Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Dimanche 1 octobre 2006

On va pas en faire un fromage …

Posté dans Autres, Droit pĂ©nal par groM

Ce matin, muni de ma liste de commissions et de ma progĂ©niture, j’errais dans les allĂ©es peu hospitalières d’un supermarchĂ© de banlieue parisienne, quand, arrivĂ© au rayon fromage, j’avisai un camembert artisanal de bonne apparence, dont je m’emparai bientĂ´t. LĂ , stupeur: un examen rapide de l’emballage m’apprit que celui-ci n’Ă©tait point de fabrication normande, mais bien d’origine rambolitaine. Moi qui Ă©tait persuadĂ© que le Camembert Ă©tait protĂ©gĂ© par une AOC … dieu merci, le droit et LĂ©gifrance volèrent Ă  mon secours et Ă©clairèrent bientĂ´t ma lanterne.

L’AOC “Camembert de Normandie”

Comme nous en informe avec lyrisme l’article L. 115-1 du code de la consommation, “constitue une appellation d’origine la dĂ©nomination d’un pays, d’une rĂ©gion ou d’une localitĂ© servant Ă  dĂ©signer un produit qui en est originaire et dont la qualitĂ© ou les caractères sont dus au milieu gĂ©ographique, comprenant des facteurs naturels et des facteurs humains.” Les amateurs de propriĂ©tĂ© intellectuelle seront curieux d’apprendre qu’une dĂ©nomination d’AOC ne peut tomber dans le domaine public.

Pour connaĂ®tre la procĂ©dure d’attribution des AOC, il faut se reporter aux articles L. 641-1-1 Ă  L. 641-4 du code rural. On y apprend que chaque AOC est créée par un dĂ©cret, sur proposition de l’INAO, l’institut national des appellations d’origine. Pour ĂŞtre Ă©ligible au titre d’appellation d’origine contrĂ´lĂ©e, les produits concernĂ©s doivent bĂ©nĂ©ficier d’une notoriĂ©tĂ© avĂ©rĂ©e et leur production faire l’objet d’un contrĂ´le. “Le dĂ©cret [crĂ©ant l’AOC] dĂ©limite l’aire gĂ©ographique de production et dĂ©termine les conditions de production et d’agrĂ©ment du produit.

C’est ainsi que, s’agissant de l’AOC “camembert de Normandie”, un dĂ©cret du 29 dĂ©cembre 1986 confirme logiquement que “la production du lait utilisĂ© pour la fabrication [des camemberts] doit ĂŞtre effectuĂ©e dans l’aire gĂ©ographique qui s’Ă©tend au territoire des dĂ©partements du Calvados, de l’Eure, de la Manche, de l’Orne et de la Seine-Maritime” et que “les fromages bĂ©nĂ©ficiant de ladite appellation d’origine doivent avoir Ă©tĂ© fabriquĂ©s, fleuris, affinĂ©s et conditionnĂ©s dans les fromageries situĂ©es Ă  l’intĂ©rieur de cette aire gĂ©ographique dĂ©limitĂ©e.” Pour ce qui est de la production, les amateurs seront ravis de savoir que, selon les termes du dĂ©cret, “le caillĂ© est moulĂ© Ă  l’aide d’une louche dont le diamètre correspond Ă  celui du moule ; l’opĂ©ration est effectuĂ©e de façon discontinue avec un minimum de quatre remplissages successifs par moule.

Notre camembert yvelinois ne peut donc manifestement se prĂ©valoir du titre de “camembert de Normandie”. Risque-t-il pour autant les foudres normandes ?

La protection des AOC

L’article L115-3 du code de la consommation permet en effet au dĂ©cret de dĂ©finition de l’AOC d’interdire l’apposition de “toute indication pouvant provoquer une confusion sur l’origine des produits.” Et le dĂ©cret camembert ne s’en prive pas: son article 7 dispose ainsi que “l’emploi de toute indication, de tout mode de prĂ©sentation ou de tout signe susceptible de faire croire Ă  l’acheteur qu’un fromage a droit Ă  l’appellation d’origine “Camembert de Normandie” alors qu’il ne rĂ©pond pas Ă  toutes les conditions fixĂ©es par le prĂ©sent dĂ©cret est poursuivi conformĂ©ment Ă  la lĂ©gislation en vigueur sur la rĂ©pression des fraudes et sur la protection des appellations d’origine.

L’action en interdiction de l’usage de l’AOC est alors assez largement ouverte devant le tribunal de grande instance, puisqu’elle appartient Ă  toute personne qui s’estime, directement ou indirectement, lĂ©sĂ©e, ainsi qu’Ă  tout syndicat professionnel ou association constituĂ© depuis 6 mois. Elle donne lieu Ă  une publicitĂ© dans la zone de production.

