Mercredi 13 décembre 2006
La conscience du devoir accompli
… c’est Ă peu prĂšs ce que je ressens en ce moment aprĂšs avoir postĂ© mes deux devoirs.
Deux remarques que j’esssaierai de garder Ă l’esprit pour plus tard:
- Il faut vraiment prendre le temps de se poser. J’ai pu le faire pour le droit civil mais pas pour le droit administratif. Je suis sĂ»r que cela a beaucoup comptĂ© dans ma difficultĂ© Ă converger pour le second. En plus, j’ai vraiment tronçonnĂ© mon temps. C’est trĂšs mauvais pour la concentration.
- En ce qui concerne le droit administratif, j’ai l’impression que la difficultĂ© principale vient de l’effort de mĂ©moire nĂ©cessaire pour intĂ©grer le volume de jurisprudence nĂ©cessaire. A la maison, avec le cours et le GAJA sous le bras, pas de problĂšme. En examen, cela aurait Ă©tĂ© une autre paire de manche. Je le regrette, car il me semble que le juriste doit savoir travailler avec sa doc sous la main. Mais j’imagine que cela procĂšde d’une forme de bizuthage.
Maintenant, Ă la grĂące de Dieu (ou plutĂŽt du correcteur) …
Sailermoon a dit :
Moi aussi je pense que tout juriste devrait travailler avec les documents nĂ©cessaires sous la main. Malheureusement, ce n’est pas possible et ça implique donc de faire des efforts de mĂ©moire Ă©normes. Certains de mes professeurs autorisaient l’usage du cours en examen mais ils sont rares… En revanche, certains professeurs vont jusqu’Ă interdire l’usage du Code Ă l’examen, ce qui oblige l’Ă©tudiant Ă connaĂźtre en substance le contenu de tous les articles en rapport avec le cours avec toute la jurisprudence, ce qui, Ă mon sens, est sans intĂ©rĂȘt!…
En tout cas (et hormis ses considérations personnelles), je vous souhaite bonne chance pour la suite.
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 15:01
Erasoft a dit :
Pour le moment, j’ai toujours eu le droit au Code (sauf au premier semestre de premiĂšre annĂ©e, mais bon, je savais pas lire Ă cette Ă©poque si lointaine que les bras m’en tombent).
En droit administratif, on en a parlĂ© avec notre chargĂ© de TD, pour savoir si le GAJA pouvait un jour - rĂȘvons - ĂȘtre autorisĂ© Ă l’examen. Ceci dit, Ă Paris II, il me semble que l’on dĂ©livre un petit livret d’arrĂȘts importants, bruts, sans commentaires, pour les TDs mais aussi pour l’examen..
PS : on voit, Grom, que tu apprends de nouveaux mots
: “Intuitu personae” > !!! J’aime beaucoup Lex populi, je regrette de ne pas y avoir dĂ©jĂ pensĂ© moi-mĂȘme..
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:01
Erasoft a dit :
J’oubliais le troll que je voulais sortir :
Non, non, surtout, en examen, t’en fais pas… On se rappelle de tout…
(rougis et part en courant)
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:02
Maitre Eolas a dit :
C’est la sagesse qui parle quand tu dis que tu ne dois pas tronçonner ton temps de travail. Un travail interrompu est un travail abandonnĂ©, ou qui nĂ©cessitera une masse d’Ă©nergie considĂ©rable rien que pour reprendre le fil de sa rĂ©flexion. Un juriste connaĂźt ça : la rage du coup de fil intempestif, du client qui passe sans prĂ©venir, de la garde Ă vue impromptue. C’est chronophage car cela prend bien plus de temps de commencer des conclusions, partir pour une garde Ă vue, et revenir les terminer que faire ses conclusions puis une fois finies, aller faire la garde Ă vue.
Pour la jurisprudence administrative : non, l’apprendre n’est pas un bĂȘte et banal bizutage. Le droit administratif repose sur ces Grands ArrĂȘts, qui ont la mĂȘme force que l’Evangile devant le Tribunal de l’Inquisition. Or face Ă un problĂšme posĂ©, le juriste doit analyser les donnĂ©es pour en extraire la question de droit, et trouver une solution ; cette rĂ©flexion en se fait pas Ă coups de recherches dans les livres, car une fois les examens passĂ©s, par un curieux tour de la nature, les problĂšmes qui nous sont posĂ©s ne trouvent plus jamais de solution Ă l’identique dans un arrĂȘt passĂ©. Surtout quand le juriste doit trouver non la solution la plus Ă©lĂ©gante juridiquement mais celle qui avantage son client. Or cette rĂ©flexion en peut que se bĂątir sur ce fonds acquis lors des Ă©tudes. Pour simplifier, une dĂ©cision administrative prise sans avoir permis Ă la personne qui en souffre de donner son point de vue doit immĂ©diatement faire penser aux dĂ©boires de la veuve Trompier Gravier.
