Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Archive du mois de octobre 2007

Lundi 29 octobre 2007

Dans la douleur … mais ça marche

Posté dans CAVEJ par groM

Suite de mes problèmes de réinscription. Ce matin, je reçois un e-mail du service des inscriptions administratives. La réponse est laconique: “CONTACTER VOTRE UFR comme le message l’indique“. Réponse: “Voilà précisément la situation que je craignais: chacun se renvoie la balle.

En désespoir de cause, je refais une tentative il y a cinq minutes. Et là, miracle: cela marche. Je ne sais pas si mon message a servi à quoi que ce soit, mais ça soulage.

Bizarrement, le service est devenu fonctionnel exactement une semaine après la disponibilité des résultats. Et il aurait dû être disponible le 25, une semaine après la date initialement prévue pour les résultats et repoussée au 22 pour cause de grève. Peut-être n’est-ce donc même pas un problème technique, mais juste un problème de communication. Raison de plus pour regretter encore que si les choses fonctionnent, elles ne semblent pouvoir fonctionner que dans la douleur.

Je vais enfin pouvoir me consacrer à des choses intéressantes, comme le rapport du comité Balladur, par exemple.

Samedi 27 octobre 2007

Pas de panique …

Posté dans CAVEJ par groM

… mais un peu d’énervement quand même.

Comme mes bons lecteurs le savent désormais, je brûle de m’inscrire en L3. Le processus pour ce faire se décompose normalement en deux phase:

  • une inscription administrative: pour obtenir l’inscription au sein de l’université et notamment sa carte d’étudiant;
  • une inscription pédagogique: qui ne peut se faire qu’une fois réalisée l’inscription administrative, pour obtenir les polys et les disques.

La réinscription administrative se fait normalement en 5 minutes par un site Web, suite à quoi il suffit d’envoyer et chèque et quelques papier au service ad hoc. Mais là, pas de bol: une fois identifié, j’obtiens la page suivante:

Aucune inscription ne peut vous être proposée par le web pour l’instant.

Pour plus d’informations, veuillez contacter le secrétariat de votre UFR/Institut ou celui du diplôme dans lequel vous souhaitez vous inscrire (s’il s’agit d’un diplôme sur autorisation).

Il est inutile d’essayer de joindre le service des Inscriptions Administrative car il ne pourra pas vous renseigner.

(Appreciez en passant le dernier paragraphe, bien représentatif d’une certaine culture du service public)

Le CAVEJ, contacté, ne peut rien faire (pas très étonnant) et m’indique que je ne suis pas le seul dans cette situation. Il me donne le numéro de téléphone des inscriptions administratives qui malgré une persécution téléphonique intensive (un coup de fil tous les quarts d’heure de 10h à midi et de 14h à 16h ce vendredi), ne réponds pas (bizarrement, cela sonne tantôt vide, tantôt occupé: y aurait-il alors un être humain là-bas ?). Rappelant le CAVEJ, celui-ci m’indique aimablement que je peux quand même commencer à travailler. Sans polys, sans CD, sans même le plan de cours pour savoir quoi bosser dans les bouquins - et en droit du travail, le bouquin fait 800 pages, pas question donc de prendre un sujet au hasard.

C’était déjà difficile, mais là, je ne vous le cache pas, cela devient un franchement délicat.

Si les facs se lamentent sur leur perte d’attractivité, il n’y a pas à chercher loin pour trouver des domaines à améliorer. Je ne leur reproche pas d’avoir des problèmes techniques: je suis parfaitement placé pour savoir que c’est normal. Mais un petit mot sur le site pour dire: Suite à un problème technique, nous ne pouvons vous inscrire pour le moment. Nous travaillons à la résolution du problème et vous recevrez un mail quand cela sera réparé, ça prend 5 minutes à faire, ça coûte pas un radis, et en prime, cela évite que les étudiants vous persécutent au téléphone.

Les quoi ?

Lundi 22 octobre 2007

Cette fois, ça y est !

Posté dans CAVEJ par groM

Les résultats sont tombés, je suis en L3 :-)

Moyenne sur l’année: 13,522 (j’aime les trois chiffres après la virgule). Par rapport à mes dernières impressions, c’est assez conforme, sauf que je me suis fait allumer en droit des affaires. Concernant cet incident malencontreux, je vais faire plaisir à Eolas: c’est moi qui avais raison, aucun doute, j’ai les meilleurs auteurs pour moi.

Lundi 22 octobre 2007

Ami, entends-tu …

Posté dans Politique par groM

Entendu ce matin, sur la ligne 13:

En raison de la commémoration de Guy Môquet (sic), la station Guy-Môquet est fermée au public. Les trains ne marqueront pas l’arrêt.

Ni le coup, manifestement.