Mais la protection des AOC va plus loin et est sanctionnĂ©e pĂ©nalement. C’est ainsi que l’article L115-16 du code de la consommation dispose que “quiconque aura soit apposĂ©, soit fait apparaĂ®tre, par addition, retranchement ou par une altĂ©ration quelconque, sur des produits, naturels ou fabriquĂ©s, mis en vente ou destinĂ©s Ă  ĂŞtre mis en vente, des appellations d’origine qu’il savait inexactes sera puni des peines prĂ©vues Ă  l’article L. 213-1 . Sera puni des mĂŞmes peines quiconque aura utilisĂ© un mode de prĂ©sentation faisant croire ou de nature Ă  faire croire qu’un produit bĂ©nĂ©ficie d’une appellation contrĂ´lĂ©e,” peines qui s’Ă©lèvent Ă  deux ans de prison et 37500 euros d’amende. L’action civile est largement ouverte puisque peuvent se constituer partie civile les mĂŞmes personnes que celles qui peuvent engager l’action en interdiction d’usage de l’AOC de l’article L115-8.

Heureusement, il y a la jurisprudence

Notre camembert francilien ne prĂ©tend pas ĂŞtre un “camembert de Normandie”: seule figure sur l’emballage la mention de “camembert”. Toutefois, n’y a-t-il pas lĂ  matière Ă  faire croire qu’il s’agit bien d’un vrai camembert ? Un arrĂŞt de la chambre criminelle de la cour de cassation du 6 fĂ©vrier 2001 donne des indications prĂ©cieuses sur un cas d’une similaritĂ© troublante. Un certain M. Fol produisait en effet de l’Ă©poisse sous le nom “d’Ă©poisse affinĂ©e au Chablis”, sans pour autant rentrer dans la dĂ©finition de l’AOC “Ă©poisse de Bourgogne”. En appel, la cour l’a relaxĂ© des fins de poursuite en avançant que “[le dĂ©cret instituant l’AOC “Ă©poisse de Bourgogne”] n’a entendu protĂ©ger que la dĂ©nomination Epoisses de Bourgogne, et non celle d’Epoisses.” La cour de cassation renvoie sèchement la cour d’appel dans ses buts, et donne de prĂ©cieux indices, en gras ci-dessous:

Mais attendu qu’en se dĂ©terminant par ces motifs inopĂ©rants […] sans s’expliquer sur le caractère commun ou gĂ©nĂ©rique du nom ” Epoisses ” ni rechercher si l’emploi de cette dĂ©nomination, dans les circonstances de la cause, ne constituait pas, au regard de l’article 13 du règlement 2081-92-CEE du 14 juillet 1992 relatif Ă  la protection des indications gĂ©ographiques et des appellations d’origine des produits agricoles et des denrĂ©es alimentaires, une usurpation, une imitation ou une Ă©vocation, par rapport Ă  la dĂ©nomination complète, et n’Ă©tait pas de nature Ă  induire le public en erreur sur l’origine des produits, la cour d’appel n’a pas donnĂ© de base lĂ©gale Ă  sa dĂ©cision

Ainsi, pour savoir si le camembert rambolitain usurpe l’appellation “camembert de Normandie”, il faudra se demander si, d’une part, le terme de camembert est devenu un terme commun, et d’autre part, voir s’il y a risque d’induire le public en erreur. Dans l’espèce, je dois avouer craindre que la fromagerie yvelinoise ne soit en tort, et ce malgrĂ© tous les mĂ©rites de son fromage. Le camembert Ă©voque en effet immanquablement, dans l’esprit du public, un fromage normand et tout, dans l’intitulĂ© comme dans la prĂ©sentation du produit incriminĂ©, porte Ă  croire qu’il s’agit d’un camembert plus vrai que nature. Haro donc sur Rambouillet

PS: je dĂ©fie la bloigosphère d’Ă©crire un article plus dĂ©finitivement français.
PPS: il Ă©tait vraiment bon, ce camembert. D’ailleurs, il a pas passĂ© la soirĂ©e.

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22 commentaires

  1. Erasoft a dit :

    Après les blogs “ma petite vie inutile”, voici maintenant venir les blogs “ma petite vie inutile en droit” :D Ca me fait penser Ă  quelqu’uns de mes “dĂ©lires”, au demeurant très instructifs, qui me servent pour dĂ©montrer que, oui, mon bon monsieur, le droit est partout !

    Instructif et appétissant :D !

