Ecoutons les étudiants !
La blogosphère tonne de commentaires peu amènes Ă l’Ă©gard des mouvements Ă©tudiants. Jules et Paxa dĂ©noncent les mĂ©thodes utilisĂ©es dans les AG. Dimitri Houtcieff se demande oĂą est l’intĂ©rĂŞt des Ă©tudiants. Etant, aussi bien dans Lieu-commun que dans Droit-commun, ces cercles blogosphĂ©riques de haute volĂ©e, l’un des rares (le seul ?) Ă©tudiant en premier cycle, souffrez, amis lecteurs, que j’ajoute ma pierre au dĂ©bat.
D’abord, je dois dire que le mouvement me cause un prĂ©judice direct. Le blocage du centre administratif de Tolbiac a ainsi empĂŞchĂ© le service - bien maigrelet ai-je ouĂŻ-dire - des inscriptions administratives de traiter ycelles. Or, sans inscription administrative, pas de carte d’Ă©tudiant; sans carte d’Ă©tudiant, pas d’inscription pĂ©dagogique; sans inscription pĂ©dagogique, pas de CD et de polys. Les Ă©tudes Ă distance demandent une certaine discipline, et je vous avouerais que sans le matĂ©riel, cela tourne Ă l’ascèse.
Suis-je pour autant “pris en otage” ? Je ne le crois pas. Ma libertĂ© de mouvement est complète, merci. Je peux, mĂŞme si cela est plus difficile, commencer Ă travailler. Les confĂ©rences de mĂ©thode du samedi se tiennent et, grâce Ă ma belle-mère que je remercie en passant, GroMinet n’est pas Ă la rue pendant que son père se penche avec dĂ©lice sur l’inaliĂ©nabilitĂ© du domaine public ou l’abus de majoritĂ© dans les sociĂ©tĂ©s de capitaux. Et, rassurez-vous, je ne risque pas, Ă l’Ă©gard des leaders Ă©tudiants, d’ĂŞtre frappĂ© du syndrĂ´me de Stockholm.
De là à dire que je suis enchanté, il y a un pas que je ne franchirais pas.
Mes bons lecteurs connaissent dĂ©sormais mes sympathies de gauche. Autant dire que j’ai d’ordinaire une indulgence coupable Ă l’Ă©gard des divers mouvements sociaux. Pour autant, ce mouvement m’inspire assez peu de mansuĂ©tude. Les cheminots, quand ils font grève, dĂ©fendent au moins leur gagne pain. Le mouvement Ă©tudiant, s’il invoque l’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral, semble plutĂ´t vouloir faire le bien des Ă©tudiants malgrĂ© eux. En tĂ©moignent les conditions contestĂ©es dans lesquelles se tiennent certaines AG, et la prĂ©fĂ©rence du vote Ă main levĂ©e sur le vote Ă bulletin secret.
Quand on se plonge dans leurs revendications, on voit assez bien ce Ă quoi ils sont opposĂ©s: la privatisation et la sĂ©lection Ă l’entrĂ©e. Par contre, il est beaucoup plus dur de savoir ce pour quoi ils sont. Ah, si: “50% d’une classe d’âge Ă la licence.” Je soupçonne mĂŞme certains, par exemple Ă la CNT, d’espĂ©rer mettre Ă genoux le système capitaliste en allant occuper le centre Pierre Mendès-France de l’universitĂ© Paris 1. Et bien pas de bol, si je suis contre la privatisation, je suis pour la sĂ©lection Ă l’entrĂ©e. Dans certaines conditions, certes, en particulier pour assurer la complète Ă©galitĂ© des chances. Mais la sĂ©lection quand mĂŞme. Et je ne crois pas une seconde qu’avoir 50% d’une classe d’âge Ă la licence soit un progrès pour la France. Bref, il est temps que l’UNEF cesse de servir de couveuse Ă Ă©lĂ©phanteaux si elle ne veut pas en devenir le cimetière.
Pour terminer, j’ai reçu, comme j’imagine tous les Ă©tudiants de Paris 1, un mail de la PrĂ©sidence de l’universitĂ© dont le contenu Ă©tait celui-ci:
L’UniversitĂ© Paris 1 PanthĂ©on-Sorbonne a ainsi dĂ©cidĂ© de mettre en place un dispositif de consultation en ligne des Ă©tudiants sur les modalitĂ©s des actions en cours.
