Bloghorrée

Extrêmiste de la laïcité depuis 1976

Mercredi 24 janvier 2007

Vraquitude

Posté dans Autres, Droit administratif par groM

En ce moment, c’est la vraquitude. Quelques commentaires, donc, en vrac.


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Le lecteur attentif aura observĂ© depuis peu le silence assourdissant de ce blog. Le lecteur moins attentif aura constatĂ© que son lecteur RSS ne trĂ©pigne plus aussi frĂ©quemment de mes productions. Plusieurs raisons Ă  cela: tout d’abord une pointe d’activitĂ© professionnelle, ensuite les partiels qui approchent et qui me font consacrer plus de temps aux charmes des finances publiques qu’Ă  celui de l’Ă©dification populaire, et enfin les difficultĂ©s temporaires de ma connexion Free.


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Free, justement, parlons-en. Le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai composĂ© leur numĂ©ro de hotline de mauvais grĂ©, avec en tĂŞte les descriptions apocalyptiques des heures d’attente accompagnĂ©es de la douce musique (d’attente elle aussi) faites par des amis dans le besoin. Mais la prĂ©somption de mauvaise qualitĂ© de service Ă©tait simple, et la preuve contraire fut brillamment rapportĂ© par Samia, de la hot line de Paris. Dieu sait pourtant, Samia, si j’ai eu peur en entendant votre voix appliquĂ©e dĂ©rouler soigneusement le protocol de support de premier niveau. Mais vous avez su m’Ă©pargnez les tests dĂ©biles que le support pose habituellement (”Etes-vous sĂ»r que le câble est bien branchĂ© ?“), et cinq minutes après que nous ayons raccrochĂ©, après que la boĂ®te libre eĂ»t mis Ă  jour son logiciel, j’Ă©tais de nouveau connectĂ©. Merci Ă  vous Samia, je ne regrette pas d’avoir rĂ©pondu “oui” Ă  la question: “Ai-je rĂ©pondu Ă  toutes vos questions ?


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Question droit, maintenant, je vous ai Ă©voquĂ© un billet sur les PGD et un sur les Ă©volutions constitutionnelles de la Nouvelle-CalĂ©donie. Le second me semble inutile. Un excellent rapport parlementaire rĂ©sume de manière plus complète tout ce que j’aurais voulu dire sur la question et m’a presque convaincu que le corps Ă©lectoral de dix ans n’Ă©tait pas aussi scandaleux qu’il en a l’air. En y rĂ©flĂ©chissant, c’est surtout l’arrĂŞt Py de la CEDH qui m’en a convaincu. Mais vous lirez et vous me direz.


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Pour ce qui est des PGD, je me demandais sur quelles bases il Ă©tait possible de justifier l’existence des PGD. Je ne crois pas du tout Ă  l’explication suivant laquelle ils prĂ©existeraient et seraient “dĂ©couverts” par le juge, tels des diamants mĂ©ticuleusement retirĂ©s de leur gangue de carbonate. Cela fleure trop le droit naturel Ă  mon goĂ»t. Je me demandais dans quelle mesure l’effort crĂ©atif du juge administratif ne serait pas simplement une manifestation de son pouvoir prĂ©torien, pouvoir qui est inhĂ©rent Ă  la mission de juger et qui est si bien rĂ©sumĂ© par l’article 4 du code civil. Loin du droit naturel, les PGD me semblent au contraire issus d’un contexte social et politique particulier, celui de la fin de la deuxième guerre mondiale. De lĂ  Ă  dire qu’ils sont au droit ce que les rĂ©sistants de la 25ème heure sont aux FFI, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas, faute d’une connaissance assez prĂ©cise de l’action du Conseil d’Etat au cours de cette pĂ©riode noire.