Avoir accĂšs Ă de la doc, beaucoup de doc, est le meilleur moyen pour l’apprenti juriste de se noyer dans un verre d’eau. Cette connaissance lui permettra tout de suite d’invoquer les grands principes et les droits pertinents ; c’est alors seulement que la documentation devient utile pour rechercher des dĂ©cisions conformes Ă son point de vue.
Sinon, on se retrouve comme un Ă©tudiant qui passerait une Ă©preuve d’anglais sans parler la langue mais en Ă©tant muni d’un dictionnaire.
Fais toi des fiches d’arrĂȘt, plein de fiches d’arrĂȘts, ça t’apprendra Ă dĂ©crypter une dĂ©cision et en les relisant jusqu’Ă saturation, te donnera cette base indispensable.
Sur le coup, c’est chiant. Mais passer cette difficultĂ© fait la diffĂ©rence entre le bon juriste et l’asinus doctus cum libro.
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:21
groM a dit :
asinus doctus cum libro … hi han, hi han !
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:41
somni a dit :
Tiens donc, la Veuve Trompier gravier, c’est vrai, je pense souvent Ă elle dans mon administration
c’est trĂšs vrai ce que dit Me Eolas, avoir un fond de jurisprence est bein utile. dĂ©jĂ que ton employeur te reproche de dire trop souvent “ça dĂ©pend, il faut voir” car il ne comprend pas que le droit ne permet pas toujours, loin de lĂ , de trouver LA solution rapidement, alors, imagine si tu n’a pas ton fond de jurisprudence. C’est bien pire !
Perso, je fait des fiches de jurisprudence sur un blog “secondaire”. Aiinsi, je peux me rĂ©mĂ©morer les dĂ©cisons plus facimlement, et j’en fait profiter d’autres !
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:45
groM a dit :
En fait, je fais mon cancre, mais j’aime bien faire des fiches d’arrĂȘt. Le problĂšme c’est le temps matĂ©riel pour les faire et les ingurgiter, mĂȘme si la petite hstoire aide bien souvent Ă se souvenir de l’arrĂȘt (La propriĂ©tĂ© de Dame Lamotte, par exemple, est sise dans le dĂ©partement oĂč j’ai passĂ© une grande partie de ma jeunesse, une volaille vituelle au premier qui trouve)
Comme j’ai dĂ©jĂ eu l’occasion de l’Ă©crire, le droit c’est comme la chimie organique: c’est quelques rĂšgles et beaucoup de culture.
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 17:50
Calamo a dit :
D’ailleurs, pourquoi ne mettrais-tu pas tes travaux sur ces sujets de civil et d’administratif ici, comme tu l’avais fait - je crois - pour la loi de finance (voire directement en billet) ? Je prĂ©sume que tu ne les rĂ©diges pas Ă la plume… si ?
@somni : elle doit ĂȘtre sous mon nez, mais pourrais-je nĂ©anmoins connaĂźtre l’adresse du fonds documentaire dont vous ĂȘtes l’auteur ?
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 18:07
groM a dit :
j’attends que la date de remise des devoirs soit expirĂ©e pour mettre ça en ligne. Ceci dit, tu vas ĂȘtre déçu …
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 19:25
Calamo a dit :
“Ceci dit, tu vas ĂȘtre déçu ⊔
HypothĂšse d’Ă©cole.
Mercredi 13 dĂ©c 2006 à 19:38
Sailermoon a dit :
Je tiens Ă prĂ©ciser que je parlais de mon point de vue de privatiste oĂč les arrĂȘts, s’ils sont trĂ©s importants, n’ont peut-ĂȘtre la mĂȘme dimension “normative” qu’en droit administratif.
ĂȘtre privĂ© du Code Civil par ex Ă un examen de droit civil des rĂ©gimes matrimoniaux, des successions, de la famille ou des obligations, Code qui est si riche en ressources et informations pour nous obliger Ă apprendre le contenu de cette jurisprudence ou des textes est Ă mon sens cruel et contre productif.
selon moi, un bon juriste est une personne qui sait utiliser la documentation qu’elle a sous la main, qui sait en tirer le meilleur profit. Or ons ‘aperçoit que bcp d’Ă©tudiants ne savent tout simplement pas faire un bon usage de leur Code etn’ont pas conscience de la potentialitĂ© de cet outil, ce qui est un tort. pour apprendre Ă maĂźtriser ces outils, encore faut-il pouvoir les pratiquer au quotidien, lors des cours et des TD, mais aussi le jour de l’examen.VoilĂ mon humble avis sur la question
Jeudi 14 dĂ©c 2006 à 00:01
frednetick a dit :
Je vous prierai de bien vouloir cesser immĂ©diatement d’utiliser le mot GAJA, mon analyste m’a dĂ©fendu de m’autoflageller en relisant cette bible.
Le Doyen Vedel m’en est tĂ©moin, je vous hais Professeur Grellois pour avoir sans rĂ©pit tentĂ© de m’ĂŽter le goĂ»t du DA, pour avoir fait de mes mois de juin un remake juridique du mythe de sisyphe, m’arc-boutant contre une pierre de jurisprudence pour la mener jusqu’au sommet d’un commentaire d’arrĂȘt (Gisti j’adore), pour m’avoir fait rĂȘver de granits porphyroĂŻdes…
Les conseils, gratuits pour une fois, d’Eolas, maitre Eolas sont bons (ne me remerciez pas de corroborer vos dires, non vraiement), les fiches de jurisprudences sont le fondement mĂȘme de la pratique du DA..quitte Ă rendre fou mais c’est une autre histoire.
