Les Frustrés
Je suis un frustré.
Si, si. Il n’aura pas Ă©chappĂ© aux rares lecteurs de ce site que je fais des Ă©tudes de droit par correspondance. Cet Ă©tat de fait emporte deux consĂ©quences: d’une part je n’ai finalement pas autant que je voudrais l’occasion de causer de droit avec des juristes (d’oĂą ce blog, vous l’aurez compris); d’autre part je me rĂ©jouis Ă la perspective des examens, qui sont justement, en la personne de l’examinateur, l’occasion de modĂ©rer cette frustration (j’en vois qui rient: ils ont l’esprit mal tournĂ©).
Donc, aujourd’hui, j’avais un examen de LibertĂ©s fondamentales (ou publiques, je me souviens plus de l’intitulĂ© exact du cours). J’Ă©tais frĂ©tillant. J’avais peaufinĂ© mes petites fiches, rĂ©visĂ© la jurisprudence du conseil constitutionnel en la matière, la police administrative, la voie de fait, la loi du 3 avril 1955 (avec les divers arrĂŞts Rolin qui vont avec bien sĂ»r !). Bref, j’Ă©tais sharp as a razor.
Après deux heures d’attente (place n°13, mais passage en n°10 grâce Ă une charmante jeune fille qui voulait vraiment pas passer), j’entre dans la salle, je me dĂ©leste de mon sac avec la ferme intention de me dĂ©lester de mon savoir. L’examinatrice, consulte sa liste de sujet, le stylo en main, le temps suspend son vol …
Amnesty International.
Bon et bien le droit, ce sera pour un autre jour.
Bilan de l’opĂ©ration: deux lapsus (”la France agrafĂ©e Ă©pinglĂ©e par le rapport d’Amnesty“, et “Amnesty a deux millions d’ habitants adhĂ©rents“), une question complĂ©mentaire sur le mĂ©diateur de la RĂ©publique. Au moins j’ai fait sourire l’examinatrice.
erasoft a dit :
Hein ? Non mais c’est une blague ! Et pourquoi pas “Danielle Mitterrand” tant qu’on y est ?!!
MĂŞme, quand je vois mon cours de “Droit des libertĂ©s fondamentales”, on ne parle pas de la voie de fait, ni de la loi de 55, ni de police administrative, ou seulement de manière assez lointaine. Mais je crois pas que ça te remonte le moral
Lundi 2 juin 2008 à 22:03
groM a dit :
En fait, Amnesty trouve sa place dans le chapitre sur le rĂ´le des citoyens dans la protection des libertĂ©s. On y parle du rĂ´le des ONG, après la dĂ©sobĂ©issance Ă la loi injuste et la rĂ©sistance Ă l’oppression. Ce n’est pas stupide, mais c’est vrai que c’est Ă tout le moins du droit mou.
“pas de la voie de fait, ni de la loi de 55, ni de police administrative”
[GroM tombe dans les pommes, en déficit respiratoire]
Lundi 2 juin 2008 à 22:08
koz a dit :
Mon plus dĂ©sagrĂ©able souvenir, c’est l’oral de PLA en maĂ®trise. Moi aussi, sharp as a razor. Une matière que j’apprĂ©cie. Et le sujet ? “Les genres littĂ©raires”.
Hein ?
C’est le bac français, lĂ ?
Lundi 2 juin 2008 à 22:49
groM a dit :
C’est cult(ure gĂ©nĂ©rale) comme sujet
Lundi 2 juin 2008 à 23:09
Frédéric a dit :
Normal Erasoft les cours de 2ème annĂ©e n’en parle pas.
Lundi 2 juin 2008 à 23:56
groM a dit :
Non, en fait, en y rĂ©flĂ©chissant, il y a bien matière Ă faire du droit avec un machin pareil: avec la parodie, la caricature, le pastiche, il y a moyen de faire des choses autour de L122-5 CPI et de la contrefaçon; avec le polĂ©mique (Zola, j’accuse), du droit pĂ©nal; et un coup de procès de Baudelaire en introduction pour faire bien !
Non, Koz, vraiment, je vois pas de quoi tu te plains
Mardi 3 juin 2008 à 09:47
groM a dit :
@Frédéric: on ne parle pas de la police administrative ni de la voie de fait dans votre cours de droit administratif général de 2ème année ?
Mardi 3 juin 2008 à 09:48
Anonymous a dit :
En fait notre prof inclut cette partie dans le droit administratif de 3ème annĂ©e…or il y a des passages du cours que certains ne comprennent pas vu qu’on n’aborde pas ces notions. Enfin, vu que notre enseignant est la rĂ©publique de John Cofea dans la ligne verte je prĂ©fère pas lui dire !