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Pour terminer, faisons dans le scolaire. J’ai mis en fiche tout mon cours de finances publiques. Un grand moment de bonheur, je dois dire. Non, non, il n’y a pas d’ironie lĂ -dedans. C’est un cours très intĂ©ressant, que tout futur citoyen devrait parcourir une fois dans sa scolaritĂ©. Par exemple pour dĂ©couvrir que la dette en 2006 se montait Ă  832.000.000.000 d’euros, et que le dĂ©ficit budgĂ©taire pour 2006 est estimĂ© Ă  46.000.000.000 d’euros. Je vous laisse faire la division pour 62.000.000 de Français. J’espère maintenant ne pas avoir Ă  rembourser ma part de mon vivant, mais je crois que tout le monde est d’accord lĂ -dessus.

Autre information qu’il est bon de rappeler: l’obligation qu’ont les collectivitĂ©s territoriales de voter un budget en Ă©quilibre rĂ©el, que ce soit pour la section de fonctionnement ou celle d’investissement, obligation assortie d’une procĂ©dure de contrĂ´le budgĂ©taire Ă©nergique par le prĂ©fet et la chambre rĂ©gionale des comptes. Bref, lĂ  oĂą l’Etat mène grand train, les collectivitĂ©s territoriales ont la bride serrĂ©e.


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Sinon, j’espère passer aux dĂ©lestage les finances publiques, le droit administratif, le droit pĂ©nal, le droit des obligations. Pour ce qui est du droit des biens et de l’histoire des idĂ©es politiques, on verra. Et j’aurais d’ailleurs mieux fait de bosser cette dernière plutĂ´t que de bloguer. Alors bonne nuit !

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13 commentaires

  1. ND a dit :

    Comme suggĂ©rĂ© ailleurs, pour rĂ©gler le problème de la dette de l’Etat Ă  votre niveau via econoclaste.

    il vous suffit d’acheter pour 13 000 € de bons du trĂ©sor(j’ai fait la division avec 64 millions de français, vu que ce serait le chiffre fin 2006 et qu’en plus ça fait un compte rond) et vous voilĂ  tranquile. En plus, ça vous rapporte des intĂ©rĂŞts. Pas grand chose, mais quand mĂŞme. Un placement sĂ»r. Triple A mĂŞme.

    Et tant qu’Ă  citer Econoclaste, Un livre brillant et franchement Ă©conoclaste

    Mercredi 24 jan 2007 à 01:02

  2. Eolas a dit :

    Un conseil, cher GroM : quand vous passerez votre examen de finance publique, ne faites pas votre division par soixante millions, votre note s’en ressentirait. Car le correcteur ne pourrait que soupirer en constatant que vous passez par pertes et profit les autres recettes de l’Etat : la TVA (en achetant vos corn flakes, vous remboursez la dette…), les charges pesant sur les professionnels (Renault S.A., en payant l’impĂ´t sur les sociĂ©tĂ©, paye votre part de la dette, la mienne, et celle de quelques centaines de milliers de Français), mĂŞme en faisant le plein de votre voiture, vous remboursez la dette.
    Enfin, si un jour vous devenez un [effacer]sale capitaliste[/effacer] [insĂ©rer]heureux propriĂ©taire[/insĂ©rer], vous allez vous endetter Ă  un niveau reprĂ©sentant plusieurs annĂ©es, au moins une dizaine, de vos revenus bruts, ce qui pour la France serait son PIB. Et pour autant, vous ne serez pas surendettĂ©. Merveille du crĂ©dit : vous diffĂ©rez cette dette et jouissez immĂ©diatement de ce qu’elle vous apporte. Mutatis mutandi, il en va de mĂŞme pour l’Etat.
    Le discours actuel sur la dette est hystĂ©rique et teintĂ© d’ignorance. Ne donnez pas dans le panneau. Je vous recommande de fouiller le blog des econoclastes sur ce sujet.

    Mercredi 24 jan 2007 à 09:19

  3. groM a dit :

    Certes, certes, d’autant que les enfants comptent pour une demi-part. Je me permets cependant de vous contrarier:
    - Je n’achète pas de Cornflakes, car je mange du pain au petit dĂ©jeuner, comme tout bon français devrait le faire, avec une noix de beurre de Normandie.
    - Je suis dĂ©jĂ  propriĂ©taire, mĂŞme si financièrement parlant je n’ai du payer que 10 m^2 de mon appartement.
    - Croyez bien que je suis tout Ă  fait conscient que l’Etat n’est pas un particulier, mon coeur KeynĂ©sien en est bien convaincu. Il demeure quand mĂŞme troublant, d’un point de vue intuitif, que l’Etat emprunte pour payer les intĂ©rĂŞts de ses emprunts prĂ©cĂ©dents. J’attends que l’on me dĂ©montre l’effet positif que cela peut avoir sur l’Ă©conomie.

