Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Mercredi 19 septembre 2007

Le regroupement familial “gĂ©nĂ©tique”: pouaarkh !

Mes bons lecteurs ne vont pas ĂŞtre surpris: je suis fermement opposĂ© au recours “volontaire” Ă  des tests ADN pour prouver la filiation dans les dossiers de regroupement familial. MĂŞme si j’arrive après les apports au dĂ©bat de Jules et du Pr. Rolin, je ne vous Ă©pargnerai pas le fruit de mon indignation. Je vous renvoie en particulier Ă  Jules pour une discussion beaucoup plus Ă©rudite sur la preuve en matière de droit de la famille.

En France, l’usage des tests ADN s’effectue donc dans trois cadres strictement limitĂ©s (A). La proposition de M. Mariani plongerait cet Ă©difice cohĂ©rent dans une mer d’incertitudes (B) aux relents politiques douteux.

A. La situation actuelle

La gĂ©nĂ©tique permet d’abord de prouver la filiation, mais dans les cas oĂą les modes d’Ă©tablissement lĂ©gaux ne parviennent pas Ă  obtenir ce rĂ©sultat. Ainsi, si un enfant est traitĂ© par le mari de sa mère comme son propre fils - c’est la possession d’Ă©tat - le juge, quand bien mĂŞme certains Ă©lĂ©ments iraient dans le sens d’une filiation biologique diffĂ©rente, dĂ©cidera que l’enfant est, juridiquement parlant, le fils de son père. Tout simplement parce qu’il s’agit de garantir la paix sociale, la paix des familles, avant de garantir l’exactitude biologique de la filiation. C’est une affirmation forte que fait lĂ  le droit: il Ă©nonce la prĂ©pondĂ©rance de l’acquis sur l’innĂ©, la prĂ©dominance de l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral sur l’intĂ©rĂŞt particulier.

Un autre usage des tests ADN est bien connu. Il s’agit de leur utilisation comme mode de preuve en matière pĂ©nale. “Le fichier national automatisĂ© des empreintes gĂ©nĂ©tiques, placĂ© sous le contrĂ´le d’un magistrat, est destinĂ© Ă  centraliser les empreintes gĂ©nĂ©tiques issues des traces biologiques ainsi que les empreintes gĂ©nĂ©tiques des personnes condamnĂ©es pour l’une des infractions mentionnĂ©es Ă  l’article 706-55 en vue de faciliter l’identification et la recherche des auteurs de ces infractions.” (art. 706-54 CPP).

Outre les personnes condamnĂ©es, “[l]es personnes Ă  l’encontre desquelles il existe des indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elles aient commis l’une des infractions mentionnĂ©es Ă  l’article 706-55” peuvent Ă©galement voir leur empreinte gĂ©nĂ©tique enregistrĂ©e dans le fichier, en principe tant que cela est utile pour le dossier.

Le dernier cas regroupe bien entendu “[l]es fins mĂ©dicales ou de recherche scientifique.” (art. 16-10 c. civ.). Il ne s’agit pas ici d’une action coercitive, mais encore faut-il que la personne donne un consentement libre et Ă©clairĂ©.

Des sanctions pĂ©nales assurent le respect des règles en vigueur. Ainsi le code pĂ©nal rĂ©prime-t-il, Ă  l’heure actuelle en tout cas, de 3 ans de prison et 45000 euros d’amende, “le fait de pratiquer ou de faire pratiquer sur une personne une recherche biomĂ©dicale sans avoir recueilli le consentement libre, Ă©clairĂ© et exprès de l’intĂ©ressĂ© […]” (art. 223-8) ou bien encore d’un an de prison et 15000 euros d’amende “le fait de dĂ©tourner de leurs finalitĂ©s mĂ©dicales ou de recherche scientifique les informations recueillies sur une personne au moyen de l’examen de ses caractĂ©ristiques gĂ©nĂ©tiques est puni d’un an d’emprisonnement et de 15000 euros d’amende.” (art. 226-26). L’affaire est donc sĂ©rieuse.

B. Une mer d’incertitudes

Mais la proposition de M. Mariani, sous ses apparences de simplicité, plonge cet édifice dans un océan de questions sans réponses.

