Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Vendredi 20 avril 2007

Machins Ă  voter

Posté dans Politique, Droit public par groM

J’ai rajoutĂ© un lien vers la pĂ©tition contre l’usage de machines Ă  voter dans la colonne de droite. En cette veille d’Ă©lection prĂ©sidentielle, Il me semblait important d’expliquer pourquoi je suis contre, jusqu’Ă  ce que je lise ce billet de Thomas, qui dit en peu de mot tout ce que je pense.

J’ajouterai simplement, Ă  toutes fins utiles, que lĂ  oĂą la fraude exigeait des bras dans chaque bureau de vote pour bourrer les urnes, contrefaire les PV ou soudoyer les assesseurs, la machine Ă  voter donne pour la première fois la possibilitĂ© d’une fraude Ă  grande Ă©chelle, sans risquer d’ĂŞtre dĂ©couvert. Une backdoor dans le code, ça s’est dĂ©jĂ  vu …

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8 commentaires

  1. Teulio a dit :

    Ca s’est dĂ©jĂ  vu?
    Où ça?

    Vendredi 20 avr 2007 à 17:51

  2. Antoine a dit :

    Hors des machines a voter, il y a eu par exemple l’histoire
    du “rootkit” de Sony, ou pour ecouter un CD musical, le logiciel ouvrait des backdoors.

    Pour les machines a voter, il y a eu pas mal d’interrogations lors d’une election dans l’etat de Georgie en 2002.

    Par ailleurs, notons qu’il n’y a pas que le probleme de la fraude
    qui peut poser probleme, mais simplement le fait qu’il est
    difficile de verifier qu’un logiciel fait bien ce que l’on pense
    qu’il fait (cela demande des techniques specifiques, qui sont
    rarement employees par les concepteurs de logiciels, y compris
    dans des logiciels embarques), ce qui fait qu’il peut tres bien y avoir des bugs subtils mais neanmoins presents (bon, ce n’est pas forcement cela qui fait changer le resultat d’une election, mais ca brise le principe d’equite de l’election).

    Vendredi 20 avr 2007 à 19:09

  3. Anonymous a dit :

    Teulio:

    http://www.rollingstone.com/news/story/10432334/was_the_2004_election_stolen

    “Nationwide, according to the federal commission charged with implementing election reforms, as many as 1 million ballots were spoiled by faulty voting equipment — roughly one for every 100 cast.(10)”

    Vendredi 20 avr 2007 à 19:52

  4. archimboldo a dit :

    vous manquez de contradicteur semble-t-il, alors je m’y colle.
    A l’exception de l’argument subjectif, à l’appréciation de chacun, de la nostalgie d’un rituel de vote papier, je ne partage pas les autres arguments.
    La triche, grand dieux, le papier nous a largement démontré toutes ses vertus en la matière, et je serai curieux de connaitre l’opinion des envoyés internationaux contrôlant les opérations de vote dans certains coins chauds;
    Le papier permet de recompter certes, mais qu’est-ce qui empêche de rajouter une pile de bulletins .
    Sur le risque informatique, sincèrement je ne comprend pas.
    Nous avons confié tout notre argent à l’informatique et d’une manière générale l’économie mondiale. la monnaie scripturale, donc numérique, donc informatique, et on voudrait me faire croire que nous ne pouvons sécuriser une machine, au demeurant non connecté au réseau, ce qui est LE risque majeur pour une bécane.
    je rajouterai que j’aimerai qu’on aille encore plus loin, comme pour les élections au Conseil de l’ordre des avocats, élection validée par la Cour de Cassation, avec le vote en ligne;
    Ce vote en ligne a permis un rel accroissement du taux de participation
    Je sens que je viens de lacher une bombe !

    Samedi 21 avr 2007 à 10:11

  5. groM a dit :

    @archimboldo: sans contradiction, point de dĂ©bat :-) A mon tour de m’y coller.

    Le cas des banques est entièrement diffĂ©rent. Chaque client reçoit un relevĂ©, qui comprend toutes les opĂ©rations effectuĂ©es sur son compte, et qu’il lui est possible de croiser avec ses propres relevĂ©s de chèque ou de carte bleu. Il dispose enfin d’un recours juridique contre toute incohĂ©rence entre les deux informations.

    Les machines Ă  voter fonctionnent de manière bien diffĂ©rentes: c’est une boĂ®te noire intĂ©grale. On vĂ©rifie qu’il y a marquĂ© 0 au dĂ©but, et qu’Ă  la fin, la somme des votes exprimĂ©s ou blancs est Ă©gale au nombre de votants. Puisque l’anonymat du vote est obligatoire, il n’est pas possible d’Ă©diter un relevĂ© global de toutes les opĂ©rations.