    Puisque vous Ă©voquez mon endettement personnel, je m’endette pour rĂ©aliser des investissements durables. j’aimerais ĂŞtre sĂ»r que l’Etat s’endette pour construire des Ă©coles ou financer des mutations Ă©conomiques, plutĂ´t que pour payer le traitement des fonctionnaires, qui devrait ĂŞtre entièrement supportĂ© par les ressources budgĂ©taires.

    Non pas que je souhaite pour autant un solde nul. La règle appliquĂ©e aux collectivitĂ©s territoriale, et mĂŞme, sauf erreur de ma part, au gouvernement de la RĂ©publique FĂ©dĂ©ral d’Allemagne, qui veut que les ressources de trĂ©sorerie soient infĂ©rieures ou Ă©gales aux dĂ©penses d’investissement, me semble tout Ă  fait saine. Sans doute faudrait-il bien choisir ce qui rentre dans cette catĂ©gorie, mais c’est une règle souhaitable.

    Tout ça pour dire que les finances publiques, c’est un cours qui pose des questions intĂ©ressantes.

    Mercredi 24 jan 2007 à 10:51

  4. Maitre Eolas a dit :

    Sur votre deuxième paragraphe : vous abordez le problème de l’usage que fait l’Etat de son argent, et non plus la façon dont il se le procure. C’est très diffĂ©rent, et si nous serons d’accord pour fustiger l’usage qui en est fait, notre diffĂ©rend rĂ©apparaĂ®tra sur le point de savoir ce qu’il devrait en faire (mon idĂ©e de “le laisser lĂ  oĂą il est” blessant Ă  coup sĂ»r votre coeur de keynĂ©sien).

    Mercredi 24 jan 2007 à 13:29

  5. groM a dit :

    @ND: je suis prĂ©cisĂ©ment ravi de ne pas devoir avancer 13.000 euros tout de suite. Et puis, pour finasser, c’est plus simple pour les particuliers d’acheter des OAT plutĂ´t que des bons ;-)

    Mercredi 24 jan 2007 à 17:48

  6. Yolande a dit :

    DĂ©tail : vous Ă©viterez de parler de la “cour rĂ©gional des comptes” - la chambre rĂ©gionale ou territoriale, ce sera très bien ;-)

    Mercredi 24 jan 2007 à 23:00

  7. somni a dit :

    groM Il s’agit des Chambres rĂ©gionales des comptes (et non des cours). Et je sais que je ne vais pas te rassurer, ce n’est pas l’État qui s’endette pour les Ă©coles, mais les communes ou leurs Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale. Et d’ailleurs nonobstant la règle de l’Ă©quilibre budgĂ©taire, on se demande si l’effort d’investissement ne va pas peser de plus en plus sur les collectivitĂ©s territoriales Ă  l’avenir, dans de nombreux autres domaines. et pour ce qui est des dĂ©penses de fonctionnement des services dĂ©concentrĂ©s de l’État, lĂ , c’est souvent une catastrophe : un personnel de plus en plus rĂ©duit, vieilissant et de moins en moins motivĂ©…
    Sur la dette, je te conseille cet excellent article de la lettre de l’OFCE paru dĂ©but 2006.
    Sur le corps Ă©lectoral de Nouvelle-CalĂ©donie, si ce rapport t’a convaincu, cela m’intrigue : je vais le lire :-)

    Mercredi 24 jan 2007 à 23:02

  8. groM a dit :

    Merci Yolande et Somni pour la correction: Ă  force d’Ă©crire CRC, je sais plus ce que ça veut dire.

    @Somni: Pour ce qui est des Ă©coles primaires tu as raison, comme d’habitude ai-je envie de dire. Je me rattraperai aux branches en expliquant que pour l’intĂ©rĂŞt de la dĂ©monstration, une Ă©cole d’ingĂ©nieur fera tout aussi bien l’affaire.

