur de l’homme soit favorisĂ© par rapport Ă  celui qui oeuvre par simple intĂ©rĂŞt.

    Mercredi 27 sept 2006 à 11:29

  32. Laurent GUERBY a dit :

    groM, l’article 1.b est pourtant parfaitement clair :

    b) Licence sans coût de mise à disposition :

    L’autorisation porte sur toutes donnĂ©es relevant des bases susmentionnĂ©es, Ă  la double condition que, d’une part, le licenciĂ© se chargera de les tĂ©lĂ©charger lui-mĂŞme, sans utiliser de robot, et que, d’autre part, ces tĂ©lĂ©chargements ne porteront en aucun cas sur la totalitĂ© d’un ensemble de donnĂ©es (en stock ou en flux apprĂ©ciĂ© sur 12 mois consĂ©cutifs) figurant au catalogue de l’opĂ©rateur reproduit en annexe I.

    Il est donc interdit de mettre une proportion significative (en pratique moins de quelques pourcent, je ne suis mĂŞme pas sur qu’un seul pourcent passerait), il n’y a aucun moyen d’Ă©chapper a l’article L 342-1 du CPI et c’est sans surprise car il a Ă©tĂ© fait prĂ©cisemment pour privatiser le domaine public.

    DĂ©ja que je trouve ce droit des bases de donnĂ©es abominable, en plus ici il s’agit de priver le citoyen de la loi qui n’est pas censĂ© ignorer et qui est le fondement de nos dĂ©mocraties modernes.

    Jeudi 28 sept 2006 à 21:18

  33. Stéphane Cottin a dit :

    Les rĂ©dacteurs des textes sont toujours les plus mauvais commentateurs, et ils sont toujours dĂ©solĂ©s quand ceux Ă  qui ils sont destinĂ©s ne les comprennent pas : c’est vrai que la situation des bdd juridiques est issue d’une histoire très complexe et très ancienne, et que les intĂ©rĂŞts en jeu ne concernent pas directement le “grand public” (ceci dit sans ĂŞtre pĂ©joratif, au contraire) et dĂ©passent largement le cadre du monde juridique (en clair, il est question de très gros sous et de taux de rentabilitĂ© de CA Ă  deux chiffres exigĂ©s par des fonds de pension : ceux qui ont accès aux notes du GFII, notamment la n° 777, pourront le confirmer)

    Mais je vais essayer d’ĂŞtre clair et d’expliciter la diffĂ©rence entre le a et le b du 1 de la licence legifrance (vous ne pouvez pas imaginer combien il a Ă©tĂ© difficile de le faire admettre Ă  tous les acteurs du secteur - je ne veux nommer personne en particulier, mais tout le monde sait qui a fait, et perdu, les diffĂ©rents REP contre les dĂ©crets en 96 et 2002 : je me rends parfaitement compte que je suis Ă  la limite de la diffamation ici : tant pis, j’assume)

    1.a : Les licences avec coĂ»t de mise Ă  disposition (1.a) permettent Ă  tout licenciĂ© d’utiliser les donnĂ©es dans le cadre prĂ©vu Ă  l’annexe III (Ă  dĂ©finir avec le comitĂ© legifrance, et qui n’est pas prĂ©cisĂ© par avance : c’est du contractuel = si tu arrives Ă  convaincre le comitĂ© que tu veux rediffuser les donnĂ©es gratuitement, tant mieux, et je peux confirmer que c’est possible et que c’est arrivĂ© : c’est mĂŞme d’ailleurs explicitement prĂ©vu un peu plus loin en italique (bizarre non comme choix de caractère, c’est voulu, c’est fait pour ĂŞtre vu ;-) : Cas oĂą le licenciĂ© dont l’activitĂ© est dĂ©crite en annexe III est un organisme accueillant des usagers, tel qu’ un Ă©tablissement d’enseignement ou une bibliothèque : cette disposition ne fait pas non plus obstacle Ă  ce que les usagers du licenciĂ© rĂ©utilisent les donnĂ©es obtenues par son intermĂ©diaire, Ă  la condition que le licenciĂ© veille Ă  leur faire respecter eux-mĂŞmes les engagements de l’article 3 de la prĂ©sente convention.)

    Enfin et surtout, le deuxième paragraphe permet Ă  un licenciĂ© payant d’Ă©tendre sans coĂ»t l’accès Ă  des donnĂ©es pour lesquelles il n’a pas payĂ© de licences, du moment qu’il n’abuse pas de ce droit.