On sait tout d’abord les difficultĂ©s qu’Ă©prouvent les Ă©trangers Ă  faire avancer leur dossier dans les services consulaires ou prĂ©fectoraux. Ainsi ai-je Ă©voquĂ© dans un rĂ©cent billet les dĂ©lais d’attente parfaitement dĂ©raisonnables opposĂ©s Ă  un de mes collègues en instance de naturalisation. Pas plus tard qu’hier, le journal de 20h de France 2 relatait les difficultĂ©s d’une femme algĂ©rienne Ă  faire venir son mari en France, alors mĂŞme que celui-ci rĂ©pond Ă  toutes les conditions posĂ©es. A l’aune de cette situation, on ne peut que gager que les Ă©trangers qui feront le “choix” de demander un test rencontreront encore plus de difficultĂ©s: entre l’obtention des rendez-vous pour dĂ©poser sa salive (d’aucuns diraient “pour cracher au bassinet”), l’expĂ©dition des Ă©chantillons dans les laboratoires agréés, le frais de poste … il n’est pas Ă©vident que tout cela facilite les choses contrairement Ă  la vision, optimiste, du Pr. Rolin.

On l’a vue plus haut, appliquer de tels tests au demandes de regroupement familial consisterait ensuite Ă  demander aux autres d’accepter ce qu’on l’on refuse en France pour des raisons Ă©thiques. Et que dire par exemple de la dernière tartufferie du premier ministre, qui se propose de ne facturer le prix du test que si la filiation est vĂ©rifiĂ©e ? Peut-il seulement imaginer que, Ă´ surprise, un Ă©tranger soit, comme un français, effondrĂ© d’apprendre que son fils n’est pas le sien ? Et que, cerise sur le gâteau, en consĂ©quence de l’infidĂ©litĂ© de sa femme, il doive en plus payer quelques centaines d’euros Ă  l’ambassade de France ? La paix familiale des Ă©trangers, que l’on refuse de troubler chez nous, mĂ©rite la mĂŞme protection chez eux.

Comme ensuite ĂŞtre sĂ»r que l’administration traitera Ă©quitablement ceux qui exerceront rĂ©ellement cette libertĂ© et refuseront de se soumettre ? Comment s’attendre Ă  ce qu’ils fassent l’objet de la moindre mensuĂ©tude quand on sait la duretĂ© avec laquelle les Ă©trangers sont dĂ©jĂ  traitĂ©s ? Peut-on rĂ©ellement espĂ©rer qu’il existe des recours juridictionnels efficaces contre ce type de discrimination ? Comment faire en sorte que la libertĂ© de choix de l’Ă©tranger, soumis Ă  une pression affective forte, soit prĂ©servĂ©e ? Comment faire en sorte que l’intime conviction du juge ne soit pas elle aussi emportĂ©e face Ă  la volontĂ© de l’Ă©tranger de prĂ©server sa personne d’une mesure contraignante ? Comment ne pas comprendre que, s’il l’on fait payer Ă  l’Ă©tranger le test, on instaure une discrimination par l’argent entre d’une part les pays riches et les autres, et d’autre part entre les plus riches de ces pays, et les autres. Mais peut-ĂŞtre est-ce tout simplement cela, “l’immigration choisie”.

Comment enfin ĂŞtre sĂ»r, enfin, que, au delĂ  des promesses et pour limitĂ©e dans le temps et optionnelle qu’on nous la vende, cette mesure ne fasse pas l’objet d’une extension progressive ? On sait par exemple que les infractions prĂ©vues Ă  l’article 706-55 - celles pour lesquels il est possible de rĂ©aliser un enregistrement dans le FNAEG - ont rapidement Ă©tĂ© Ă©tendues pour inclure dĂ©sormais Ă  peu près tout le code pĂ©nal, alors qu’Ă  l’origine, il ne s’agissait bien entendu que des crimes de nature sexuelle. Une leçon Ă  mĂ©diter.