    Lundi 2 oct 2006 à 02:55

  2. groM a dit :

    Je dois avouer que cette histoire m’a beaucoup amusĂ©, en particulier l’arrĂŞt Ă©poisse, qui Ă©tait vraiment trop beau pour ĂŞtre vrai :-)

    Lundi 2 oct 2006 à 06:55

  3. Berlol a dit :

    Il existe depuis longtemps un “Camembert de Hokkaido”, du nom de l’Ă®le du nord du Japon, il est vendu en boĂ®te de carton comme le Boursin et les “meilleures” marques le prĂ©sentent ensuite dans une boĂ®te mĂ©tallique, un peu comme les sardines, ou le pâtĂ© HĂ©naff…
    Quant au goĂ»t, je peux dire, pour en avoir goĂ»tĂ©, que cela ne ressemble Ă  rien, parce que cela n’a aucun goĂ»t. On peut essayer de le laisser “se faire” mais rien ne se fait car il n’a rien Ă  faire.
    À tout prendre, les Yvelines sont un meilleur parti.

    Lundi 2 oct 2006 à 09:48

  4. groM a dit :

    Non pitiĂ© ! Ne m’obligez pas Ă  chercher si la France et le Japon sont parties Ă  une convention internationale qui protège les appellations d’origine !

    Lundi 2 oct 2006 à 09:52

  5. Frédéric Rolin a dit :

    Un article “dĂ©finitvement français” ? vous plaisantez j’espère. Superdupont, lui, n’aurait jamais acceptĂ© de toucher un camembert qui ne fĂ»t pas authentiquement normand. Vous avez plutĂ´t Ă©crit un article Ă  la gloire de l’anti-France, cet infâme groupe que pourchasse Superdupont.

    Lundi 2 oct 2006 à 10:06

  6. groM a dit :

    Damned, je suis dĂ©masquĂ© ! Puisque c’est ça, je vais vendre du vin de Montmartre sous l’appellation “Bordeaux Premier Grand Cru ClassĂ©” [rire sardonique] !!

    Lundi 2 oct 2006 à 10:29

  7. Donneur de leçons anonyme. a dit :

    groM: Vous voyez !! La libĂ©ration de LĂ©gifrance n’est ni une fin, ni un moyen : juste une Ă©tape.

    Lundi 2 oct 2006 à 12:42

  8. groM a dit :

    Une fin en soi, certainement pas. Un moyen de faire ce que je veux avec ses bases de données, certainement. Une étape vers un accès plus facile au droit, sans doute.

    Lundi 2 oct 2006 à 13:41

  9. groM a dit :

    @Berlol: bon alors … il y a effectivement une convention internationale relative Ă  la protection des appellation d’origine, c’est l’arrangement de Lisbonne. La France y est partie, mais pas le Japon. Donc, votre camembert en tube va pouvoir prospĂ©rer, Ă  moins qu’il y ait d’autres conventions applicables que j’ignore …

    Lundi 2 oct 2006 à 14:19

  10. Eddy Gordo a dit :

    Je vis en Islance et je dois me taper un camembert immonde produit sur place qui de surcroit coute horriblement cher. Ce dit “camenbert” ne pèse qu’environ 150g au lieu des 250g requis.
    Sur le Rocher (Islande) on peut aussi trouver de la fetta, bien entendu, produite sur place, Ă  base de lait de vache (quelle horreur). Alors qu’une dĂ©cision de la court europĂ©enne de justice avait donnĂ© raison aux Grecs en reconnaissant que le fromage si dĂ©nommĂ© fetta ne pouvait qu’ĂŞtre produit que dans la pĂ©ninsuke hellĂ©nique.
    M’enfin…

    Lundi 2 oct 2006 à 20:25

  11. FrédéricLN a dit :

    Ce camembert provenait-il de la Bergerie Nationale ? Dans ce cas, considĂ©rons gĂ©nĂ©reusement que le champ de compĂ©tences d’icelle inclut la Normandie et autres rĂ©gions d’AOC ! Vive le service public !

    Mardi 3 oct 2006 à 09:44

  12. dick a dit :

    ben dĂ©jĂ  tu vas dans un super marchĂ© avec ta progĂ©niture en plus, et tu en apelle a une Ă©thique incertaine, va au bio, la aussi il y a de drole de truc qui s’y trame mais bon,comment foutre les pieds dans un super marchĂ© sans le sentiment de participer a la laideur la vulgaritĂ© du systĂ©me marchand , la honte de voir ces troupeaux au caisses,peut on encore modĂ©rer son esclavage,la conventions c’est de baissĂ© les yeux,dans ton camenbert plein de pesticides et autres saloperies mĂŞme normand,enfin ce n’est pas le sujet..dĂ©risoire

    Mardi 3 oct 2006 à 13:17

  13. h63 a dit :

    Le broussard, camembert néo-calédonien

    Mardi 3 oct 2006 à 14:27

  14. h63 a dit :

    oops ! ici : http://www.camembert-country.com/18_07.jpg

    Mardi 3 oct 2006 à 14:28

  15. groM a dit :

    @FrédéricLN: négatif, la bergerie est hors du coup. Je tairai le nom du producteur, cela lui évitera des poursuites et une publicité supplémentaire.

