Bloghorrée

ExtrĂȘmiste de la laĂŻcitĂ© depuis 1976

Archive du mois de juin 2008

Mardi 24 juin 2008

Internet Public Policy

Les lecteurs intéressés par les problématiques liés aux noms de domaine pourront utilement lire cet article de Legal Biznext, qui évoque la libéralisation annoncée des noms de domaine, avec la possibilité pour chacun de déposer des top level domain names: en gros, cela permettrait à ce site de devenir http://bloghorree.berrendonner.

Je dois toutefois avouer un certain scepticisme concernant la notion “d’ordre public” que pourrait mettre en oeuvre par l’ICANN, “organisme de droit californien […] liĂ© par contrat au dĂ©partement amĂ©ricain du commerce et dĂ©pend[ant] du MinistĂšre amĂ©ricain de la justice” pour Ă©viter que ne soient rĂ©servĂ©es des noms de domaine douteux, comme .terrorisme. J’ai bien peur que, dans les faits, il ne s’agisse plutĂŽt de la public policy du gouvernement amĂ©ricain.

De quoi sans doute relancer le dĂ©bat sur l’indĂ©pendance de l’ICANN.

Jeudi 19 juin 2008

Partiels de L3, opus 2 et demi

Posté dans Autres, CAVEJ par groM

Bon ce matin, droit administratif des bien. j’ai pris le commentaire d’arrĂȘt (CAA Nancy, 11 octobre 2006, non disponible sur lĂ©gifrance). Cela causait d’expropriation pour cause d’utilitĂ© publique, et plus prĂ©cisĂ©ment de la thĂ©orie du bilan. Ca s’est bien passĂ©, et puis une CAA, ça change.

Cet aprĂšs-midi contentieux administratif. Trois questions:

  • le Conseil d’Etat: composition et organisation” (sur 10 points);
  • les rĂ©fĂ©rĂ©s de droit commun” (sur 8 points);
  • qu’est-ce qu’une juridiction administrative spĂ©ciale” (sur 2 points);

LĂ , ça a Ă©tĂ© franchement moyen. D’abord mon stylo m’a lĂąchĂ© en plein vol (bon prĂ©texte, hein ?); ensuite, j’ai fait du hors sujet; enfin, je ne savais pas grand’chose sur les rĂ©fĂ©rĂ©s de droit commun. Ca va vraiment pas ĂȘtre top.

Aller, rendez-vous en septembre pour les sujets de droit international public, relations collectives de travail, anglais, droit communautaire et droit spécial des sociétés.

Mercredi 18 juin 2008

Partiels de L3, opus 2

Posté dans CAVEJ par groM

Au menu de la journĂ©e d’aujourd’hui : examen de droit des sĂ»retĂ©s.

Je ne me hasarderais pas Ă  donner une dĂ©finition juridique des sĂ»retĂ©s, tant la doctrine semble divisĂ©e sur les dĂ©limitations exactes qu’il convient de donner Ă  la notion. Faisons donc simple : le droit des sĂ»retĂ©s c’est celui qui peut vous conduire Ă  la ruine (pardon, au rĂ©tablissement personnel) ou vous en sortir ; c’est le droit balzacien des crĂ©anciers aux mains avides et des dĂ©biteur innocents ; des naĂŻfs qui osent prĂȘter Ă  leur fils ; des enfants prodigues qui dilapident le capital patiemment accumulĂ© par les gĂ©nĂ©rations rurales retournĂ©es Ă  la poussiĂšre. Mais le droit des sĂ»retĂ©s c’est aussi un droit technique, palpitant de modernitĂ©, qui donne aux professeurs de droit une occasion parfaite de maltraiter leurs Ă©tudiants Ă  coup de mots compliquĂ©s (HypothĂšque, AntichrĂšse, PrĂȘt viager hypothĂ©caire, Constitut 
 )

DĂ©daignant une dissertation consacrĂ©e Ă  « La distinction entre cautionnement et garantie indĂ©pendante », au motif que, s’il faut pĂ©rir, autant le faire dans la bonne humeur, j’ai choisi d’une main ferme le cas pratique, attirĂ© par les jeux de mot du rĂ©dacteur autant que par la place rĂ©duite consacrĂ©es aux procĂ©dures collectives. La rĂšgle en est simple : 4 questions prenant la forme d’une pseudo-consultation, 5 points par questions.

N°1 : Une question trĂšs ouverte sur les sĂ»retĂ©s Ă  apporter pour garantir le paiement d’un contrat risquĂ©. Un mixte de garantie Ă  premiĂšre demande et cautionnement hypothĂ©caire ferait bien l’affaire Ă  mon humble avis.