Ce dispositif « Blocage : votre avis ? » (Ă l’adresse suivante : www.univ-paris1.fr/consultation/) est ouvert Ă compter de mardi 13 novembre Ă 8 heures et jusqu’au jeudi 15 novembre Ă 16 heures. Les rĂ©sultats seront publiĂ©s sur le site de l’universitĂ© : www.univ-paris1.fr .
Le dispositif a Ă©tĂ© conçu de façon Ă offrir toute garantie de confidentialitĂ© et d’objectivitĂ© : seuls les Ă©tudiants de l’universitĂ© sont autorisĂ©s Ă s’exprimer, une seule fois, et sans qu’aucune donnĂ©e ne soit ensuite archivĂ©e qui permettrait de faire le lien entre le nom d’un Ă©tudiant et son opinion.
L’universitĂ© souhaite la participation la plus large Ă cette consultation et vous convie tous Ă y participer. Vous ĂŞtes ainsi invitĂ©s Ă vous exprimer par approbation, opposition ou refus de choisir, sur la position suivante :
« IndĂ©pendamment de mon opinion sur la loi LRU et de mon souhait Ă©ventuel d’exprimer une opposition ou une approbation de cette loi, je considère comme inacceptable l’installation de piquets de grève et autres obstructions visant Ă interdire aux Ă©tudiants et enseignants qui le souhaitent l’accès aux locaux universitaires, au centre Pierre Mendes France comme sur tout site de l’universitĂ© ».Par cette dĂ©marche, respectueuse de la libertĂ© de chacun(e), notre universitĂ© entend assumer sa nature d’universitĂ© pluraliste, respectant la diversitĂ© des opinions et de leur expression dans un cadre dĂ©mocratique.
L’idĂ©e de la PrĂ©sidence est claire: organiser un vote pour montrer l’absence de reprĂ©sentativitĂ© du mouvement Ă©tudiant. Sur le principe, je veux bien, mĂŞme si c’est un coup tactique: il ne faut pas avoir peur de la dĂ©mocratie. Mais dans un monde idĂ©al, non seulement la question aurait Ă©tĂ© formulĂ©e dans des termes plus neutres, mais il y aurait eu deux votes. Un sur le blocage de la fac; un sur la loi LRU.
Quand se donnera-t-on la peine d’entendre les Ă©tudiants ?
Passant a dit :
“Les Ă©tudes Ă distance demandent une certaine discipline,”
Surtout si votre université ne parvient pas à employer son site Web pour mettre ces doucments à disposition de ses étudiants !
Vous auriez dĂ» vous inscrire en Finlande ou au MIT : ils excellent en cela, choisissant leurs Ă©tudiants parmi les meilleurs finlandophones dans le premier cas, anglophones dans l’autre au monde.
Mardi 13 nov 2007 à 16:18
groM a dit :
Ne m’en parlez pas, c’Ă©tait exactement la teneur du message que j’ai envoyĂ© pendant le week-end Ă la responsable pĂ©dagogique de la L3. Ils ont apparemment très peur que leurs cours soient copiĂ©s.
Mardi 13 nov 2007 à 16:36
Passant a dit :
Ă l’Ă©poque (1994), les enseignants que j’avais pu croiser avaient surtout peur de voir leurs cours lus par plus compĂ©tents qu’eux.
Mardi 13 nov 2007 à 16:56
Eolas a dit :
“Quand Ă©coutera-t-on les Ă©tudiants” ? Question dĂ©jĂ posĂ©e de mon temps, oĂą les polys Ă©taient Ă©crits Ă la main par des moines copistes. Mais on les Ă©coute. Et vu leurs arguments, par charitĂ© chrĂ©tienne, on fait semblant de ne pas avoir entendu.
Mardi 13 nov 2007 à 17:41
groM a dit :
@Eolas: Bon sang, je le savais ! La compilation de Justinien, c’Ă©tait toi !
Mardi 13 nov 2007 à 17:47
Passant a dit :
Eolas; comme ça pour rigoler, Ă quelle probabilitĂ© estimez-vous qu’une nouvelle rĂ©forme de l’universitĂ© soit dĂ©clarĂ©e “nĂ©cessaire” d’ici 4 ans ?