    Sinon, c’est plutĂ´t le raisonnement de la CEDH qui m’a plu dans l’histoire de la Nouvelle-CalĂ©donie. En gros, oui 10 ans c’est beacuoup, mais la paix publique avant tout. C’est la franchise que j’ai apprĂ©ciĂ©, davantage que l’arguement selon lequel il faut tenir la parole de l’Etat au prix du droit de vote de nos concitoyens de Nouvelle-CalĂ©donie.

    Mercredi 24 jan 2007 à 23:07

  9. groM a dit :

    @Somni: article très intĂ©ressant. J’en retiens deux choses:

    - Les auteurs reprennent l’argumentation d’Eolas, Ă  laquelle j’adhère tout Ă  fait, selon laquelle la dette c’est aussi des infrastructures en copropriĂ©tĂ©. Par contre l’Ă©valuation des actifs pysiques Ă  5,2% le PIB me semble très sous-Ă©valuĂ©e. Je serais curieux de connaĂ®tre la mĂ©thode employĂ©e. Je soupçonne qu’elle utilise une courbe d’amortissement très dĂ©favorable.

    - quant Ă  l’Ă©tude de l’impact de la dette, le raisonnement tenu est en gros de dire que ce n’est pas grave de laisser filer la dette en pĂ©riode de crise, cela permet Ă  des particuliers par exemple de se former une Ă©pargne de père de famille, et donc ce n’est pas vraiment de la dette. Je comprends le raisonnement, mais il me semble qu’une bonne partie de cette Ă©pargne doit ĂŞtre achetĂ©e par des Ă©trangers. Cela ne me pose pas de problème particulier, mais cela mets un peu Ă  mal le raisonnement selon lequel cela n’est pas vraiment de la dette quand on raisonne au niveau national.

    Bref, comme ils le disent eux-mĂŞme, il faut faire la part des choses entre les deux explications de la dette, celle “libĂ©rale” qui veut qu’elle soit dĂ»e Ă  une gabegie des services publics, et celle qui veut qu’elle soit une consĂ©quence de la situation Ă©conomique.

    Jeudi 25 jan 2007 à 10:54

  10. Ddt a dit :

    Personne n’est revenu sur le problème que tu soulèves Ă  propos des principes gĂ©nĂ©raux du droit. Quelques remarques qui me sont venues au passage :

    - le Conseil d’État n’a pas attendu je crois la Seconde Guerre mondiale pour en “dĂ©couvrir”
    - c’est certes l’avatar du pouvoir prĂ©torien du juge administratif, mais qui dit prĂ©torien ne dit pas nĂ©cessairement opposĂ© au droit naturel si l’on considère que le droit ainsi créé Ă©mane de la nature. Ceci dit tu dois avoir en partie raison puisque le CE essaie d’en crĂ©er le moins possible pour ne pas alimenter la controverse sur le gouvernement des juges
    - ce blog serait-il rédigé par un tenant du positivisme juridique? ;)

    J’attends ta rĂ©ponse avec angoisse :D

    Samedi 27 jan 2007 à 15:27

  11. groM a dit :

    @Ddt: Que de questions passionnantes !
    - En ce qui concerne l’apparition des PGD, je suis preneur de tout document sur leur gĂ©nèse, notamment avant-guerre.

    - Ta remarque sur le CE est intĂ©ressante. Vive le gouvernement des juges ! Après tout, n’est-il pas que le signe de la carence du politique ?

    - Oui, je crois ĂŞtre positiviste. Sans aller jusqu’au marxisme, et Ă  la dĂ©termination du droit par les seuls rapports de production, je crois que le droit est le fruit de l’Ă©volution sociale et politique d’une sociĂ©tĂ© donnĂ©e, ce qui me conduit Ă  regarder avec rĂ©ticence le droit naturel. Cette situation est intellectuellement inconfortable: comment donner alors un caractère universel Ă  certaines règles de droit, notamment en ce qui concerne les droits de l’Homme, sans accepter l’arme absolue du droit naturel ? Ou, pour formuler les choses autrement, comment Ă©viter un relativisme bono-teint et qui finalement accepte les atteintes Ă  ces mĂŞmes droits de l’Homme ?