    1.b Les licences sans coĂ»t de mise Ă  disposition (donc “gratuites”, mais on n’a pas pu l’Ă©crire, mais cela me semblait clair) sont ici admises du bout des lèvres dans le 1.b : du moment que l’usager n’abuse pas (lĂ  encore, je ne veux nommer personne, mais il est clair que les lenteurs de legifrance que tout le monde regrette avec raison sont essentiellement dues Ă  des robots aspirateurs et Ă  des petits malins qui ne veulent pas payer de licences et qui bloquent l’accès aux utilisateurs citoyens en saturant la bande passante)

    En clair : si les gros utilisateurs voulaient bien se payer une bonne fois pour toute une licence, d’une part ils feraient des Ă©conomies substantielles en ayant les donnĂ©es brutes chez eux (et ils pourraient mĂŞme les rediffuser si ça les amuse), et d’autre part ils laisseraient la place aux utilisateurs occasionnels

    Merci de faire passer le mot aux services informatiques de vos universitĂ©s et de vos bibliothèques qui n’ont toujours pas compris que pour 2000 euros par an de coĂ»t technique de mise Ă  disposition de donnĂ©es, ils pourraient offrir un service de qualitĂ© Ă  leurs Ă©tudiants en proposant JADE, CASS ou mĂŞme LEGI sur des bandes passantes plus larges et Ă©ventuellement avec des moteurs de meilleure qualitĂ©.

    DĂ©solĂ©, on n’a pas pu aller jusqu’aux licences libres (cette fois-ci ? : on doit revoir les règles pour 2008) : aucune licence du monde du libre ne satisfait exactement aux exigences des donnĂ©es publiques. LĂ  aussi, je ne peux pas entrer dans les dĂ©tails, mais l’exigence de sĂ©curitĂ© juridique interdit de modifier la donnĂ©e brute sans qu’elle perde son caractère officiel. Sous-entendu, une fois modifiĂ©e, la donnĂ©e n’est plus publique. Je vous laisse gloser sur le paradoxe.

    Vendredi 29 sept 2006 à 01:24

  34. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    Merci pour votre franchise, Monsieur Cottin. C’est quand mĂŞme rassurant de savoir quelle profondeur le dĂ©bat a atteint Ă  un moment ou Ă  un autre. Peut-ĂŞtre alors faut-il prĂ©ciser que personne, et notamment personne au sein des partisans, je crois, ne souhaite refuser Ă  la puissance publique l’honneur de raisonner les parties, puisque nulle partie intĂ©ressĂ©e (juristes, Ă©tudiants, individus intĂ©ressĂ©s par le thème en gĂ©nĂ©ral) ne semble trouver la situation suffisament ingĂ©rable pour faire don de lui-mĂŞme pour que les choses changent.

    Chacun choisira donc combien de temps il faudra attendre Godot, sous l’oeil intĂ©ressĂ© et parfois perplexe de la banquise.

    Vendredi 29 sept 2006 à 13:44

  35. groM a dit :

    @Donneur de leçons anonyme: Ne croyez pas que les individus intéressés par le thème, dont certains sont aussi des étudiants et/ou des juristes, restent complètement inactifs. Mais il est trop tôt pour en parler davantage.

    Vendredi 29 sept 2006 à 16:44

  36. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    Vivi. Dont acte. Si vous avez besoin de quelque chose, “make a wish”. Un voeu lancĂ© sur internet trouve parfois un Ă©cho innattendu (repensez donc Ă  ce qui advint Ă  Etienne Chouard)

    Vendredi 29 sept 2006 à 17:13

  37. Laurent GUERBY a dit :

    StĂ©phane Cottin, honte Ă  ceux qui saturent le site, mais il faut bien avouer que lĂ©gifrance Ă  tout fait pour …

    Donc je te prends au mot, et je vais donc faire une demande de licence payante en expliquant clairement que je suis 1/ un particulier (a moins que des personnes souhaitent mettre en place une association, me contacter), 2/ que j’autoriserai le chargement complet et a terme des nouveaux services a partir du site, 3/ et que respecterai et afficherai clairement les obligations de l’article 3 mais que je n’ai bien sur aucun moyen magique de le faire respecter, et que je me contenterai de signaler a legifrance les violations si j’en trouve une (je ne payerai pas pour des poursuites).

