Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Archive du mois de décembre 2006

Dimanche 24 décembre 2006

Le Conseil Constitutionnel en images (2)

Posté dans Droit constitutionnel par groM

En cette pĂ©riode de NoĂ«l, BloghorrĂ©e vous offre le second opus de sa visite exclusive dans les locaux du Conseil Constitutionnel. Aujourd’hui, nous entrons dans le saint des saints, dans la salle des sĂ©ances, ancien cabinet de travail de la princesse Clothilde de Savoie, qui, comme son ancienne chambre, maintenant occupĂ©e par un roturier, jouit d’une vue inĂ©galable sur les galeries du Palais-Royal.

Salle des séances

Ce qui frappe le visiteur attentif, c’est la fraĂ®cheur des dĂ©corations murales. RĂ©alisĂ©es dans des tons de bleu, d’or et de blanc, celles-ci ont Ă©tĂ© peintes sur des panneaux de bois qui doublent en totalitĂ© les murs porteurs, dont ils sont sĂ©parĂ©s par un vide d’une soixantaine de centimètres. C’Ă©tait autrefois fort pratique pour faire circuler le petit personnel - que l’on imagine nombreux - et maintenant, les tuyauteries et autres câblages.


Salle des séances 2

La salle des sĂ©ances, donc, doit ĂŞtre prĂŞte Ă  tout instant Ă  recevoir le Conseil. Imaginez un instant que le PrĂ©sident de la RĂ©publique dĂ©cède ou, Ă  dĂ©faut, que les propos incendiaires du ministre de l’intĂ©rieur mettent tellement le feu aux banlieues qu’il dĂ©cide de recourir Ă  l’article 16: le Conseil Constitutionnel sera prĂŞt. L’ordre protocolaire autour de la table est dĂ©fini; chaque conseiller dispose d’une petite plaque Ă  son nom, certainement au cas oĂą un membre de droit, Ă  la mĂ©moire aussi agile que l’âge avancĂ©, oublierait le nom de ses collègues, mais aussi du petit matĂ©riel du parfait Conseiller Constitutionnel (crayon, gomme, tampon).

Trois places dotées de modernes écrans plats permettent aux trois juristes du service juridique du Conseil de fournir aux délibérants les informations dont ils ont besoin - en espérant que Légifrance ne soit pas en rade au mauvais moment.


Salle des séances 3

Pour garder en tĂŞte quelques sains principes durant les dĂ©libĂ©rĂ©s, le PrĂ©sident Badinter fit accrocher aux murs quelques textes de la pĂ©riode rĂ©volutionnaire. Le plus notable est la Constitution de 1793, un des textes les plus progressistes de notre histoire, qui n’hĂ©sitait pas affirmer mâlement que quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacrĂ© des droits et le plus indispensable des devoirs ou bien encore que tout individu qui usurperait la souverainetĂ© soit Ă  l’instant mis Ă  mort par les hommes libres. Cette constitution fit l’objet d’une Ă©trange promulgation: elle fut enterrĂ©e dans une arche de cèdre. Ce fut peut-ĂŞtre la seule fois dans l’histoire oĂą les français surent combler le gouffre existant entre pratique politique et thĂ©orie constitutionnelle.


Salle des séances 4

Heureusement, quand le dĂ©libĂ©rĂ© est terminĂ©, les membres du Conseil peuvent aller mĂ©diter dans l’oratoire de la princesse Clothilde, qui jouxte la salle des sĂ©ances. Une charmante petite pièce, dont la voĂ»te n’est pas sans rappeler les cieux Ă©toilĂ©s. Un petit enfer Ă  photographier sans trĂ©pier, ce qui explique la belle zĂ©brure que vous voyez sur la photo. Un endroit Ă©tonnant, un peu foĂ©tal, qui dĂ©tonne avec les vastes volumes de la salle des sĂ©ances et du bureau du PrĂ©sident.


Oratoire

Il est l’heure d’aller ouvrir les huĂ®tres. Bonne soirĂ©e Ă  tout le monde et joyeux NoĂ«l.