N°2 : Une garantie à premiÚre demande dans un contrat de fourniture international. Mal barré le client.

N°3 : Le cautionnement du fils prodigue. Si la banque a fait son travail, le client va encore souffrir. Cela dit, j’aurais dĂ» y causer de rĂ©tablissement personnel, justement.

N°4 : Du matériel livré pas payé, un petit mixte de droit de rétention et de clause de réserve de propriété avec un chouïa de procédure collective pour pimenter le propos.

Au final, l’impression que ce pauvre client, dont nous tairons le nom par soucis de confidentialitĂ©, n’est pas un homme d’affaire bien avisĂ©. Et encore : il n’a pas encore reçu ma facture :-)

PS: Vous allez rire, le sujet de droit communautaire que je n’ai pas eu Ă  traiter, ayant dĂ©cidĂ© que je n’Ă©tais pas prĂȘt pour cette matiĂšre, c’Ă©tait … L’arrĂȘt Arcelor. Celui auquel j’ai consacrĂ© pas moins de quatre billets. Chienne de vie.

Mardi 17 juin 2008

Trahison

Posté dans Autres, CAVEJ par groM

Ou “coup de poignard dans le dos” …

Voir “Coup de Jarnac”

Nombreux sont, chers lecteurs, les qualificatifs peu flatteurs dont vous pourrez affubler la décision que je vais vous annoncer.

Cette décision la voilà: je vais faire une maßtrise de droit des affaires.

[Silence consterné]

Oui, BloghorrĂ©e, le site qui vous a entretenu depuis 3 ans de droit constitutionnel et de droit administratif, de nobles causes et d’humeurs estudiantines, BloghorrĂ©e, le site que vous croyiez bien enracinĂ© dans le droit public, et bien oui, ce site va se consacrer dĂ©sormais aux puissances obscures de l’argent roi.

Car, mes pauvres amis, il faut bien manger, payer le prĂȘt de son appartement dans le XVIĂšme arrondissement en banlieue, de sa jaguar 307, nourrir sa progĂ©niture, divertir sa maĂźtresse femme, combler de cadeaux sa vieille maman … Et cela, malheureusement, je ne puis le faire en faisant une maĂźtrise de droit public, il faut que je fasse quelque chose qui soit susceptible d’ĂȘtre utile Ă  mon employeur (que je salue respectueusement en passant), et donc que je m’oriente vers le biznesse.

Par ailleurs, seconde rĂ©vĂ©lation: j’ai dĂ©cidĂ© de rester au CAVEJ. Plusieurs raisons Ă  cela: s’il existe des maĂźtrises fort intĂ©ressantes par ailleurs, je n’ai pas l’intention de prendre un congĂ© (toujours les contraintes Ă©voquĂ©es plus haut) et me palucher 1 heure de transport aller + 1 heure retour dans l’unique but d’assister Ă  une heure de TD ne m’enchante pas; par ailleurs, je commence Ă  bien connaĂźtre la maison, et il faut rentabiliser.

J’en profite pour lancer un appel d’offre: si le lectorat de ce blog comporte des individus brillants, motivĂ©s, dĂ©sireux de faire une maĂźtrise droit des affaires au CAVEJ, que ces personnes n’hĂ©sitent pas Ă  me contacter pour former un groupe de travail et, notamment, partager la retranscription des cours.

Je termine par une lueur d’espoir.

Il n’est pas interdit d’avoir des hobbies, et le droit public pourrait m’en tenir lieu. Etrange perversion, n’est-il pas ?

Jeudi 12 juin 2008

Si c’est dans le prĂ©ambule de 46 …

Posté dans Politique par groM

Tout homme persĂ©cutĂ© en raison de son action en faveur de la libertĂ© a droit d’asile sur les territoires de la RĂ©publique.

Sic.

Jeudi 12 juin 2008

L’escalavage moderne

Posté dans Droits de l'homme par groM

Hier, au 7-10 de France Inter, le dĂ©putĂ© Benoist Apparu s’est fendu de cette immortelle citation:

C’est juridiquement compliquĂ© va falloir qu’on dĂ©finisse ce qu’est une offre valable d’emploi, en termes de durĂ©e de transport, en termes de compĂ©tences et de qualifications […] C’est pas normal qu’un chĂŽmeur Ă  qui on propose un boulot dans sa zone gĂ©ographique qui correspond Ă  sa qualification le refuse. Bien entendu 95% des chĂŽmeurs ont envie de retrouver un emploi, et 5% peut-ĂȘtre pas. Et ceux-lĂ , on veut les pousser, les obliger Ă  retrouver un emploi, mĂȘme s’ils le veulent pas.