Mardi 13 nov 2007 à 18:04
Passant a dit :
Pour ma part, je n’entends que des jeunes hommes et femmes demandant un peu plus d’humanitĂ© dans une vie qui en est de plus en plus dĂ©nuĂ©e … Tristes espoirs…
Espoirs que l’on doit peut-ĂŞtre abandonner en arborant robe, toque ou simarre(s) …
Une vie oĂą apprendre ne rimerait pas avec concourir, oĂą plus de cinq annĂ©es d’Ă©tudes ne mènent jamais aux ponts et Ă la soupe populaire.
Dura lex, sed lex. Il est vrai qu’avec tant de gestionnaires et d’Ă©conomistes aigris, leur hypocrisie et les lois qu’ils proposent et votent deviennent de plus en plus dures Ă avaler, surtout lorsqu’on n’a que vingt ans et qu’on ne fait que rĂŞver Ă un monde illusoire entretenu par les adultes nous entourant enfants, la gorge nouĂ©e.
Mercredi 14 nov 2007 à 01:02
groM a dit :
@Passant: je dois avouer que cet espoir immĂ©morial de la jeunesse, je le vois assez peu dans ce mouvement …
Mercredi 14 nov 2007 à 09:44
Passant a dit :
DĂ©jĂ , quel manque de confiance en la vie tĂ©moigne le simple fait de revendiquer pour soi l’Ă©tiquette d’Ă©tudiant ! Je ne veux pas dire par lĂ que l’Ă©tude soit nuisible, bien au contraire : mais on se souviendra que l’essentiel de notre patrimoine des arts, lettres et sciences, nous fĂ»t rĂ©vĂ©lĂ©e par des hommes qui jamais, n’eurent le sentiment de faire des Ă©tudes au sens oĂą cela se conçoit, aujourd’hui. Ainsi donc, il faut savoir ĂŞtre homme avant d’Ă©tudier, et pour cela, choisir la vie, l’air, la libertĂ©, autrement dit, l’opposĂ© d’une Ă©tiquette, d’un statut, d’un cadre !
Comme disait Renaud : “Ă©tudiant, poil aux dents, chuis pas d’ton clan pas d’ta race, mais j’sais qu’le coup d’pied au cul que j’file au bourgeois qui passe, il vient d’l'Ă©cole de la rue, et il salit ma godasse !!!”
Mercredi 14 nov 2007 à 18:45
somni a dit :
J’ai franchement l’impression que rien n’a changĂ© dans les facs depuis que j’ai quittĂ© la mienne, en 1989 : autres temps, mĂŞmes moeurs
Mercredi 14 nov 2007 à 20:50
somni a dit :
A propos de la question de la sĂ©lection, que tu abordes, voir ce qu’en pense l’OFCE (dont je partage ici les conclusions) : “SĂ©lectionner brutalement Ă l’entrĂ©e des universitĂ©s alors que
les effets de réputation ou de signalement ne sont pas radicalement
modifiés n’aurait pas d’autre conséquence que d’exclure de
l’usage du bien public un nombre important de personnes qui
pourraient en bĂ©nĂ©ficier si elles pouvaient avoir accès Ă
l’enseignement court, ce qui ne peut pas être le cas dans
l’immédiat. Il s’ensuivrait une réduction d’un taux de scolarisation
dans l’enseignement supérieur déjà relativement faible et de la
proportion de diplômés de l’enseignement supérieur dans chaque
classe d’âge dommageables à la croissance de l’économie. Pour
autant, il serait paradoxal de maintenir les universités dans la
situation de devoir accueillir tous les bacheliers refusés ailleurs.
L’orientation active prévue par la loi devrait permettre d’assurer
Ă chacun l’accès au bien public dont il a effectivement l’usage”
Jeudi 15 nov 2007 à 07:52
DMA a dit :
@ passant:
“faire des Ă©tudes au sens oĂą cela se conçoit aujourd’hui” ?! je ne comprend pas cette phrase. Pouvez-vous dĂ©velopper?
Et n’oubliez la suite de la chanson
“Etudiant en droit
Y a plus d’fachos dans ton bastion
Que dans un rĂ©giment d’paras
Ça veut tout dire eh ducon !