PS: Lire le billet de Jules sur la question. Je partage tout à fait son analyse sur 1) la vacuité de cette lettre et 2) La dictature de l’émotion que cette décision emporte. Pour ma part, ayant fait mes études secondaires dans un Lycée qui a eu ses propres Guy Môquet et dont l’administration n’a jamais pu, durant les trois ans que j’y ai passé, changer le disque rayé qui nous massacrait la Marseillaise lors des petits matins froids et commémoratifs, permettez que je préfère le bon vieux 11 novembre.

Vendredi 12 octobre 2007

La VIème république moins le quart

Posté dans Droit constitutionnel, Politique par groM

Selon un article du Figaro d’aurjourd’hui:

Claude Guéant s’est dit prêt à être auditionné par la commission d’enquête, mais le chef de l’État s’est fermement opposé à l’audition de son épouse, au nom de la « séparation des pouvoirs ».

En revanche, le président UMP de la commission des affaires étrangères, Axel Poniatowski, a confirmé hier que Nicolas Sarkozy serait prêt à recevoir le bureau de la commission d’enquête […]

Devant une telle contradiction, qui ne fait même pas l’objet du moindre commentaire de la part de l’auteur de l’article, les bras m’en tombent. Les raccrochant rapidement (il faut pas se laisser abattre), je me permets de dessiner à grands traits, dans la nouvelle constitution que nous prépare le comité Balladur, le statut tant réclamé de l’épouse du chef de l’Etat. Après la Vème République et demi, voici la VIème moins le quart.


Titre II: de Cécilia

Article 5 :

L’épouse du Président de la République, quand elle est prénommé Cécilia, est exemptée du respect de la Constitution. Elle assure, par son influence affective, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’Etat.

Elle est la garant de l’indépendance des otages et permet la négociation des traités commerciaux.

Article 6 :

L’épouse du Président de la République est choisie discrétionnairement par celui-ci parmi les anciennes épouses de stars télévisuelles de notoriété nationale.

La fonction d’épouse du Président de la République est seulement incompatible avec celle de Président de la République.

Les modalités d’application du présent article sont fixées par une loi organique.

Article 8 :

L’épouse du Président de la République sussurre le nom du Premier Ministre à l’oreille du Président. Elle met fin à ses fonctions suivant la même procédure.

Elle nomme les autres membres du Gouvernement parmi ses amis et met fin à leurs fonctions discrétionnairement.

Article 9 :

Le Président de la République préside le Conseil des Ministres. L’épouse du Président consulte l’ordre du jour.

Article 10 :

Après avis conforme de son épouse, le Président de la République promulgue les lois dans les quinze jours qui suivent la transmission au Gouvernement de la loi définitivement adoptée.

Il peut, avant l’expiration de ce délai, demander au Parlement une nouvelle délibération de la loi ou de certains de ses articles. Cette nouvelle délibération ne peut être refusée. L’épouse du Président de le République motive cette décision dans l’Est Républicain.

[…]

Article 12 :

Le Président de la République peut, après consultation de son épouse, du Premier Ministre et des Présidents des assemblées, prononcer la dissolution de l’Assemblée Nationale.

[…]

Article 14 :

Le Président de la République accrédite son épouse et le secrétaire général de l’Elysée auprès des puissances étrangères ; les ambassadeurs et les envoyés extraordinaires étrangers sont accrédités auprès de lui.

Article 16 :

Lorsque la cote de popularité du Président ou l’exécution de ses engagements de campagne sont menacées d’une manière grave par la curiosité parlementaire ou le simple bon sens, ou que l’exercice régulier de l’impunité présidentielle est interrompu, le Président de la République prend les mesures exigées par ces circonstances, après consultation de son épouse.

Il en informe la Nation sur TF1.

Ces mesures doivent être inspirées par la volonté d’éviter toute responsabilité politique.

Le Parlement peut réunir des commissions d’enquête, du moment qu’elles ne sont pas trop pugnaces.

Article 17 :

Le Président de la République a le droit de faire grâce à son épouse.

[…]

Article 19 :

Les actes du Président de la République autres que ceux prévus aux articles 8 (1er alinéa), 11, 12, 16, 18, 54, 56 et 61 sont contresignés par sa femme.

Lundi 8 octobre 2007

La simplification de la loi selon Swift

Posté dans Citations par groM

En réponse au commentaire de Scif sous une précédente citation de Swift, et pour démontrer que la problématique de la simplification du droit n’est pas nouvelle, un rappel de la solution radicale que le royaume de Brobdingnag lui a apportée:

Aucune des lois du pays ne peut comporter plus de mots qu’il n’y a de lettres dans l’alphabet. Or celles-ci ne sont que vingt-deux. Mais, de fait, peu de textes législatifs atteignent cette même longueur. Ils sont rédigés en termes très courants et très simples, auxquels personne dans ce peuple n’a l’esprit assez subtil pour donner plus d’une interprétation. D’ailleurs, tout commentaire sur un texte de loi est puni de la peine de mort. Quant à la jurisprudence en matière civile et criminelle, elle compte si peu de précédents que nul n’a à se vanter de talents exceptionnels s’il la possède à fond.