Samedi 23 décembre 2006

Pas de “season greetings”

Posté dans Autres par groM

… comme on dit en Anglais pour ne pas vexer les gens qui sont d’une autre confession que la vĂ´tre, ou bien qui n’ont pas de confession du tout, mais un bon, franc, et pas politiquement correct, Joyeux NoĂ«l Ă  tous les lecteurs de ce blog.

MĂŞme un bon mĂ©crĂ©ant comme moi doit reconnaĂ®tre que c’est Ă  la religion (catholique, apostolique et romaine) que l’on doit un jour feriĂ©. L’histoire existe, et ce n’est pas plus aux cartes de voeux qu’au Parlement de la réécrire.

Mardi 19 décembre 2006

Cass. Ass. 29 octobre 2004

Posté dans Droit civil par groM

Chose promise, chose due. Voici mon devoir de droit civil, qui portait sur cet arrĂŞt. Amis civilistes, tirez les premiers !

1 - Quel était le problème de droit et quelle est la solution apportée par la Cour de Cassation ?

Un homme marié avait institué sa maîtresse comme légataire universel. A l’occasion de l’action en délivrance du legs, sa veuve et sa fille avaient demandé reconventionnellement l’annulation de celui-ci au titre des articles 1131 et 1133 du code civil, qui disposent, respectivement, que « l’obligation […] sur une cause illicite ne peut avoir aucun effet » et qu’est illicite, notamment, la cause contraire aux bonnes mœurs.

Bien qu’approuvé par la cour d’appel, qui note que le legs n’avait que vocation à rémunérer « les faveurs » de la légataire universelle, ce raisonnement est repoussé par la Cour de Cassation, qui refuse de considérer « la cause de la libéralité consentie à l’occasion d’une relation adultère » comme contraire aux bonnes mœurs.

2 - Quel type de cause était en jeu dans l’arrêt ?

La cause ici examinée est celle qui motive le legs consenti par le de cujus. Il s’agit donc de la cause impulsive et déterminante de l’acte. A ce titre, c’est donc la défense de l’ordre public qui est recherchée par la loi : il s’agit de s’assurer que le legs ne soit pas motivé par une cause immorale.

3 - Quelle est l’évolution jurisprudentielle en matière de nullité fondée sur la cause immorale dans les libéralités consenties à l’occasion de relations adultères ?

Il faut distinguer deux périodes dans la jurisprudence relative à la licéité de la cause des libéralités consenties à l’occasion des relations adultères.

1) Antérieurement à l’arrêt du 3 février 1999 de la 1ère chambre civile , la jurisprudence opérait une distinction subtile entre deux hypothèses.

a) Si la cause de la libéralité visait à rémunérer les faveurs du partenaire de la relation adultère, ou bien à obtenir, conserver ou reprendre ces faveurs, la cause était considérée comme contraire aux bonnes mœurs, et la libéralité était annulée. A titre d’exemple, on pourra voir l’arrêt de la 1ère chambre civile du 5 mai 1964. Il s’agissait de réprimer ce qui pouvait passer pour une rémunération ou une récompense de faveurs sexuelles.

b) Si au contraire, la libéralité était mue par un devoir de reconnaissance, ou bien pour assurer la sûreté matérielle du concubin survivant, alors la cause de la libéralité était légitime et morale. L’arrêt de 1964 précité en donne, a contrario, une illustration.

2) Postérieurement à l’arrêt de 1999, la 1ère chambre civile d’abord, l’Assemblée Plénière ensuite, ont érigé au rang de principe le fait que la libéralité consentie à l’occasion d’une relation adultère n’avait pas une cause contraire aux bonnes mœurs. Le fait que l’assemblée plénière ait approuvé cette solution et l’ait énoncée dans un attendu de principe situé dès le début du texte de l’arrêt permet de mesurer la portée qu’elle a entendu donner à cette décision.

4 - Qu’est-ce qui justifie la solution et quelle appréciation peut-on lui porter ?

Si la solution de la cour de Cassation peut apparaître réconciliatrice (1), elle porte aussi un coup à l’institution de la fidélité entre époux (2).