    On verra si ce que tu nous racontes est vrai, le texte de ma demande sera sur mon blog d’ici fin octobre pour que tu puisses le commenter si tu le souhaites avant que je l’envoie.

    Vendredi 29 sept 2006 à 22:36

  38. groM a dit :

    Si votre demande est acceptée, Laurent, je sens que je vais fréquenter régulièrement votre site :-)

    Vendredi 29 sept 2006 à 22:50

  39. Laurent GUERBY a dit :

    groM, a mon avis c’est sans danger, ma demande sera refusĂ©e :)

    Dimanche 1 oct 2006 à 00:38

  40. Le vengeur masqué a dit :

    Je suis très ignorant en mtière informatique.
    Mais, franchement, dĂ©crier le Site lĂ©gifrance, comme beaucoup d’intervenants ont semblĂ© le faire dans cette discussion, me semble profondĂ©ment injuste.
    Reportez-vous simplement quelques annĂ©es en arrière, oĂą la recherche de la jurisprudence supposait la consultation du Bulletin des arrĂŞts de la Cour de cassation et d’autres revues pour les arrĂŞts non publiĂ©s au Bulletin.
    La connaissance de la jurisprudence de la Cour de cassation est devenue plus facile, plus complète et gratuite.
    Personnellement je trouve le moteur de recherche Légifrance, dont je fais un usage quotidien pour la jurisprudence, très satisfaisant.
    Legifrance me semble un site bien pensĂ© au point de vue de son ergonomie et offre des liens vers notamment les sites de juridictions europĂ©ennes, de la Cour de cassation…
    Il me semble fonctionner plutôt rapidement - avec ADSL 10 M°
    J’aurais plutĂ´t tendance Ă  trouver les moteurs de recherche des sites Ă©quivalents Ă©trangers (Belgique, Suisse, Pologne, Canada), que j’ai pu consulter parfois, comme infĂ©rieurs ou bien c’est moi qui ne sais pas les utiliser convenablement.

    Jeudi 5 oct 2006 à 14:57

  41. patrick a dit :

    Bonjour,
    J’arrive un peu après le gros des dĂ©bats, mais ce fil de discussions correspond Ă  ce que je cherche depuis un moment, aussi je me lance , dans l’espoir d’avoir un avis de spĂ©cialistes de la chose juridique sur ça : http://reglements.net

    Ce petit outil a Ă©tĂ© mis au point pour un usage personnel*, il me semble que d’autres pourraient en profiter mais un doute sournois m’empĂŞche pour l’instant de “l’ouvrir” davantage. D’autant que le moteur de recherches par expressions pourrait se voir doter d’un accès Ă  l’intĂ©gralitĂ© des articles (Lois et Codes). Sachant que j’ai lu, comme vous, la page des licences de LĂ©giFrance, lĂ  est le frein au dĂ©collage de cet outil : l’intĂ©gralitĂ© des articles. L’outil “pourrait” le faire (très facilement, vraiment), mais le peut-il sans que la foudre lui tombe sur la tĂŞte ?

    Vos avis sur la question me seraient fort utiles pour continuer. Je prĂ©cise que c’est parceque je partage vos “agaceries” sur le site LĂ©giFrance que j’ai Ă©tĂ© amenĂ© Ă  le mettre au point, et que sa mise en ligne est un ballon d’essai pour voir si, vraiment, l’accès au Droit peut ĂŞtre libre et… facile. Et si, accessoirement, ce bidule parait intĂ©ressant Ă  d’autres que moi.

    Merci par avance des réponses (mail où ici)

    Patrick

    (* je ne suis pas juriste. Pas informaticien non plus. Enfin, quelques bases, tout de mĂŞme, mais surtout une bonne dose d’Ă©nervement Ă  surfer sur le site de qui-vous-savez)

    Mardi 10 oct 2006 à 13:21

  42. guillaume pernot a dit :

    tous unis ! :)
    notre modeste contribution au débat.

    c’est en construction, mais ça laisse augurer de ce que sera la suite ;)