Le dĂ©putĂ© de la Marne ne veut donc pas seulement pousser les chĂŽmeurs Ă  retrouver un emploi, c’est-Ă -dire les inciter: il veut les y obliger, c’est-Ă -dire les forcer. On sera franchement surpris qu’un aussi brillant sujet, titulaire d’un DESS de droit des affaires, semble ignorer les stipulations de l’article 4 de la Convention EuropĂ©enne de Sauvegarde des droits de l’Homme et des LibertĂ©s fondamentales, qui Ă©noncent:

Nul ne peut ĂȘtre astreint Ă  accomplir un travail forcĂ© ou obligatoire.

Profitons donc de cette excellente occasion pour nous intéresser à la notion de travail forcé.

Pour la convention n°29 de l’OIT (ratifiĂ©e par la France en 1937) en revanche, le travail forcĂ© dĂ©signe « tout travail ou service exigĂ© d’un individu sous la menace d’une peine quelconque et pour lequel ledit individu ne s’est pas offert de son plein grĂ© ». Une dĂ©finition qui correspond de maniĂšre troublante aux projets du gouvernement. Cette convention prĂ©voit aussitĂŽt des exceptions, pour le service militaire, les obligations civiques normales, le travail exigĂ© des individus condamnĂ©s, les travaux exigĂ©s dans les cas de force majeure, et enfin les menus travaux dit de village.

L’article 4 de la Convention EDH reprend pour sa part la mĂȘme prohibition du travail forcĂ© ou obligatoire, et les mĂȘmes exceptions, sauf celle relative aux menus travaux villageois. Les soutiens du dĂ©putĂ© Apparu ne manqueront donc pas d’exciper que le fait de reprendre un emploi est une obligation civique normale.

La Cour EuropĂ©enne des droits de l’Homme, en interprĂ©tant la Convention, a apportĂ© des prĂ©cisions intĂ©ressantes sur la notion de travail forcĂ© ou obligatoire et celle d’obligations civiques normales. Concernant la premiĂšre, elle a repris la dĂ©finition de l’OIT (CEDH 23 novembre 1983 Van der Mussele c. Belgique). Concernant la seconde, elle a pu juger (CEDH 20 juin 2006 Zarb Adami c. Malte) qu’Ă©tait une obligation civique normale le fait de participer Ă  un jury pĂ©nal; dans un autre arrĂȘt (CEDH 18 juillet 1994 Karlheinz Schmidt c. Allemagne), elle a pu estimer qu’un service obligatoire dans un corps de pompiers constituait une telle obligation; dans une autre affaire enfin (Van der Mussele, op. cit.), elle eut la mĂȘme apprĂ©ciation en ce qui concerne l’obligation pour un avocat de travailler pro bono.

On comprend bien alors que c’est l’idĂ©e de solidaritĂ© sociale qui sous-tend la notion d’obligation civique normale. Celle-ci ne peut concerner que des travaux qui sont dans l’intĂ©rĂȘt de la communautĂ©. Mais, plus prĂ©cisĂ©ment, si on s’en rĂ©fĂšre Ă  la lettre de la Convention n°29, c’est mĂȘme l’objet des travaux qui doit prĂ©senter un intĂ©rĂȘt pour la collectivitĂ©, et non le fait de travailler. Or, s’agissant des chĂŽmeurs, peu importe, au fond, au gouvernement qu’ils soient employĂ©s comme plombiers, pompiers, ou gogo-dancer, ce qui compte c’est qu’ils cotisent plutĂŽt qu’ils ne perçoivent.

Par ailleurs, toutes les obligations civiques normales reconnues par la Cour sont des obligations Ă  temps trĂšs partiel, qui s’opposent ainsi Ă  une obligation permanente, comme celle qui ressort d’un contrat de travail. Cela est confirmĂ© par la convention n°29, qui tolĂšre le travail obligatoire dĂšs lors qu’il est exceptionnel. En l’espĂšce, rien de tel: sous la menace d’une rĂ©duction ou d’une suppression de leurs allocations, les chĂŽmeurs se verraient obligĂ©s d’accepter une offre « valable ». Le dispositif est permanent et normal.

Il n’est donc pas possible d’exciper qu’il s’agit pour les chĂŽmeurs d’accomplir une obligation civique normale.