1) La jurisprudence civile a d’abord le mérite d’opérer une réconciliation avec le droit (a) et avec l’état des mœurs (b)

a) RĂ©conciliation avec l’esprit du contrĂ´le de licĂ©itĂ© de la cause, d’abord, c’est-Ă -dire la protection de l’ordre public. Contrairement au contrĂ´le de la cause de l’obligation, qui vise Ă  protĂ©ger celui qui s’engage, le contrĂ´le de la cause de la libĂ©ralitĂ© vise Ă  protĂ©ger les intĂ©rĂŞts de la sociĂ©tĂ©. Dès lors, permettre Ă  l’épouse insatisfaite de se prĂ©valoir de cette protection dans son intĂ©rĂŞt propre constitue presque un dĂ©tournement de finalitĂ© de la loi, d’autant que la moralitĂ© de ses intentions n’est pas forcĂ©ment plus Ă©vidente que l’immoralitĂ© apparente de son conjoint. Il suffit pour s’en convaincre de considĂ©rer le cas de l’épouse sĂ©parĂ©e depuis trente ans qui ne s’intĂ©resse Ă  son mari que lorsque survient la perspective d’un hĂ©ritage.

Réconciliation avec le droit pénal ensuite. Depuis 1975, l’adultère ne fait plus l’objet de sanctions pénales. Avant cette date, la solution s’imposait : dès lors que la libéralité visait à permettre la commission d’une infraction pénale, il était inévitable qu’elle fût sanctionnée pour cause illicite. C’est ainsi que la jurisprudence .a pu annuler les contrats formés pour la vente de matériel destiné à pratiquer l’occultisme, pratique prévue et réprimée par l’article R34 de l’ancien code pénal. Depuis la loi de 1975, l’adultère n’est plus qu’une faute civile, et il a fallu pour justifier l’annulation de telles libéralités passer du plan de l’illicéité à celui de la contrariété aux bonnes mœurs, un terrain beaucoup plus délicat.

b) La multiplication des recompositions familiales, avec ou sans divorce, et la libéralisation sexuelle ont en effet opéré une rupture entre l’état du droit et des mœurs communément admises. Ainsi la maîtresse entretenue et intéressée d’autrefois est-elle devenue la compagne affectueuse d’une seconde moitié de vie.

Dans la mesure où la jurisprudence faisait un distingo subtil suivant le caractère moral ou non de la cause, cette évolution sociétale n’aurait pas suffi à elle seule à justifier un tel revirement si le caractère moral de la libéralité n’était pas si délicat à apprécier en pratique. La nouvelle solution présente donc une simplicité plus grande, tout en mettant fin à un certain moralisme.

2) Cependant, la position de la Cour de Cassation pose la question de la sanction des manquements au devoir de fidélité prévu par l’article 212 du code civil. Faute civile, l’infidélité n’est plus sanctionnée par l’annulation de la libéralité consentie au partenaire adultérin. Dès lors, on a l’impression qu’elle demeure seulement efficace à l’occasion d’un éventuel divorce, et encore faut-il qu’elle constitue « une violation grave et répétée des devoirs du mariages […] rendant intolérable le maintien de la vie commune. » (article 242) Alors que le mariage intéresse l’état des personnes et devrait donc avoir des effets sur tous, conjoints ou tiers, le devoir de fidélité ne semble donc plus intéresser que les seuls époux. Simple adaptation du droit au mœurs ou appel du pied à une évolution du statut du mariage ? L’avenir le dira.

Samedi 16 décembre 2006

CE Ss. Sec. 22 octobre 2003 Ligue des droits de l’Homme

Posté dans Droit administratif, Droit public par groM

Comme instament demandĂ© par Calamo, voici mon devoir de droit administratif, avec toutes les bĂŞtises que j’ai pu y mettre. Je demande l’indulgence des lecteurs, mais je suis sĂ»r qu’ils sauront me dire ces choses-lĂ  avec dĂ©licatesse et mĂ©nagement. Pour commencer, voici l’arrĂŞt. Le droit civil suivra bientĂ´t. La suite

Mercredi 13 décembre 2006

La conscience du devoir accompli

Posté dans Autres par groM

… c’est Ă  peu près ce que je ressens en ce moment après avoir postĂ© mes deux devoirs.