Il n’est en tout cas pas anodin de proposer l’usage de tests gĂ©nĂ©tiques pour les Ă©trangers. Il y a depuis un certain temps un discours politique qui vise Ă  assimiler sĂ©jour illĂ©gal et dĂ©linquance. On sait que, dans les faits, l’Ă©tranger en sĂ©jour irrĂ©gulier prĂ©fère ĂŞtre discret pour Ă©viter les ennuis, et que les sans-papiers sont surtout coupables du dĂ©lit de sĂ©jour irrĂ©gulier. Mais il n’importe, il est toujours commode d’avoir des boucs Ă©missaires, et les sans-papiers en sont de commodes. Le recours Ă  la gĂ©nĂ©tique facilite l’assimilation des Ă©trangers au contexte dans le lequel cette technique est la plus mĂ©diatisĂ©e, c’est Ă  dire le monde pĂ©nal.

Est-ce volontaire ? J’ose espĂ©rer, sans trop y croire, que non.

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12 commentaires

  1. Serge Slama a dit :

    Vôtre billet est fort juste. Merci de votre révolte.

    En tout cas, d’un point de vue tactique, je tire mon chapeau au gouvernement Fillon et Ă  l’aiguillon de Sarkozy, le dĂ©putĂ© Mariani car ils ont rĂ©ussi avec ces deux “coups” - test ADN et statistiques ethniques Ă  faire totalement oublier le contenu de la loi - notamment plusieurs dispositions manifestement discriminatoires (http://www.gisti.org/spip.php?article944) et la condamnation de la France par la Cour EDH dans l’affaire Gebremedhin (http://www.anafe.org/doc/communiques/com-82.html).

    PS: au fait Ă  possession d’Ă©tat il n’y pas de majuscule. Il ne s’agit pas de possĂ©der “un Etat” mais, pour un individu, de se comportant comme ayant un Ă©tat (par ex la nationalitĂ© ou vivre comme un enfant lĂ©gitime sans savoir qu’on ne l’est pas) et d’ĂŞtre considĂ©rĂ© comme l’ayant mĂŞme si en droit il ne l’a pas

    Mercredi 19 sept 2007 à 16:14

  2. groM a dit :

    Si j’ose dire, L’Etat, c’est tout moi :-) Je corrige.

    Sur le plan tactique justement, j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© la technique consistant Ă  envoyer un dĂ©putĂ© en Ă©claireur, et Ă  se dĂ©solidariser de lui en apparence, en expliquant qu’il Ă©tait important de respecter le dĂ©bat parlementaire et qu’on prendrait l’amendement tel que votĂ© par le Parlement. Pas de tabous, surtout …

    Mercredi 19 sept 2007 à 16:44

  3. Serge Slama a dit :

    La dĂ©fenseure des enfants vient de publier ce communiquĂ© sur l’amendement Mariani et en rĂ©ponse Ă  l’interpellation sur l’ensemble du projet de loi (http://www.gisti.org/spip.php?article944)

    http://www.defenseurdesenfants.fr/actus/index1.htm

    Communiqué de presse : Avis de la Défenseure des enfants sur l’amendement proposant d’ouvrir aux familles étrangères en situation régulière qui demandent à retrouver leurs enfants la possibilité d’effectuer des tests génétiques afin de prouver leur lien de filiation avec leurs

    Paris, le 18 septembre 2007

    L’attention de la Défenseure des enfants a été attirée sur un projet d’amendement qui propose, pour faciliter la procédure de regroupement familial, que les parents et les enfants puissent effectuer – sur la base du volontariat et à leurs frais - des examens génétiques, afin d’établir de façon certaine le lien de filiation entre eux.

    Communiqué de presse : AVIS DE LA DEFENSEURE DES ENFANTS RELATIF AU PROJET DE LOI RELATIF A LA MAITRISE DE L’IMMIGRATION, A L’INTEGRATION ET A L’ASILE

    Paris, le 17 septembre 2007

    Dans le cadre du projet de loi relatif à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile, Dominique Versini, Défenseure des enfants, constate que certaines conditions relatives au regroupement familial semblent contraires à « l’intérêt supérieur de l’enfant » et à la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE).