    @dick: Oui, et je le revendique, je prĂ©fère aller au supermarchĂ© qui est Ă  5 minutes de chez moi plutĂ´t qu’Ă  la boutique bio la plus proche, qui est Ă  une demi-heure. Cela me permet de profiter pendant 50 minutes supplĂ©mentaires de mon fils et de ma femme, et ça mĂ©rite bien de bouffer de la merde manger des aliments de piètre qualitĂ© .

    Mercredi 4 oct 2006 à 13:59

  16. groM a dit :

    Remarque additionnelle: l’existence, y compris sur le territoire national, d’un grand nombre de “Camembert” d’origine exotique peut montrer 1) que mon raisonnement ne tient pas 2) que les fabricants de Camembert de Normandie sont moins procĂ©duriers que les fabricants d’Epoisse de Bourgogne.

    Mercredi 4 oct 2006 à 14:01

  17. Charles a dit :

    Je ne pense pas que les fromagers normands soient moins procĂ©duriers que les bourguignons. La recette et les caractĂ©ristique d’un fromage pouvant ĂŞtre vendu sous le nom “camembert” sont en effet dĂ©posĂ©es au Codex Alimentarius

    www.codexalimentarius.net/download/standards/218/CXS_C33f.pdf

    moyennant quoi tous les camemberts ne se proclamant pas “de Normandie” et satisfaisant ces critères sont vendus lĂ©galement. Je crois me souvenir que ce dĂ©pĂ´t de recette est un compromis qui a mis fin Ă  un contentieux avec des fabriquants allemands vendant des “camemberts” carrĂ©s (sous rĂ©serve).
    Du reste, j’ignore le statut et la portĂ©e juridique exacte de ce texte de droit international, prĂ©sentĂ© ici

    http://www.codexalimentarius.net/web/index_fr.jsp

    Entre autres, j’ignore si le Japon en est partie prenante.

    Bon je fais le boulot buissonnier moi. Je retourne gagner mon pain. Pour aller avec le camembert de ce soir.

    Mercredi 4 oct 2006 à 15:27

  18. groM a dit :

    J’ai l’impression que le Codex n’a qu’un caractère incitatif:

    L’harmonisation des normes alimentaires est gĂ©nĂ©ralement jugĂ©e comme pouvant contribuer Ă  protĂ©ger la santĂ© des consommateurs et faciliter le plus possible le commerce international. C’est pourquoi les accords du Cycle d’Uruguay sur l’application des mesures sanitaires et phytosanitaires et les obstacles techniques au commerce (Accords SPS et OTC) encouragent tous deux l’harmonisation internationale des normes alimentaires.

    Alors que l’intĂ©rĂŞt croissant du monde pour toutes les activitĂ©s du Codex tĂ©moigne de l’acceptation gĂ©nĂ©rale de sa philosophie - harmonisation, protection des consommateurs et facilitation du commerce international - en pratique, de nombreux pays ont du mal Ă  accepter les normes Codex en tant que texte rĂ©glementaire. La diversitĂ© des systèmes juridiques, administratifs et politiques et, parfois, l’influence des comportements nationaux et la notion de souverainetĂ© entravent l’harmonisation et l’acceptation des normes Codex.

    En dĂ©pit de ces difficultĂ©s, le processus d’harmonisation s’accĂ©lère, sous la pression d’une volontĂ© internationale ferme de faciliter les Ă©changes et du dĂ©sir des consommateurs du monde entier d’avoir accès Ă  une nourriture saine et nutritive.

    Un nombre croissant de pays alignent - en totalitĂ© ou en partie - leurs normes alimentaires nationales (en particulier celles ayant trait Ă  l’innocuitĂ©) sur celles du Codex Alimentarius. C’est notamment le cas pour les additifs, les contaminants et les rĂ©sidus, c’est-Ă -dire les produits invisibles.

    Mercredi 4 oct 2006 à 15:50

  19. Laurent GUERBY a dit :

    D’abord c’est calendos ou claquos pas camenbert en bon français !

    Mercredi 4 oct 2006 à 21:44

  20. Triple R™ a dit :

    Rambolitain, ça veut dire que ça vient d’oĂą ?
    (Eh oui, y’a des incultes qui lisent ce blog !)

    Lundi 9 oct 2006 à 17:31

  21. fontaine a dit :

    Triple R™ a dit :

    Rambolitain, ça veut dire que ça vient d’où ?
    (Eh oui, y’a des incultes qui lisent ce blog !)

    Rambouillet (78) je présume ;)

    Jeudi 12 oct 2006 à 13:18

  22. BloghorrĂ©e » DĂ©pression a dit :

    […] Celui-ci. […]

    Mardi 31 oct 2006 à 14:50

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