Lundi 26 novembre 2007
Quand le droit administratif se fait poète
Cela donne cela:
Vu l’Ă©dit de Moulins de fĂ©vrier 1566 ; l’ordonnance de la Marine d’aoĂ»t 1681; la loi du 16 septembre 1807 et l’ordonnance du 23 septembre 1825 ; le dĂ©cret du 14 juin 1859 ; la loi du 21 juin 1865 modifiĂ©e et le dĂ©cret du 18 dĂ©cembre 1927 ; le Code du Domaine de l’Etat ; l’ordonnance du 31 juillet 1945 et le dĂ©cret du 30 septembre 1953 ;
C’est un arrĂŞt de section du 13 octobre 1967 Cazeaux.
Ddt a dit :
Il me semble que le droit administratif fut longtemps poète, non?
Ce sont les arrĂŞts modernes qui sont littĂ©ralement imbuvables (”vu l’article L. 896975867-67585-156 alinĂ©a 274 du Code Que Personne ne ConnaĂ®t ; ensemble les articles 1 Ă 75 de la DDHC de 1789 ; ensemble la CEDH tout entière au cas oĂą on oublierait un truc dedans et la CIDE, et puis aussi le Pacte sur les droits civils et politiques, auquel on peut ajouter la DUDH pour ne vexer personne…”)
Alors que quand on lit le Commissaire David et les arrĂŞts “du dĂ©but” (1870-1950) la langue est pure et belle, je trouve. Comme le note Paxa sur son blog, “le droit est un roman”.
(Ce commentaire n’est pas Ă prendre au premier degrĂ©, c’est juste que j’ai a priori “fini*” mes fiches de droit privĂ© et que je reviens Ă mes premières amours de droit public ces jours-ci, ce qui me fait relire mon GAJA et ses tout premiers arrĂŞts)
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PrivĂ© : mea culpa de ne pas avoir rĂ©pondu Ă ton mail, GroM, alors que tu m’as rendu bien des services, la raison Ă©tant que j’avais en ligne de mire la fin de ce foutu manuel, et que depuis je me replonge chaque soir dans mes fiches et n’en suis pas encore Ă la responsabilitĂ© contracuelle (tout juste au droit de la famille, c’est dire…). Je suis dĂ©solĂ© mais je suis vraiment submergĂ© lĂ
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* le concept de “finir” une matière en droit me semble encore plus hasardeux que dans bien d’autres sciences humaines ou sciences dures… C’est d’ailleurs ce qui rend la matière pĂ©tillante.
Mardi 27 nov 2007 à 09:53
groM a dit :
Ne t’inquiète pas pour ça, pas de problème … Comme tu as pu le voir, je suis aussi pas mal occupĂ©.
Sinon, “le Code Que Personne ne ConnaĂ®t”, c’est pas le CQPC, c’est le CG3P
Mardi 27 nov 2007 à 09:56
Anonymous a dit :
Question tiens en passant, que je me suis souvent posĂ©e (je suppose que la rĂ©ponse est dans plein de livres de droit, mais je ne suis qu’amateur plus ou moins Ă©clairĂ© (plutĂ´t moins)).
Comment se fait-il qu’il y ait si peu de textes d’avant 1789 qui soient encore Ă©voquĂ©s par des jugements ou arrĂŞts (mais quelques-uns quand mĂŞme ce serait trop simple) ? Y a-t-il eu un acte les abrogeant en bloc ? Ont-ils Ă©tĂ© abrogĂ©s les uns après les autres, individuellement, au fur et Ă mesure qu’ils Ă©taient remplacĂ©s par des textes plus rĂ©cents ? Ou sont-ce des raisonnements juridiques subtils qui conduisent Ă les considĂ©rer comme implicitement abrogĂ©s ?
Mercredi 28 nov 2007 à 18:15
groM a dit :
Vous avez la réponse: un mélange de tout ça:
- des abrogations explicites;
- des abrogations implicites, fondées sur le fait que la loi plus récente abroge implicitement la loi ancienne contraire).
- la codification est aussi passée par là , qui a pu transformer des loi du 33 plûviose an XVII en article L4211-29 du Code général des machins;
Au final, il ne reste plus beaucoup de rĂ©fĂ©rences directes Ă des textes anciens. D’autant que le rythme de renouvellement du droit est très rapide: en droit civil, les rĂ©formes du mariage, du divorce, des incapables … ont bouleversĂ© la moitiĂ© du code civil ces 10 dernières annĂ©es. Sans parler du droit pĂ©nal, très liĂ© au modèle de sociĂ©tĂ© dans lequel il se positionne …
Mercredi 28 nov 2007 à 18:22
Ddt a dit :
Et moi qui croyais que le calendrier rĂ©volutionnaire avait Ă©tĂ© aboli en l’an XIV!
Pour le droit pĂ©nal, je ne sais pas si ses rĂ©formes sont très liĂ©es Ă un modèle de sociĂ©tĂ©, je dirais plutĂ´t qu’Ă chaque fait divers correspond sa rĂ©forme
Vendredi 30 nov 2007 à 12:13
Apokrif a dit :
« Ce sont les arrêts modernes qui sont littéralement imbuvables (”vu l’article L. 896975867-67585-156 alinéa 274 du Code Que Personne ne Connaît ; ensemble les articles 1 à 75 de la DDHC de 1789 ; ensemble la CEDH tout entière au cas où on oublierait un truc dedans et la CIDE, et puis aussi le Pacte sur les droits civils et politiques, auquel on peut ajouter la DUDH pour ne vexer personne…”) »
Si un nombre invraisemblables de textes sont citĂ©s, c’est peut-ĂŞtre parce que la plupart d’entre eux ont Ă©tĂ© invoquĂ©s par les parties.
« Et moi qui croyais que le calendrier révolutionnaire avait été aboli en l’an XIV! »
Au lieu de rĂ©pandre des idĂ©es de moyens sur les blogs, vous devriez les monnayer Ă des cabinets d’avocats
Samedi 8 dĂ©c 2007 à 20:35
Mista a dit :
Sans compter que les arrĂŞts actuels sont, pour certains, bourrĂ©s d’erreurs. Il n’est pas rare de tomber sur un arrĂŞt de 2004, par exemple, qui parle d’une loi de 2005. Ils jouent parfois madame Irma au Conseil d’Etat. Voyance et occlumancie, la nouvelle devise de la juridiction administrative !
Lundi 10 dĂ©c 2007 à 15:28