(Les voyages de Gulliver, Voyage à Brobdingnag, traduction de Jacques Pons)

Puisse cela inspirer M. Warsmann.

Dimanche 7 octobre 2007

A swift attack on judges and lawyers

Posté dans Autres, Citations par groM

De Jonathan Swift, dans le Voyage chez les Houyhnhnms (in les voyages de Gulliver), à propos des juges:

Quant aux juges, il faut que votre Honneur sache que ce sont des personnes chagées de trancher les litiges en matière de propriété, comme de juger les criminels; ils se recrutent parmi les avocats les plus retors, qui sont devenus vieux ou paresseux. Et comme ils ont été toute leur vie les ennemis de la justice et de l’équité, ils gardent un tel besoin de favoriser la fraude, le parjure et l’oppression, que je vis même des juges refuser des pots-de-vin offerts par des plaideurs qui avaient le bon droit pour eux, plutôt que d’insulter leur corporation en commettant un acte si opposé à leur caractère et à leur devoir.

Mais rassurez-vous, il y en a autant pour les avocats:

Ainsi ils [les avocats, ndlr] prennent bien soin de noter toutes les décisions qui ont été prises antérieurement contre la justice naturelle et contre le sens commun. Celles-ci, qui reçoivent le nom de précédents jurisprudentiels, sont alors présentés aux autorités pour justifier les opinions les plus iniques, et les juges ne manquent pas d’en tenir compte dans leur verdicts. Quand ils plaident, ils évitent soigneusement de fournir des arguments favorables à leurs thèses mais, tout en donnant de la voix et en gesticulant, ils s’étendent de façon très ennuyeuse sur mille circonstances qui n’ont rien à voir avec le sujet […] Après quoi on consulte les précédents, on renvoie la cause un certain nombre de fois, et au bout de dix, 20 ou 30 ans, le verdict est rendu.

Comme quoi, les choses n’ont pas beaucoup changé ces 300 dernières années.

Je parle de la vision qu’ont les gens des juges et avocats, bien sûr :-)

Samedi 6 octobre 2007

Polémiquons gaiement sur les oeuvres utilitaires

Posté dans Propriété intellectuelle par groM

Je poursuis ici, dans un esprit polémiste et querelleur :-) une discussion démarrée sous cet article de l’excellent Calamo. Que celui-ci me pardonne d’avance cet esprit chicaneur. La suite

Samedi 6 octobre 2007

Allez les petits gars !

Posté dans CAVEJ par groM

Et non, ceci n’est pas un billet sur le match de ce soir, où l’équipe de France va de toute façon se prendre 20 points dans la vue. C’est un petit billet d’humeur sur la condition étudiante.

J’ai été hier soir chez Gibert Joseph, le dealer de livres notoirement connu du boulevard Saint-Michel, pour me procurer les livres du premier semestre. Bilan de l’opération, à raison d’un livre par matière, choisi après un peu de feuilletage: 191 Euros. Et évidemment, comme le droit est en évolution constante, il faut les dernières éditions. Donc les bouquins neufs. Donc les plus chers.

Il me faudra par ailleurs acquitter les frais de scolarité de Paris 1, plus “la participation aux frais” pour accéder au matériel de l’enseignement par correspondance. Soit respectivement 180 et 360 euros.

Le calcul du coût total d’une année est facile: 922 Euros.

Et bien je trouve cela cher.

Alors vous me direz:

  • Rien ne t’interdit d’aller à la bibliothèque. Si: le manque de temps, comme la plupart, j’imagine, des étudiants du CAVEJ.
  • L’éducation a un coût, rien ne t’oblige à reprendre des études si tu veux pas payer. C’est vrai. Mais pour ceux qui n’ont pas eu la chance d’en faire et pour lesquels l’enseignement par correspondance constitue une deuxième chance, c’est nettement plus injuste.
  • Il y a des bourses. Heureusement, mais trop peu. Mais c’est quand même pas un hasard si de plus en plus d’étudiants doivent bosser en même temps qu’ils suivent leurs études. Et ce n’est pas une “formidable expérience”: c’est un excellent moyen de se planter et de se crever la santé.

Et bien, en cette période de rentrée, j’ai une pensée pour tout ceux qui en ch … pour faire des études. Allez les petits gars !