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 13:02
frednetick a dit :
e vous prierai de bien vouloir cesser immĂ©diatement d’utiliser le mot GAJA, mon analyste m’a dĂ©fendu de m’autoflageller en relisant cette bible.
Le Doyen Vedel m’en est tĂ©moin, je vous hais Professeur Grellois pour avoir sans rĂ©pit tentĂ© de m’ĂŽter le goĂ»t du DA, pour avoir fait de mes mois de juin un remake juridique du mythe de sisyphe, m’arc-boutant contre une pierre de jurisprudence pour la mener jusqu’au sommet d’un commentaire d’arrĂȘt (Gisti j’adore), pour m’avoir fait rĂȘver de granits porphyroĂŻdes…
Les conseils, gratuits pour une fois, d’Eolas, maitre Eolas sont bons (ne me remerciez pas de corroborer vos dires, non vraiement), les fiches de jurisprudences sont le fondement mĂȘme de la pratique du DA..quitte Ă rendre fou mais c’est une autre histoire.
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 13:02
Zkark a dit :
Je me souviens avoir Ă©tĂ© obligĂ© de retenir environ une soixantaine de grands arrĂȘts par semestre en DA, avec date (l’annĂ©e suffisait heureusement), juridiction (TC, CE ou CC dur dur…) et composition (Ass pl, sect…?). Pour moi un tel effort de mĂ©morisation ne peut se faire sans un bourrage de crĂąne bĂȘte et mĂ©chant, notamment pour retenir les dates. Du coup on arrive Ă l’examen en s’Ă©tant lobotomisĂ© et le lendemain on les a dĂ©jĂ oubliĂ©es.
Un de mes profs, le doyen Breillat, nous avait dit en 1Ăšre annĂ©e: “il vaut toujours mieux avoir la tĂȘte dans le code que le code dans la tĂȘte…”
Vrai pour le juriste professionel mais plus difficile pour l’Ă©tudiant seul devant son partiel.
P.S: sinon, pour l’Ă©tudiant moyen, le GAJA est illisible!
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 14:20
Diane Roman a dit :
Ces rĂ©actions Ă©pidermiques sont amusantes! Lors de la journĂ©e d’Ă©tudes de l’AFDA consacrĂ©e aux 50 ans du GAJA, Ă chaque fois qu’Ă©tait Ă©voquĂ©e la dĂ©chĂ©ance de Dame Cachet ou de ND du Kreiker, toutes deux dĂ©tronĂ©es par de vils remplaçants (et imposteurs, cela va sans dire), des frissons d’indignation parcouraient la salle, composĂ©e d’augustes et Ă©minents spĂ©cialistes de la discipline! on Ă©tait Ă deux doigts de la pĂ©tition, si ce n’est de l’insurrection…
C’est dire si les lecteurs, quels qu’ils soient , enseignants ou Ă©tudiants, vieux routiers du droit administratif ou bĂ©otiens du “strat” , prĂ©sents ou passĂ©s, entretiennent une relation affective et fusionnelle aux grands arrĂȘts du Conseil.
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 16:59
groM a dit :
Au delĂ des polĂ©miques, j’observe qu’aucun administrativiste des lecteurs de ce site n’est capable de me citer de mĂ©moire le dĂ©partement oĂč officiait le tortionnaire de dame Lamotte (je n’ai pas peur d’utiliser le mot tant le calvaire juridique qu’elle a subi le justifie amplement)
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 17:51
Calamo a dit :
…ou passionnelle. J’ai honte, mais je crains de ne pas avoir dĂ©passĂ© la phase de rĂ©pulsion. Peut-ĂȘtre vos blogs m’aideront-ils Ă pallier cette infame carence.
(Si d’aventure un(e) aspirant(e) avocat devait parcourir ces lignes, et connaissait quelques dĂ©licatesses avec le droit administratif, qu’il/elle se rassure, on peut prĂȘter serment sans n’avoir jamais eu la moyenne dans quelque Ă©preuve que ce soit de cette dĂ©licieuse matiĂšre)
Vendredi 15 dĂ©c 2006 à 23:44
groM a dit :
Qui Ă©voquait “une hypothĂšse d’Ă©cole” ?
Samedi 16 dĂ©c 2006 à 00:20
Calamo a dit :
Je rĂ©itĂšre, convaincu que tes talents littĂ©raires seront le lit de mes retrouvailles passionnĂ©es avec le droit administratif. Ton hypothĂšse est donc toujours d’Ă©cole.
Samedi 16 dĂ©c 2006 à 00:36
groM a dit :
Calamo, fayot, tu te trompes d’endroit: les retrouvailles passionnĂ©es ont lieu lĂ .
Samedi 16 dĂ©c 2006 à 01:20