Deux remarques que j’esssaierai de garder Ă  l’esprit pour plus tard:

  • Il faut vraiment prendre le temps de se poser. J’ai pu le faire pour le droit civil mais pas pour le droit administratif. Je suis sĂ»r que cela a beaucoup comptĂ© dans ma difficultĂ© Ă  converger pour le second. En plus, j’ai vraiment tronçonnĂ© mon temps. C’est très mauvais pour la concentration.
  • En ce qui concerne le droit administratif, j’ai l’impression que la difficultĂ© principale vient de l’effort de mĂ©moire nĂ©cessaire pour intĂ©grer le volume de jurisprudence nĂ©cessaire. A la maison, avec le cours et le GAJA sous le bras, pas de problème. En examen, cela aurait Ă©tĂ© une autre paire de manche. Je le regrette, car il me semble que le juriste doit savoir travailler avec sa doc sous la main. Mais j’imagine que cela procède d’une forme de bizuthage.

Maintenant, Ă  la grâce de Dieu (ou plutĂ´t du correcteur) …

Dimanche 10 décembre 2006

Le Conseil Constitutionnel en images (1)

Posté dans Droit constitutionnel par groM

Nous allons donc commencer notre visite du Conseil Constitutionnel derrière StĂ©phane Cottin. L’entrĂ©e du Conseil est on ne peut plus discrète: au dĂ©tour d’une colonnade du Palais Royal, au n°2 de la rue Montpensier, une discrète entrĂ©e, munie de l’indispensable plaque dorĂ©e. Passage par l’accueil, Ă©tonnament rĂ©duit pour une institution aussi fameuse, puis arrivĂ©e de StĂ©phane, qui commence aussitĂ´t Ă  m’expliquer l’endroit.

L’homme est passionnĂ©; on le serait Ă  moins, le bâtiment est fascinant. Des murs porteurs de 2 mètres 60, des “cloisons” de 60 cm dans lesquels il a fallu forer les passages de gaines du rĂ©seau informatique, des fenĂŞtres d’Ă©poque dont le verre de 7 cm est supposĂ© rĂ©sister Ă  une roquette anti-char, l’endroit est un Ă©tonnant mĂ©lange de tradition et de modernitĂ©.

Alors que nous montons Ă  l’Ă©tage, nous arrivons dans un couloir oĂą trĂ´ne un petit bureau: c’est l’anti-chambre du bureau du PrĂ©sident du Conseil, Pierre Mazeaud. On se croirait vraiment dans West-Wing Etat de Grâce, manque seulement le Marines garde rĂ©publicain de service, remplacĂ© par un huissier. LĂ , moment de chance: le PrĂ©sident est hors de son bureau, l’huissier nous propose d’y jeter un oeil, je me prĂ©cipite. Choc: la pièce donne une telle impression d’espace, avec ses 6 mètres 20 de plafond et sa vue imprenable sur les jardins du Palais Royal, qu’il faut un instant pour la digĂ©rer. La digestion faite, je prends trois photos. La suite

Samedi 9 décembre 2006

Pas de blogage avant les devoirs du soir

Posté dans Droit civil, Droit administratif par groM

Et oui, ce week-end risque d’ĂŞtre assez peu actif sur ce site. La faute aux premiers devoirs de droit civil et de droit administratif. Pour ceux que ça intĂ©resse, les dĂ©cisions qui font la matière de ces augustes travaux sont:

Samedi 9 décembre 2006

Bande annonce

Posté dans Autres, Droit constitutionnel par groM

Cette semaine sur Bloghorrée, en exclusivité mondiale taratata!!

Un reportage photo sur le Conseil Constitutionnel

Vous vouliez savoir quelle Ă©tait la marque d’eau minĂ©rale officielle du Conseil ? ConnaĂ®tre la hauteur sous plafond de la salle des sĂ©ances ? Avoir la preuve qu’il existait un treizième Ă©tage et demi oĂą sont rangĂ©s les vieux Ă©crans et les stagiaires ? Toutes les rĂ©ponses bientĂ´t sur BloghorrĂ©e !