Demain c’est toi qui viendras
Dans ta robe ensanglantée
Pour faire appliquer les lois
Que jamais on a voté
Ta justice on en veut pas
Pi si tu finis notaire
P’t'ĂŞtre qu’on dĂ©barqu’ra chez toi
Pour tirer les choses au clair
Et tant pi s’il est pas lĂ ”
pas mal comme rĂ©fĂ©rence pour un forum juridique! j’avoue que jusque lĂ je me sentais un peu seul! merci
Jeudi 15 nov 2007 à 10:12
DMA a dit :
@grom
ton forum est encore Ă l’heure d’Ă©tĂ©
Jeudi 15 nov 2007 à 10:13
groM a dit :
@Somni: Entre la sĂ©lection brutale et l’absence complète de sĂ©lection, peut-ĂŞtre peut-on trouver un compromis, comme une sĂ©lection Ă l’issue de la première annĂ©e, ou que sais-je … En tout Ă©tat de cause, si on raisonne en termes purement Ă©conomiques - ce qui n’est pas mon cas, je vois mal comment on peut trouver qu’il soit profitable Ă l’Ă©conomie d’avoir des cohortes de jeunes qui s’arrĂŞtent avant d’avoir un diplĂ´me, ou en ayant un diplĂ´me dont les dĂ©bouchĂ©s sont très Ă©troits.
La sĂ©lection permet, aussi, de donner de meilleures conditions d’Ă©tudes Ă ceux qui font des Ă©tudes. Le fait de faire une annĂ©e probatoire permettrait notamment un rattrapage pour les-jeunes-issus-des-quartiers-en-difficultĂ©, auxquels on pourrait apporter un enseignement renforcĂ© pour augmenter leurs chances. Il faudrait pas ailleurs augmenter le nombre des IUT/DUT, et prĂ©voir des passerelles de la première annĂ©e de Fac vers ceux-ci et de ceux-ci vers la seconde annĂ©e de fac, afin que ceux qui ont envie/les capacitĂ©s de reprendre des Ă©tudes Ă la fac puissent le faire.
Enfin, je jette une pierre dans le jardin des entreprises. En Angleterre, les entreprises peuvent embaucher quelqu’un avec une licence de lettres pour faire du marketing ou de la vente, voir pour des postes techniques; elles le formeront sur le tas. Pourquoi est-ce impossible chez nous ?
Jeudi 15 nov 2007 à 12:14
Passant a dit :
“Enfin, je jette une pierre dans le jardin des entreprises. En Angleterre, les entreprises peuvent embaucher quelqu’un avec une licence de lettres pour faire du marketing ou de la vente, voir pour des postes techniques; elles le formeront sur le tas. Pourquoi est-ce impossible chez nous ?”
Si on commence Ă aborder la question des conventions de branche et autres accords d’entreprise, le dĂ©bat va devenir intĂ©ressant. On risque mĂŞme de finir par s’interroger sur les raisons pour lesquelles nulle entreprise sensĂ©e ne viendrait mettre son siège social en France Ă moins d’y ĂŞtre nĂ©e, et encore…
Du coup, c’est un autre couplet de la mĂŞme chanson qu devient de circonstance :
“Etudiant en que dalle
Tu glandes dans les facultés
T’as jamais lu l’Capital
Mais y a longtemps qu’t'as pigĂ©
Qu’y faut jamais travailler
Et jamais marcher au pas
Qu’leur culture nous fait gerber
Qu’on veut pas finir loufiats
Au service de cet Etats
De cette société ruinée
Qu’des Ă©tudiants respectables
Espèrent un jour diriger
En trapinant dans leurs cartables
La conneries de leurs aĂ®nĂ©s”
Jeudi 15 nov 2007 à 19:19
omadhawn a dit :
@Somni : De toutes façons, la sélection, elle existe : on ne retrouve pas, d’une année à l’autre, tous les étudiants (je ne compte pas ceux qui décident de se réorienter ou d’abandonner volontairement). Et ceux qui n’ont pas besoin de travailler en même temps (toujours difficile de travailler quand on a plus de trente heures de cours par semaine) et qui ont des facilités pour l’apprentissage par cœur (franchement, quel est l’intérêt de nous faire ingurgiter des centaines de pages pour les recracher en examen ?), ont évidemment un avantage par rapport aux autres. Or, ces autres feraient peut-être de meilleurs praticiens, et c’est dommage de perdre par l’effet d’une sélection stupide des gens qui ont parfois un parcours un peu plus atypique…
