Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Lundi 17 septembre 2007

Bizarrerie syntaxique

Posté dans Droit civil par groM

En lisant l’article 2228 du code civil, j’ai Ă©tĂ© frappĂ© par l’emploi très inhabituel du nous qui y est fait:

La possession est la dĂ©tention ou la jouissance d’une chose ou d’un droit que nous tenons ou que nous exerçons par nous-mĂŞmes, ou par un autre qui la tient ou qui l’exerce en notre nom.

Cela tranche avec le style très impersonnel du code, qui recourt quasi-systĂ©matiquement aux troisièmes personnes du singulier et du pluriel. VĂ©rification faite, il s’agit mĂŞme du seul article de tout le code civil qui utilise le nous, article est demeurĂ© inchangĂ© depuis 1804 (comme il est possible de s’en convaincre ici). Autres temps, autres lettres !

Vous pouvez déposer un commentaire, ou un rétrolien depuis votre site. RSS 2.0

7 commentaires

  1. PEG a dit :

    Je me souviens, on avait Ă©voquĂ© cet article en cours. Je ne me souviens plus de la rĂ©fĂ©rence prĂ©cise mais, si j’ai bonne mĂ©moire, je crois que la raison de l’utilisation inhabituelle de ce “nous” est que cet article est une traduction directe d’une dĂ©finition latine (Ulpien?) de la possession. Les jurisconsultes Latins s’exprimaient beaucoup plus par maximes que par dĂ©finitions abstraites, ce qui explique l’usage d’un pronom personnel.

    Et comme tu le sais, la rĂ©flexion sur la propriĂ©tĂ© (et donc sur la possession) est un des plus grands apports du droit romain, dont le droit Français reprend les catĂ©gories et la nomenclature, et il est donc parfaitement comprĂ©hensible que les auteurs du code civil n’aient rien trouvĂ© Ă  changer Ă  la description romaine, pas mĂŞme un pronom.

    On a toujours plaisir Ă  relire le code civil de 1804, on y trouve sans cesse des petits joyaux comme cet article. Stendhal avait raison.

    Mardi 18 sept 2007 à 01:47

  2. groM a dit :

    Il eĂ»t Ă©tĂ© pourtant assez facile d’Ă©crire quelque chose du style:

    La possession est la dĂ©tention ou la jouissance d’une chose ou d’un droit que l’homme tient ou exerce par lui-mĂŞme, ou par un tiers qui la tient ou qui l’exerce en son nom.

    Vous souvenez-vous de la raison pour laquelle Portalis et consorts tinrent autant Ă  la lettre d’Ulpien (?) ?

    Mardi 18 sept 2007 à 09:53

  3. PEG a dit :

    Aucune idĂ©e. Mais perso je pense que c’est juste une blague de juriste, un clin d’oeil Ă  qui saurat reconnaĂ®tre la citation.

    Mardi 18 sept 2007 à 17:58

  4. PEG a dit :

    Et j’ai mĂŞme oubliĂ© si ce “saurat” Ă©tait censĂ© ĂŞtre un “saurait” ou un “saura”…

    Mardi 18 sept 2007 à 17:59

  5. François TATARD a dit :

    Et la sémantique donc?

    [Commentaire non pertinent, gigantesque, et donc coupé]

    Vendredi 21 sept 2007 à 10:23

  6. François TATARD a dit :

    Vous devriez analyser le sens du mot “propriĂ©tĂ©” et( du verve “appartenir” en droit public. De la m^me façon le sens du mot “cession” dans l’imposition des plus-values. Ci dessous les consĂ©quences des incohĂ©rences sĂ©mantiques du droit public

    [Edit: tiens, ça faisait longtemps. Zap]

    Lundi 31 mar 2008 à 16:29

  7. François TATARD a dit :

    Commentaire impertinent? Pourquoi?
    Il serait plus courageux de donner des réponses aux questions.

    [L’impertinence implique au moins de l’esprit d’Ă  propos, ce dont vos commentaires, Ă©tant complètement hors-sujet, sont dĂ©pourvus. Quant Ă  vous donner des rĂ©ponses, encore faudrait-il qu’ils comportent quelques questions. Ne vous servez pas de mon blog comme dĂ©potoir psychanalytique, merci.]

    Dimanche 4 mai 2008 à 17:01

Laisser un commentaire