L’auteur de ce blog tient particulèrement Ă  remercier StĂ©phane Cottin, chef du service du greffe du Conseil Constitutionnel et par ailleurs auteur Ă©mĂ©rite de Service Doc, excellent blog dĂ©diĂ© Ă  la documentation juridique.

Jeudi 7 décembre 2006

Chausse-trapes

Posté dans Droit pĂ©nal par groM

Pardon, c’est un autre joli mot qui vient de faire son apparition dans le code pĂ©nal, celui de guet-apens, grâce Ă  un article 224-14-1 nouveau ainsi rĂ©digĂ©:

Lorsqu’elle sont commises en bande organisĂ©e ou avec guet-apens, les violences commises avec usage ou menace d’une arme sur un fonctionnaire de la police nationale, un militaire de la gendarmerie, un membre du personnel de l’administration pĂ©nitentiaire ou toute autre personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique ou sur un sapeur-pompier civil ou militaire ou un agent d’un exploitant de rĂ©seau de transport public de voyageurs dans l’exercice, Ă  l’occasion de l’exercice ou en raison de ses fonctions ou de sa mission, sont punies

de peines terrible et criminelles, Ă  moins que l’auteur du guet-apens ne se soit vraiment loupĂ© et n’ait infligĂ© Ă  sa malheureuse victime moins de 8 jours d’ITT.

A en croire l’article 26 A bis de la loi relative Ă  la prĂ©vention de la dĂ©linquance, “le guet-apens consiste dans le fait d’attendre un certain temps une ou plusieurs personnes dans un lieu dĂ©terminĂ© pour commettre Ă  leur encontre une ou plusieurs infractions.“. Le TLFI lui parle d’”embĂ»che prĂ©mĂ©ditĂ©e consistant Ă  guetter quelqu’un (en Ă©tant souvent Ă  plusieurs) dans un endroit cachĂ© en vue de l’attaquer par surprise.

On notera avec curiositĂ© que l’embĂ»che partage son Ă©thymologie avec le mot d’embuscade, qui fait lui aussi son entrĂ©e dans le code pĂ©nal, dans un article 222-15-1 nouveau Ă©galement, avec la dĂ©finition suivante:

Constitue une embuscade le fait d’attendre un certain temps et dans un lieu dĂ©terminĂ© un fonctionnaire de la police nationale, un militaire de la gendarmerie, un membre du personnel de l’administration pĂ©nitentiaire ou toute autre personne dĂ©positaire de l’autoritĂ© publique, ainsi qu’un sapeur-pompier civil ou militaire ou un agent d’un exploitant de rĂ©seau de transport public de voyageurs, dans le but, caractĂ©risĂ© par un ou plusieurs faits matĂ©riels, de commettre Ă  son encontre, Ă  l’occasion de l’exercice de ses fonctions ou de sa mission, des violences avec usage ou menace d’une arme.

L’embuscade, plus modeste que le guet-apens rĂ©ussi, se contente de 5 ou 7 annĂ©es d’emprisonnement.

Comment les distinguer ?

L’embuscade est un dĂ©lit propre, alors que le guet-apens est une circonstance aggravante, susceptible de s’appliquer Ă  d’autres infractions que les violences (je parie pour la crĂ©ation d’un dĂ©lit de “vote socialiste avec guet-apens” pour la Loi Sarkozy VI du 18 avril 2007).

Les violences avec guet-apens exigent que des violences aient Ă©tĂ© commises, alors que l’embuscade n’exige que de se faire prendre avant de les commettre, pour peu que des faits permettent de s’assurer de la volontĂ© dolosive du dĂ©linquant. Bref, pour faire simple, l’embuscade est doit pas ĂŞtre très diffĂ©rente de la tentative de violences avec guet-apens.

Muni de ce prĂ©cieux vade mecum, observons maintenant combien de casseurs de flics vont passer aux assises sous ce chef d’accusation.

Mercredi 6 décembre 2006

Pshiit !

Posté dans Droit civil par groM

Marre de l’usucapion. J’arrĂŞte pour ce soir.