Finalement, cette obsession gouvernementale (car il est question d’un dispositif similaire pour les mutations de fonctionnaires) n’est pas surprenante. Une majoritĂ© qui trouve normal d’instaurer une « journĂ©e de solidaritĂ© » au titre de laquelle l’intĂ©gralitĂ© du salaire (Ă  concurrence de 7 heures de travail) est prĂ©levĂ©, il ne pas rĂ©ellement surprenant de vouloir forcer les chĂŽmeurs Ă  accepter tout emploi valable. Tout comme n’est pas surprenant le caractĂšre profondĂ©ment idĂ©ologique de la mesure: l’idĂ©e du chĂŽmage volontaire est enracinĂ©e dans la logique des Ă©conomistes classiques et nĂ©o-classiques depuis toujours, et il est dĂšs lors primordial de lutter contre. MĂȘme si cela ne concerne que les 5% de chĂŽmeurs volontaires, et que, dans cette population, la fraction de ceux qui ont reçu plusieurs offres valables sera encore plus faible.

Quand l’idĂ©ologie vient au soutient du travail forcĂ©, difficile d’y voir l’amour de la libertĂ©.

Dimanche 8 juin 2008

Eloge de la lenteur

Posté dans Droit administratif par groM

Pour ceux qui se plaignent des lenteurs de la justice, je conseille une saine lecture: CEDH 21 février 1997 Guillemin c. France.

I. Les circonstances de l’espèce

6. Le 7 octobre 1982, un arrêté préfectoral de l’Essonne déclara
d’utilité publique l’acquisition de terrains nécessaires à
l’aménagement d’une zone pavillonnaire dans la commune de
Saint-Michel-sur-Orge, dit projet de la fontaine de l’Orme. Un terrain
bâti, qui appartenait à la requérante et qui servait de résidence
secondaire à un membre de sa famille, figurait parmi eux.

[…]

22. La procédure est actuellement pendante devant le
tribunal de grande instance d’Evry.

Donc, Mme Guillemin, au bout de 15 ans (!) ne s’Ă©tait toujours pas dĂ©patouillĂ©e de l’expropriation de son pavillon Ă  Saint-Michel-sur-Orge. Heureusement …

PAR CES MOTIFS, LA COUR, A L’UNANIMITÉ,

1. Dit qu’il y a violation de l’article 6 par. 1 de la
Convention (art. 6-1);

2. Rejette les exceptions préliminaires du Gouvernement
relatives à l’article 1 du Protocole n° 1 (P1-1);

3. Dit qu’il y a violation de l’article 1 du Protocole n° 1
(P1-1);

Mardi 3 juin 2008

La paix des familles

Je garde assez peu de souvenirs de mon cours de droit de la famille. Mais s’il est une expression qui m’a marquĂ©, c’est celle de “paix des familles”, cette indispensable tranquillitĂ© de de la vie intime. Il faut oublier les dĂ©chirements d’un temps; il faut Ă©viter ces dĂ©chirements; il faut que la rĂ©alitĂ© sociologique prime sur la rĂ©alitĂ© biologique.

Ainsi le fameux dĂ©lai de viduitĂ© de l’ancien article 228 du code civil, un texte complĂštement archaĂŻque qui voulait que la femme - traitĂ©e comme une gĂ©nisse - ne puisse se remarier moins de 300 jours aprĂšs la fin d’un prĂ©cĂ©dent mariage, avait-il le mĂ©rite d’Ă©viter toute contestation sur la paternitĂ© de l’enfant nĂ© dans l’intervalle. Ainsi Ă©galement, la prĂ©somption suivant laquelle “L’enfant conçu pendant le mariage a pour pĂšre le mari” (article 312), peu important que le pĂšre biologique soit le mĂȘme, la rĂ©alitĂ© de la vie en commun primant sur les chromosomes. Ainsi toujours, la possibilitĂ© d’Ă©tablir la filiation par la possession d’Ă©tat, c’est-Ă -dire la possibilitĂ©, pour un enfant qui est traitĂ© aux yeux de tous par un homme comme son fils, de devenir son fils Ă©galement aux yeux de la loi.

Et bien le moins que l’on puisse dire, c’est que la paix des familles est bien malmenĂ©e.

Je reste persuadĂ© que la fameuse dĂ©cision du TGI de Lille est correcte en droit, et qu’aussi bien la cour d’appel de Douai, si l‘appel du parquet gĂ©nĂ©ral peut prospĂ©rer, que la Cour de Cassation, si l’affaire fait l’objet d’un pourvoi dans l’intĂ©rĂȘt de la loi, ont de fortes chances de suivre les juges du fond.

