The dumbest
Je crois effectivement que la voie pĂ©nale n’est pas la plus adaptĂ©e dans tous les cas
Un merci Ă Vasiliy pour le lien.
Je crois effectivement que la voie pĂ©nale n’est pas la plus adaptĂ©e dans tous les cas
Un merci Ă Vasiliy pour le lien.
“Quâest-ce qui justifie que, lorsquâil existe des sanctions prononcĂ©es par lâadministration ou une autoritĂ© de rĂ©gulation, viennent sây ajouter des sanctions prononcĂ©es par une juridiction pĂ©nale ?” (Nicolas Sarkozy, dans son allocution devant le tribunal de commerce de Paris)
M. Sarkozy, malgrĂ© une formation juridique poussĂ©e, semble ne pas bien comprendre la notion de responsabilitĂ©. Etre responsable, c’est rĂ©pondre de ses fautes. Et s’il exite une rĂ©pression pĂ©nale, une rĂ©pression disciplinaire et une rĂ©gime de responsabilitĂ© civile, c’est que les fautes auxquels chacun de ces rĂ©gimes s’intĂ©resse sont de natures diffĂ©rentes.
Le juge pĂ©nal sanctionne le trouble commis envers la sociĂ©tĂ©, le trouble Ă l’ordre public. Quand il statue sur l’action civile, c’est Ă dire quand il examine la responsabilitĂ© civile de l’auteur de l’infraction, le juge pĂ©nal fait en sorte de rĂ©parer le dommage subi par la victime de l’infraction. Quand une instance disciplinaire, par exemple professionnelle, rĂ©prime l’auteur d’une infraction, c’est pour punir le trouble subi par le milieu dont elle doit assurer la protection, trouble qui ne recouvre pas forcĂ©ment les mĂȘmes contours. Ainsi le non respect de certaines pratiques professionnelles peut-il ĂȘtre constitutif d’une faute disciplinaire sans pour autant ĂȘtre rĂ©primĂ© pĂ©nalement.
Prenons un exemple: un Ă©lĂšve frappe un professeur. Il est passible de poursuites pour coĂ»ts et blessures volontaires (infraction pĂ©nale). Sa victime peut le poursuivre au civil ou bien au pĂ©nal, par la voie de l’action civile, pour obtenir des dommages-intĂ©rĂȘts (elle engage alors la responsabilitĂ© civile de l’Ă©lĂšve, ou celle de ses parents s’il est mineur). Enfin, le conseil de discipline se rĂ©unit pour prononcer des sanctions disciplinaires (exclusion dĂ©finitive par exemple).
Bizarrement, il semblerait que le PrĂ©sident de la tolĂ©rance zĂ©ro, que le consolateur inlassable des victimes de pĂ©dophiles, considĂšre que, s’agissant de la dĂ©linquance en col blanc, tout cela soit superfĂ©tatoire. Les victimes consommateurs apprĂ©cieront.
“Comment comprendre que, dans les cas qui ne mettent en cause que des intĂ©rĂȘts privĂ©s et pĂ©cuniaires, il puisse encore ĂȘtre fait recours au droit pĂ©nal ?”
Aaah, ça, alors on se le demande ! Alors si je vole 1.000 euros Ă mon patron, en piquant discrĂštement dans la caisse par exemple, j’Ă©chappe donc au tribunal correctionnel ? Car aprĂšs tout, le vol simple rĂ©pond Ă cette prĂ©sidentielle dĂ©finition: il ne met en cause que les intĂ©rĂȘts privĂ©s et pĂ©cuniaires de mon patron … Que voilĂ une rĂ©forme ambitieuse, qui laisserait de l’air aux juridictions et qui, certainement, permettrait de rĂ©soudre certains problĂšmes de surpopulation carcĂ©rale. Je suis certain que Rachida - dont je tiens Ă souligner l’Ă©nergie - fera trĂšs bientĂŽt des propositions en ce sens.
Le lecteur attentif l’aura compris, je suis bien occupĂ© en ce moment. Un agenda professionnel dense (la rentrĂ©e des classes est aussi celle des projets manifestement) se combine avec des rĂ©visions intenses de droit des affaires, d’Ă©conomie monĂ©taire et d’anglais. Il en rĂ©sulte une inertie du flux RSS de ce site qui ne doit pas ĂȘtre prise pour une disparition.
Cela dit, l’actualitĂ© rĂ©cente me confirme un aspect intĂ©ressant mais dĂ©licat du droit.
Lorsque la rĂ©gion Poitou-Charentes a dĂ©cidĂ© par dĂ©libĂ©ration d’exclure des subventions rĂ©gionales les entreprises qui auraient recours au CNE, je me suis fendu d’un article pour expliquer en quoi, Ă mon humble avis, cette dĂ©libĂ©ration Ă©tait illĂ©gale. Les commentaires (qui peuvent ĂȘtre d’aussi cruels rappels que les articles
), rappellent que cette opinion fut, dans une large mesure, partagée par les lecteurs de ces lieux. Résultat des courses: le TA de Poitier a validé la légalité de la délibération.
Lorsque le ministre des comptes publics a annoncĂ© que l’exonĂ©ration des intĂ©rĂȘts de prĂȘts immobiliers ne concernerait que les prĂȘts conclus aprĂšs le 6 mai, je me suis fendu d’un autre billet, pour prĂ©voir triomphalement qu’une telle mesure Ă©tait constitutive d’une rupture d’Ă©galitĂ© face aux charges publiques, et qu’elle Ă©tait donc inconstitutionnelle. Au final, aprĂšs que le gouvernement eĂ»t finalement dĂ©cidĂ© de rendre la mesure rĂ©troactive, le Conseil Constitutionnel prend le contre-pied complet de mon raisonnement. D’aucuns prĂ©tendent que la dĂ©cision fut politique, mais en tout Ă©tat de cause, je me suis encore plantĂ©.
La parole est d’argent, mais le silence est d’or: amis lecteurs, ne prenez pas comme parole d’Ă©vangile ce que je peux Ă©lucubrer !
En ce beau quatre Septembre, je souhaite un joyeux 137 Ăšme anniversaire Ă la RĂ©publique parlementaire, avec tous mes voeux de prompt rĂ©tablissement Ă son endroit, et en espĂ©rant (sans trop y croire, la pression prĂ©sidentielle et prĂ©sidentialiste Ă©tant ce qu’elle est) que « le comitĂ© de rĂ©flexion et de proposition sur la modernisation et le rééquilibrage des institutions de la VĂšme RĂ©publique » ne f … pas tout en l’air.
J’en profite pour dire un merci affectueux Ă LĂ©on.
Vive la République !