On gagnerait tous à ce qu’il y ait une sélection opérée sur de meilleurs critères (oui, sûrement une sélection qui devrait s’opérer à la fin d’une première année, mais pas uniquement sur les notes…). Les étudiants, qui seraient moins nombreux en cours, qui pourraient peut-être avoir des enseignements dignes de ce nom, moins d’heures de cours, plus de travail individuel…les profs, qui auraient plus envie de venir faire cours, qui n’auraient pas à faire la police aux premières années…
Et pourquoi pas (bon, je sais, c’est du dĂ©lire) l’obligation Ă tous les jeunes, après leur baccalaurĂ©at (ou Ă©quivalent), de justifier d’une expĂ©rience professionnelle (rĂ©munĂ©rĂ©e ou pas) pendant au moins une annĂ©e avant de pouvoir poursuivre des Ă©tudes ? Histoire de prendre un peu de maturitĂ©, de dĂ©couvrir d’autres milieux que celui dans lequel ils ont pu grandir, de prendre le temps de rĂ©flechir Ă ce qu’ils auraient envie d’exercer comme mĂ©tier…
Jeudi 15 nov 2007 à 20:42
RER A a dit :
Le blog citĂ© en dĂ©bat fortement aussi, vu les commentaires ! Je ne sais plus quoi penser…
http://www.dimitri-houtcieff.fr/archive/2007/11/11/unef-par-ci-unef-par-la-et-l-universite-dans-tout-ca.html
Samedi 17 nov 2007 à 06:15
Apokrif a dit :
“Ils ont apparemment très peur que leurs cours soient copiĂ©s”
Pourquoi ? Ils ont l’intention d’en faire une exploitation commerciale ?
Curieusement, contrairement Ă ceux du MIT (universitĂ© Ă©litiste d’un pays oĂą “tout se vend” et oĂą le service public est censĂ© ne pas arriver Ă la cheville du nĂ´tre):
http://ocw.mit.edu/OcwWeb/web/home/home/index.htm
Les enseignants français ne sont pas favorables à une diffusion large de leurs cours:
http://groups.google.com/group/fr.education.superieur/browse_thread/thread/c8232651dad46549/
Lundi 19 nov 2007 à 00:45
groM a dit :
@Apokrif: il y a apparemment eu des prĂ©cĂ©dents de cours mis en ligne par le CAVEJ et pompĂ© par des gens qui les revendaient sur le net. Je dois avouer que la sĂ©lection naturelle devrait Ă terme faire disparaĂ®tre ce type de business (pourquoi payer ce qu’on peut avoir gratuitement), mais cela explique le traumatisme.
En tout cas, le poly de droit des sociĂ©tĂ©s est en ligne dans son intĂ©gralitĂ© (et c’est plutĂ´t un poly de TD qu’un poly de cours)
C’est exactement l’exemple du MIT que j’ai fait valoir pour pousser dans le sens d’une mise en ligne des cours
Lundi 19 nov 2007 à 10:47
lotaire a dit :
http://www.marianne2.fr/De-la-LCR-au-parti-3-La-grogne-prend-de-l-ampleur,-Besancenot-aussi_a81288.html?print=1&PHPSESSID=b0327857e6322825b77f33f223685210
+ le contexte global de la politique actuelle :
Le plus sensible pour moi reste qu’il n’y a pas de vision solide, pĂ©renne, car
le contexte global n’est jamais posĂ© et fait probablement c…r tout le monde
par sa complexitĂ© et la difficultĂ© qu’il y a ensuite Ă imaginer des solutions :
Le fait que l’OCDE ait posĂ© la possibilitĂ© de petit second souffle de croissance
en occident par les marchés de la santé et de l’éducation ($ 2500 et 2600
Milliards - planĂ©taire) depuis dĂ©jĂ une quinzaine d’annĂ©e.
Que la même OCDE ait conseillé aux gouvernants, explicitement, de recourir à une
stratégie de découpage pour éviter les affrontements unifiés.