Je reste aussi persuadĂ© qu’il serait malvenu d’examiner abstraitement ce qui constitue une erreur dĂ©terminante sur la qualitĂ© du conjoint. Le mariage n’est pas un appel d’offre public: la libertĂ© du mariage emporte le droit de choisir librement, arbitrairement, discriminatoirement, son conjoint, fĂ»t-ce sur des critĂšres que les bonnes moeurs, ce “minimum d’idĂ©e morale communĂ©ment admise Ă  un moment donnĂ© par la moyenne des citoyens” (CE 20 dĂ©c 1956, SociĂ©tĂ© d’Ă©tudes cinĂ©matographiques), n’approuvent pas. D’autant que, rĂ©pĂ©tons-le, cette annulation n’a eu que des effets bĂ©nĂ©fiques pour la partie faible.

Maintenant, on peut discuter de l’opportunitĂ© de l’article 180. En gardant la nĂ©cessaire dĂ©fense de la paix des familles en tĂȘte.

Lundi 2 juin 2008

Les Frustrés

Posté dans CAVEJ par groM

Je suis un frustré.

Si, si. Il n’aura pas Ă©chappĂ© aux rares lecteurs de ce site que je fais des Ă©tudes de droit par correspondance. Cet Ă©tat de fait emporte deux consĂ©quences: d’une part je n’ai finalement pas autant que je voudrais l’occasion de causer de droit avec des juristes (d’oĂč ce blog, vous l’aurez compris); d’autre part je me rĂ©jouis Ă  la perspective des examens, qui sont justement, en la personne de l’examinateur, l’occasion de modĂ©rer cette frustration (j’en vois qui rient: ils ont l’esprit mal tournĂ©).

Donc, aujourd’hui, j’avais un examen de LibertĂ©s fondamentales (ou publiques, je me souviens plus de l’intitulĂ© exact du cours). J’Ă©tais frĂ©tillant. J’avais peaufinĂ© mes petites fiches, rĂ©visĂ© la jurisprudence du conseil constitutionnel en la matiĂšre, la police administrative, la voie de fait, la loi du 3 avril 1955 (avec les divers arrĂȘts Rolin qui vont avec bien sĂ»r !). Bref, j’Ă©tais sharp as a razor.

AprĂšs deux heures d’attente (place n°13, mais passage en n°10 grĂące Ă  une charmante jeune fille qui voulait vraiment pas passer), j’entre dans la salle, je me dĂ©leste de mon sac avec la ferme intention de me dĂ©lester de mon savoir. L’examinatrice, consulte sa liste de sujet, le stylo en main, le temps suspend son vol …

Amnesty International.

Bon et bien le droit, ce sera pour un autre jour.

Bilan de l’opĂ©ration: deux lapsus (”la France agrafĂ©e Ă©pinglĂ©e par le rapport d’Amnesty“, et “Amnesty a deux millions d’ habitants adhĂ©rents“), une question complĂ©mentaire sur le mĂ©diateur de la RĂ©publique. Au moins j’ai fait sourire l’examinatrice.

Lundi 2 juin 2008

Deux grands juristes

Posté dans ActualitĂ© du droit par groM

J’apprends avec beaucoup de tristesse les dĂ©cĂšs de Guy Braibant et de Maurice Cozian.

Il n’est pas besoin de prĂ©senter le premier, dont le nom figure Ă  la premiĂšre page des grands arrĂȘts de la jurisprudence administrative, entre ceux de Marceau Long, Prosper Weil, Pierre DelvolvĂ© et Bruno Genevois. Merci donc, M. Braibant, de m’avoir guidĂ© dans les arcanes du droit administratif. Je n’ai pas Ă©tĂ© le premier, et ne serai pas le dernier.

Maurice Cozian Ă©tait lui, entre autres qualitĂ©s, l’auteur d’un ouvrage remarquable de droit des sociĂ©tĂ©s Ă©crit en collaboration avec Alain Viandier et Florence Deboissy. Merci Ă  vous aussi, M. Cozian, pour l’humour dont vous parvĂźntes Ă  faire preuve sur un sujet pour moi bien aride. L’intĂ©rĂȘt des Ă©tudiants pour la matiĂšre tient aussi parfois Ă  une simple anecdote.

Je prie leurs proches, et ceux qui ont eu la chance de recevoir leur enseignement, de recevoir mes sincÚres condoléances. Une consolation toutefois: les hommes passent, leur oeuvre reste.