    Mercredi 19 sept 2007 à 17:05

  4. Irène Delse » Fichage ethnique, tri ADN a dit :

    […] BlogorrhĂ©e ___________Au passage : encore et toujours les rĂ©seaux Pasqua… [↩] […]

    Jeudi 20 sept 2007 à 11:23

  5. BloghorrĂ©e » Bonne nuit les petits a dit :

    […] Le projet de loi sur l’immigration, Ă  propos duquel j’ai dĂ©jĂ  eu l’occasion de m’indigner, contient d’autres tristes surprises: […]

    Vendredi 21 sept 2007 à 10:22

  6. DR a dit :

    PLEASE RECEIVE THIS ARTICLE FROM US !!!

    Samedi 22 sept 2007 à 21:26

  7. “Toreador, un oeil noir … dans l’arène politique !” » Banderille n°159 : GĂŞne Ă©thique a dit :

    […] Ensuite, il y a le fond. J’ai connu, il y a longtemps, Thierry Mariani. Je suppose donc que, par rapport Ă  certains journalistes ou blogueurs (ici ou lĂ ), j’ai une certaine lĂ©gitimitĂ© Ă  en parler, mĂŞme si paradoxalement c’est plus difficile de rester neutre. Mariani, c’est un type sympathoche, sĂ©minariste dĂ©voyĂ©, bon vivant, dragueur, provocateur, dĂ©putĂ© assidu Ă  l’AssemblĂ©e Nationale et emmerdeur de première. C’est aussi un appartchik UMP qui a rĂ©ussi Ă  survivre dans le Vaucluse face au FN en Ă©tant de droite dure revendiquĂ©e. Ce n’est pas un fasciste, ni un dangereux franquiste : tout au plus un cow-boy, un porte-flingue jamais rĂ©compensĂ© de la Sarkozie. […]

    Dimanche 23 sept 2007 à 01:40

  8. Apokrif a dit :

    « le recours à la génétique facilite l’assimilation des étrangers au contexte dans le lequel cette technique est la plus médiatisée, c’est à dire le monde pénal. »

    Il s’agit de filiation, non d’identitĂ©, donc on se rapproche plutĂ´t de l’art. 16-11 al.2 Code civil, qui ne concerne pas le droit pĂ©nal. Ou bien on pourrait parler d’« assimilation des salariĂ©s Ă  des criminels » dans les entreprises oĂą il y a un contrĂ´le d’accès par empreintes digitales, puisque ce mode d’identification est utilisĂ© par la police pour chercher des truands…

    D’ailleurs, Mariani s’est appuyĂ© sur un rapport de Gouteyron qui, s’il parle de la fraude des Ă©trangers, ne cache pas non plus le racket par des Français (travaillant dans les consulats): http://www.senat.fr/rap/r06-353/r06-353_mono.html#toc143

    « On sait tout d’abord les difficultés qu’éprouvent les étrangers à faire avancer leur dossier dans les services consulaires ou préfectoraux. Ainsi ai-je évoqué dans un récent billet les délais d’attente parfaitement déraisonnables opposés à un de mes collègues en instance de naturalisation »

    L’objectif du test est d’*accĂ©lĂ©rer* le traitement des dossiers.

    « On l’a vue plus haut, appliquer de tels tests au demandes de regroupement familial consisterait ensuite à demander aux autres d’accepter ce qu’on l’on refuse en France pour des raisons éthiques »

    On ne le refuse *pas* en France (art. 16-11 CCivil).

    Vendredi 7 dĂ©c 2007 à 19:42

  9. groM a dit :

    @Apokrif: je vous rappelle que ce billet a Ă©tĂ© Ă©crit avant que l’amendement Mariani soit extensivement modifiĂ© par le SĂ©nat, et lorsque le recours aux tests ADN Ă©taient prĂ©vus sans recours Ă  l’autoritĂ© judiciaire. D’oĂą ma remarque.

    Concernant votre premier point, vous accordez les bénéfice du doute à Mariani; pas moi.