    Lundi 29 jan 2007 à 15:14

  12. Ddt a dit :

    - Pour la genèse des PGD avant-guerre, je ne suis pas chez moi et n’ai pas tout sous la main. Par contre j’ai avec moi mon Braibant et Stirn oĂą il est Ă©crit (7ème Ă©dition mise Ă  jour, p. 265) : “L’expression elle mĂŞme est relativement rĂ©cente (CE, 26 octobre 1945, ARAMU). Mais la notion a prĂ©cĂ©dĂ© la terminologie, et les principes gĂ©nĂ©raux du droit sont sous-jacents Ă  la jurisprudence du Conseil d’État depuis plus d’un siècle”.

    Je ressortirai mes cours ce soir pour plus de prĂ©cisions, j’avoue que ma mĂ©moirem e fait dĂ©faut.

    - Je ne sais pas comment interprĂ©ter ton “vive le gouvernement des juges”. Est-il ironique ou sincère? Quoiqu’il en soit, personne n’est favorable Ă  cette idĂ©e, mais elle n’empĂŞche pas selon moi un rĂ©el pouvoir prĂ©torien du juge. Si l’article 4 du Code civil interdit au juge le dĂ©ni de justice, il faut bien qu’il juge malgrĂ© “le silence, l’obscuritĂ© ou l’insuffisance de la loi”. Ceci ouvre la voie Ă  une jurisprudence qui a pour limite l’interdiction (article 5 cette fois) des arrĂŞts de principe. La nĂ©cessitĂ© de la jurisprudence et des PGD est encore plus pointue en droit administratif, qui n’est pas d’origine Ă©crite. Historiquement on peut en effet conclure Ă  une carence du politique, qui lorsqu’il dĂ©crète que “les juges ne pourront, Ă  peine de forfaiture, citer devant eux les administrateurs pour raison de leurs fonctions”, ne prĂ©voit pas, initialement, de juridiction et de textes pour les juger.

    - Peut-on dire pour autant que l’existence des PGD et leur importance en droit administratif ouvre la voie au pire jusnaturalisme et au gouvernement des juges? Je ne crois pas. Force est de constater que les PGD sont “logiques” et ne surprennent personne, et qu’ils savent Ă©voluer au cours du temps (soit par la jurisprudence elle-mĂŞme : la continuitĂ© du service public interdisait la grève mĂŞme aux fonctionnaires jusqu’au prĂ©ambule de 1946, source de l’arrĂŞt DEHAENE en 1950 ; soit par la loi elle-mĂŞme puisque les PGD gardent une valeur “supra dĂ©crĂ©tale et infra lĂ©gislative”)

    Mardi 30 jan 2007 à 11:06

  13. groM a dit :

    Je n’Ă©tais absolument pas ironique au sujet du gvt des juges, juste provocateur. C’est quelque chose qui fait très peur en France alors qu’on ne l’a jamais connu. La RĂ©volution a Ă©pousĂ© la dĂ©testation de l’ancien rĂ©gime Ă  l’Ă©gard des Parlements, mais si on regarde bien, ces mĂŞmes Parlement ne faisaient bien souvent qu’affirmer, au dessus du Roi, l’existence de lois supĂ©rieures que celui-ci ne pouvaient changer, Ă  savoir les lois de dĂ©volution de la Couronne et d’inaliĂ©nabilitĂ© du domaine royal. Bref, le droit constitutionnel de l’Ă©poque.

    Je m’inscris par contre en faux contre ta phrase suivant laquelle les PGD sont “logiques”; ils sont au contraire le produit d’un Ă©tat de la sociĂ©tĂ© qui a permis que leur introduction fasse l’objet d’un consensus. Si ce consensus social est brisĂ©, qu’adviendra-t-il d’eux ? Je parie que
    le droit se soumettra au fait. Comme d’habitude.

    Comment ça, positiviste ? :-)

    Mardi 30 jan 2007 à 14:56

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