    Dimanche 19 nov 2006 à 14:40

  43. BloghorrĂ©e » La codification peut ĂŞtre corsĂ©e … a dit :

    […] Mon CGCT datant de 2003, j’incrimine aussitĂ´t l’incurie d’une maison d’Ă©dition bien connue, et me prĂ©cipite vers LĂ©gifrance. HĂ©las, l’incurie de cette dernière, dĂ©jĂ  dĂ©noncĂ©e dans nos colonnes et dans d’autres, me retourne un Server not Found dans les gencives. Regasp. […]

    Dimanche 26 nov 2006 à 00:14

  44. Emmanuel Barthe a dit :

    Pour ceux qui veulent une (tentative de) synthèse sur le dĂ©bat et mon avis personnel, j’ai pondu ceci :

    Legifrance : critique et défense
    http://www.precisement.org/blog/article.php3?id_article=148&recalcul=oui

    Merci aux commentateurs de ce billet, certains de leurs propos ou explications m’ont permis d’amĂ©liorer l’article supra.

    Jeudi 18 jan 2007 à 00:22

  45. secret a dit :

    tout ceci est faux

    Mardi 23 jan 2007 à 23:34

  46. JB a dit :

    Essayer donc de consulter la lĂ©gislation allemande et quĂ©becoise… !!! Et apprenez Ă  savourer un peu ce que vous avez :!

    Jeudi 15 fĂ©v 2007 à 12:15

  47. groM a dit :

    @JB: Au contraire, poussons pour prĂ©server l’excellence du service public de l’accès au droit Ă  la française !

    Jeudi 15 fĂ©v 2007 à 13:03

  48. dé-troll-eur masqué a dit :

    @ secret : qu’est ce qui est faux ? que secret est un troll ? :-)

    Mercredi 25 avr 2007 à 16:39

  49. EraBlog - 5 janvier 2008, un grand jour pour Légifrance ? a dit :

    […] La première, c’est que LĂ©gifrance 2.0, cette ArlĂ©sienne dont on nous parle sur les meilleurs blogs (et que j’avais, un temps, annoncĂ©), c’Ă©tait pas des blagues pour remettre aux calendes grecques les très, très, très nombreuses revendications de ses usagers. Peut-ĂŞtre mĂŞme les a-t-on entendu… […]

    Jeudi 29 nov 2007 à 21:59

  50. olivier a dit :

    Bonjour,

    j’arrive après la bataille…mais je rĂ©ponds quand mĂŞme au premier commentateur (anonymous) qu’avec ce genre de, de, …disons raisonnement, on va se retrouver Ă  construire notre bagnole nous mĂŞme.

    Ensuite, je suis Ă©tonnĂ© de la dĂ©bauche de considĂ©rations techniques et Ă©sotĂ©riques qui encombrent ces commentaires…les moyens l’auraient-ils emportĂ© sur la fin ?

    Enfin, oui, LĂ©gifrance est lourd d’utilisation et imparfait…sous rĂ©serve d’ĂŞtre quand mĂŞme plus accessible que la masse de papier qu’il rĂ©prĂ©sente. EspĂ©rons que le progrès continuera sa course.

    Jeudi 27 dĂ©c 2007 à 16:48

  51. Anonymous a dit :

    faudra voir Ă  actualiser le topic sur “pour ou contre lĂ©gifrance”:le site a Ă©tĂ© remaniĂ© et les codes sont disponibles en version PDF tĂ©lĂ©chargeables rĂ©actualisĂ©es… moins de blabla sans revoir sa copie, pitiĂ©!

    Mardi 13 mai 2008 à 13:24

  52. groM a dit :

    @Anonymous: je vous en prie, faites.

    Mercredi 14 mai 2008 à 10:34

  53. Anonymous a dit :

    Au QuĂ©bec, mĂŞme les textes de loi sont payants. Et je vous rassure : la qualitĂ© est largement INFERIEUR Ă  LĂ©gifrance. Pas content ? Va voir ailleur !!! Perso, depuis que j’habite l’Ă©tranger, j’ai conscience de la CHANCE d’ĂŞtre Français

    Vendredi 23 mai 2008 à 15:53

  54. Giroud a dit :

    Au QuĂ©bec, mĂŞme les textes de loi sont payants. Et je vous rassure : la qualitĂ© est largement INFERIEUR Ă  LĂ©gifrance. Pas content ? Va voir ailleur !!! Perso, depuis que j’habite l’Ă©tranger, j’ai conscience de la CHANCE d’ĂŞtre Français

    Vendredi 23 mai 2008 à 15:53

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