    Vendredi 7 dĂ©c 2007 à 22:46

  10. Anonymous a dit :

    Je croyais que le “refuse en France” portait sur le test en gĂ©nĂ©ral et pas uniquement sur le test conditionnĂ© par la dĂ©cision de justice. Pour le premier point, il n’est p

    Samedi 8 dĂ©c 2007 à 20:19

  11. Apokrif a dit :

    (post interrompu par une mauvaise manip)
    …il n’est pas question de doute, mais des faits: le test de Mariani se rapproche du test de filiation plutĂ´t que d’un test d’identification d’auteurs d’infractions. Ou bien vous pourriez dĂ©noncer l’existence de la carte d’Ă©tudiant en disant qu’elle a Ă©tĂ© instituĂ©e pour assimiler les Ă©tudiants contestataires/gauchistes/manifestants Ă  des truands (puisque le contrĂ´le d’identitĂ© existe dans la procĂ©dure pĂ©nale). Ou comparer les contrĂ´les aux frontières aux contrĂ´les de papiers lors des “heures les moins claires de notre histoire”.

    Tout ce qu’on peut craindre, c’est que l’existence de ces tests fasse diminuer la confiance accordĂ©e aux autres preuves. Mais je n’arrive pas Ă  comprendre pourquoi la mise en place de ces tests a fait verser tant de larmes (l’article 16-11 CCivil avait-il suscitĂ© les mĂŞmes rĂ©actions ?).

    Samedi 8 dĂ©c 2007 à 20:30

  12. Apokrif a dit :

    D’ailleurs, il y a un problème, avec l’intervention obligatoire du juge judiciaire: ce juge pourrait estimer que les doutes ne sont pas rĂ©els, et qu’il n’y a pas lieu de faire le test, tandis que le juge administratif (saisi du recours postĂ©rieur contre le refus de visa) estimerait que les doutes sont rĂ©els et qu’en l’absence de test, le visa pouvait ĂŞtre refusĂ©. Pourrait-on alors saisir le tribunal des conflits pour dĂ©ni de justice ? (et Ă©tant donnĂ© la longueur des procĂ©dures devant les deux ordres, le droit Ă  la vie familiale risquerait alors d’ĂŞtre privĂ© d’effectivitĂ©).

    Comme le disait Erasoft sur son blog, le caractère contradictoire de la procédure devant le juge judiciaire pouvait impliquer un déplacement à Nantes du demandeur de visa:

    http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnDocument?base=JADE&nod=JGXBX2007X06X000000292076
    Conseil d’État statuant au contentieux N° 292076
    M. Abdelkader A Lecture du 6 juin 2007 6ème et 1ère sous-sections réunies
    «Considérant que si l’administration consulaire dispose en principe d’un large pouvoir discrétionnaire pour se prononcer sur les demandes de visa de court séjour dont elle est saisie, elle est toutefois tenue de réserver à ces demandes une suite favorable lorsque l’étranger doit se voir reconnaître le bénéfice des garanties résultant des articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, relatives au procès équitable et au recours effectif ; tel est le cas, en particulier, lorsque l’étranger doit comparaître personnellement, à la demande de la juridiction, à l’audience au cours de laquelle un tribunal français doit se prononcer sur le fond d’un litige auquel l’intéressé est partie ; que toutefois, l’administration n’est pas tenue par une telle obligation si l’étranger a, en vertu des textes de procédure applicables à ce litige, la faculté de se faire représenter devant son juge par un conseil ou par toute autre personne ; que, dans ce dernier cas, l’administration conserve la faculté, ouverte par les stipulations de l’article 5 de la convention d’application de l’Accord de Schengen précité, de déroger, pour des motifs humanitaires, aux règles qui s’opposeraient à la délivrance du visa ; »

    Reste Ă  savoir si la vie familiale appartient aux « droits et obligations de caractère civils » mentionnĂ©s Ă  l’art. 6 CEDH, ou si le respect de l’art. 8 implique (sans invocation de l’art. 6 ou 13) le caractère Ă©quitable de la procĂ©dure (il faut aussi se demander si le visa de court sĂ©jour concerne le regroupement familial et, si ce n’est pas le cas, si le principe posĂ© par le CE reste valable en l’absence d’application du droit communautaire).

    Des liens intéressants:
    http://www.crackers.fr/2007/10/les-tests-adn.html
    http://www.koztoujours.fr/?p=485
    http://20minutes.bondyblog.fr/news/au-zenith-ils-se-levent-tous-contre-les-tests-adn#comment_74
    http://gachetblog.typepad.fr/sanscomplexe/2007/10/tests-adn-deux-.html

    Samedi 8 dĂ©c 2007 à 22:25

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