    Par contre, rien n’interdit Ă  ce que le logiciel de la machine soit programmĂ© pour effectuer des opĂ©rations bizarres du style: “quand un candidat du nom de X atteint un nombre N de voix, j’enlève M voix Ă  Y et je rajoute M voix Ă  X”. C’est un exemple hypothĂ©tique, certes, mais contrairement au vote traditionnel, les Ă©lecteurs n’ont aucun moyen de s’assurer personnellement que cela ne se produit pas. Il faut faire confiance aux organismes de certification approuvĂ©s par le ministère de l’intĂ©rieur. Soyons sĂ©rieux: l’Erika, la tribune de Furiani avaient Ă©tĂ© certifiĂ©s par de tels organismes.

    Il faut aussi relativiser la facilitĂ© de frauder dans les Ă©lections traditionnelles. Avec des urnes transparentes, des assesseurs appartenant aux diffĂ©rents partis, la prĂ©sence du public pour dĂ©pouiller, les visites des juges de TA, il faut ĂŞtre adroit ou chanceux. Et il faut du monde dans chaque bureau. Autant dire qu’une fraude nationale est inenvisageable. Avec les machines Ă  voter, la fraude peut potentiellement changer d’Ă©chelle, sans que les citoyens soient Ă  mĂŞme de constater par eux-mĂŞme la rĂ©gularitĂ© du scrutin.

    En terme de coĂ»t, on peut aussi en parler: les machines Ă  voter coĂ»tent 4000 Euros, de quoi imprimer un nombre de bulletins considĂ©rable. L’argument Ă©cologique ne tient pas non plus: on Ă©conomise du papier certes, mais le papier des bulletins est systĂ©matiquement recyclĂ©, et les machines en fin de vie sont des dĂ©chets difficiles Ă  traiter, comme les ordinateurs: elles contiennent des mĂ©taux lourds par exemple.

    Tout cela pour gagner une heure sur les rĂ©sultats dĂ©finitifs, le jeu en vaut-il la chandelle ? la lĂ©gitimitĂ© du vote exige d’abord la confiance, et avec les machines Ă  voter, cette confiance est sĂ©rieusement entamĂ©e.

    Samedi 21 avr 2007 à 12:13

  6. Antoine a dit :

    Oui, nous dependons de plus en plus de l’informatique,
    mais il y a deja eu des echecs industriels majeurs dus a des problemes
    purement numeriques (le plus celebre etant l’explosion d’Ariane 5,
    et l’un des problemes recents dans la construction de l’airbus A380
    serait du a un probleme de longueurs de cables electriques utilises
    dans deux logiciels differents avec des normes differentes pour
    les nombres).
    Je connais par ailleurs des gens qui travaillent sur des langages
    informatiques “surs”, et qui s’attendent a voir des serieux
    problemes dus a l’informatique, maintenant que la tendance, dans les moyens de transport ou autres, est a l’informatisation des systemes de controle (il y a parfois des annes sur les voitures modernes ou le garagiste n’intervient que sur les logiciels mais pas sur la mecanique). Quant aux systemes d’exploitation des ordinateurs, leur fiabilite laisse parfois a desirer.

    Enfin, pour la confidentialite des donnees, je vous invite
    a lire les recommandations ministerielles en matiere de
    traitement d’informations sensibles, en particulier
    l’article 7.
    http://www.ssi.gouv.fr/fr/reglementation/901/index.html#article7
    et http://www.ssi.gouv.fr/fr/reglementation/R400/index.html
    sur les problemes de rayonnements electromagnetiques.

    L’informatique resout des problemes et en cree d’autres.
    Comme dans la vraie vie, le risque zero n’y existe pas,
    et plus le risque doit etre limite, et plus cela coute cher…

    Dimanche 22 avr 2007 à 00:54

  7. Thomas a dit :

    Sur l’argument Ă©cologique, on peut en rajouter une couche. Non seulement les machines sont coĂ»teuses Ă  Ă©liminer après usage, mais elles sont aussi polluantes Ă  construire, et elles consomment de l’Ă©nergie qu’il faut produire. Par ailleurs est-ce que les bulletins ne reprĂ©senteraient pas une quantitĂ© relativement faible de papier en comparaison aux professions de foi, affiches et autres tracts imprimĂ©s pour chaque campagne, et diffusĂ©s directement auprès des Ă©lecteurs (versus rĂ©cupĂ©rĂ©s par les mairies), donc probablement beaucoup moins bien recyclĂ©s ?

    Dimanche 22 avr 2007 à 10:34

  8. Laurent GUERBY a dit :

    L’aspect Ă©conomique n’est pas en faveur des machines Ă  voter dans les institutions actuelles, revue chez moi :

    http://guerby.org/blog/index.php/2007/04/22/157-elections-et-comptabilite

    Mardi 24 avr 2007 à 00:10

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