Que l’AGCS soit le relais par l’OMC de cette politique en embrassant d’autres
services et dans tous les pays.
Que la stratégie de Lisbonne territorialise cette politique pour créer des
centres localisés de compétitivité destinés à construire un moteur de croissance
en rĂ©seau Ă l’Ă©chelle europĂ©enne, sans aucunes questions sur l’intĂ©rĂŞt pour
l’être humain d’un tel processus. Et très peu (de manière formelle ou technique)
sur les consĂ©quences de cette course Ă la croissance (qui rappelle l’aberration
de la course Ă l’armement lors de la guerre froide)
Que dans ce cadre les Universités sont livrées aux entreprises pour produire des
brevets (recherche) et des outils humains de production hyperspécialisés
(enseignement) ou les meilleurs, les plus adaptables survivront (tant qu’ils
n’auront pas un accident de parcours) et ou les autres rejoindront la misère ou
la souffrance au travail…
Que le classement de Shanghai est l’outil de sĂ©lection rĂ©alisĂ© pour permettre
aux familles aisĂ©es de la planète de choisir le lieu d’Ă©tude de leur progĂ©niture
dans une compétition agressive.
Que ce classement est favorisé par les gouvernants occidentaux pour imposer des
rĂ©formes fondĂ©es comme on l’a vu 1 - sur la possibilitĂ© de dĂ©multiplier le coĂ»t
des lieux de formation (universités et écoles) de manière à en faire un marché
très lucratif et 2 - sur un espoir de dynamique productiviste ‘glocalisĂ©e’ des rĂ©gions.
Que les critères de ce classement sont purement anglo-saxon et fonctionnent sur
la soumission Ă l’hĂ©gĂ©monie culturelle anglo-saxone mise en place explicitement
par des fondations, des aides, bourses, subventions, organes de presse etc..
dans tous les pays depuis 60 ans par les gouvernements américains, rejoint
depuis 30 ans par les anglais.
Que les dirigeants europĂ©ens font partie de ‘familles’, de ‘clans’, très fermĂ©s
et fort bien analysĂ©s par les sociologues de la bourgeoisie. Qu’ils sont
incapables de penser une alternative car elle serait couteuse, longue,
pĂ©rilleuse alors qu’il est si simple de sauver les meubles face aux capitalistes
Ă©mergents en s’y associant un peu et surtout en effectuant une rĂ©gression des
outils humains (salariés) de perpétuation de la richesse accumulée au niveau de
ceux utilisés par les chinois, indiens, indonésiens, brésilien etc.. (baisse de
l’âge Ă l’apprentissage, retour sur le temps de travail, retour sur les
retraites, retour sur la durée de la vie au travail, retour sur la sécurité
contractuelle du travail etc..)
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-33308355@7-37,0.html
Tchuss !
Jeudi 22 nov 2007 à 12:02
Apokrif a dit :
“l y a apparemment eu des prĂ©cĂ©dents de cours mis en ligne par le CAVEJ et pompĂ© par des gens qui les revendaient sur le net”
A ce sujet: http://www.e-cavej.org/droit-actu/115/137/463/1/cavej-avertissement.html :
“D’autre part, leur diffusion, sans l’accord de l’auteur, constitue un dĂ©lit puni par le code de la propriĂ©tĂ© intellectuelle. Lorsque cette diffusion est faite Ă titre payant, elle constitue en outre une contrefaçon.”
Pourtant l’art. L335-2 CPI ne distingue pas selon que la diffusion est gratuite ou non.
Samedi 21 juin 2008 à 02:28
groM a dit :
@Apokrif: oui, j’avais aussi notĂ© ça. Faut-il y voir une licence ?
Samedi 21 juin 2008 à 08:01
Apokrif a dit :
Une bonne idée: http://terra.rezo.net/article275.html :
“Cette collection permet de valoriser les travaux trop souvent vouĂ©s Ă l’oubli de chercheurs dĂ©butants. Accessoirement, la publication de ces travaux permet de les protĂ©ger contre le plagiat en rendant celui-ci plus facilement repĂ©rable dès lors que le texte est aisĂ©ment accessible Ă tous.”
Lundi 22 sept 2008 à 01:19