Mardi 3 juin 2008 à 10:10
Anonymous a dit :
République = Réplique désolé
Mardi 3 juin 2008 à 10:11
erasoft a dit :
@FrĂ©dĂ©ric : Hue, hue, j’ai jamais parlĂ© de mon cours de droit administratif de deuxième annĂ©e, dans lesquels la voie de fait a fait l’objet de 2 TD (en comptant le rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ©), de mĂŞme que la police administrative, et un TD Ă©galement pour la loi de 1955.
Je parlais bien sĂ»r de mon cours de droit des libertĂ©s fondamentales, qui n’avait pas besoin de revenir sur ces saines et doctes bases.
Chaque fac a son système, mais tout le monde a le même diplôme. Vous trouvez pas que ça pose problème ?
Mardi 3 juin 2008 à 15:32
groM a dit :
@erasoft: je n’en doutais pas
Mardi 3 juin 2008 à 19:06
Apokrif a dit :
Il y avait pourtant matière Ă un dĂ©veloppement sur le droit comparĂ© et l’art. 6 CEDH: http://www.parliament.the-stationery-office.co.uk/pa/ld199899/ldjudgmt/jd990115/pino01.htm
Jeudi 5 juin 2008 à 04:20
Apokrif a dit :
“Chaque fac a son système, mais tout le monde a le mĂŞme diplĂ´me. Vous trouvez pas que ça pose problème ?”
Oui, les gens qui protestent contre la “casse du diplĂ´me national”, ç m’a toujours fait rigoler.
Jeudi 5 juin 2008 à 04:22
Didierdu95 a dit :
En effet cette épreuve passe plus pour être un élément de culture générale.
C’est vrai que le chapitre des ONG est pas très facile a maitriser et je le redoutais aussi.
Je suis passĂ© hier hier donc mercredi 04 juin et Mme Chaperon m’a interrogĂ© sur le MĂ©diateur et tous c’est parfaitement passĂ© sans m’interrompre une seule fois.
Reste plus que la suite.
bon courage á tous
Jeudi 5 juin 2008 à 09:35
Mista a dit :
Un de mes professeurs m’a dit un jour que s’il y avait un cours qui Ă©tait plus important que les autres en Droit, c’Ă©tait bel et bien celui de LibertĂ©s Fondamentales. En effet, c’est une matière “carrefour” entre la Philosophie du Droit, le Droit Administratif, le Droit EuropĂ©en et International. Tu as surement “pâti” de cette conception très Ă©largie de la matière avec un sujet qui se veut ouvert et pour lequel il faut envisager plusieurs approches.
Vendredi 6 juin 2008 à 17:18
groM a dit :
En fait, je ne crois pas en avoir pâti. Ca s’est bien passĂ©. C’est juste que je ne me suis pas amusĂ©.
Vendredi 6 juin 2008 à 18:08
Calamo a dit :
@Grom
Las, je crains que les dĂ©veloppements attendus lors de l’oral de Koz furent moins plaisants que ceux que tu proposes. Comme ça, je verrais dans ce sujet un appel du pied Ă quelques digressions sur le rĂ©gime du pacte de prĂ©fĂ©rence et ses difficultĂ©s d’application. Nettement moins sexy que les Fleurs du mal… voire qu’Amnesty International !
Mardi 10 juin 2008 à 12:28
groM a dit :
Mais qu’est-ce donc, l’abbĂ©, que ce pacte de prĂ©fĂ©rence ? Un pacte avec le diable ?
Mardi 10 juin 2008 à 13:44
Calamo a dit :
Oui, pour ceux qui tĂ©moignent d’une dĂ©fiance certaine envers les Ă©diteurs. On peut Ă©galement y voir un (savant) compromis lĂ©gal entre la libertĂ© de l’auteur, qui se doit - comme chacun sait - d’ĂŞtre la plus large possible, et la rĂ©compense du risque pris par l’Ă©diteur.
Dans le texte, ça donne :
” Est licite la stipulation par laquelle l’auteur s’engage Ă accorder un droit de prĂ©fĂ©rence Ă un Ă©diteur pour l’Ă©dition de ses oeuvres futures de genres nettement dĂ©terminĂ©s.
Ce droit est limitĂ© pour chaque genre Ă cinq ouvrages nouveaux Ă compter du jour de la signature du contrat d’Ă©dition conclu pour la première oeuvre ou Ă la production de l’auteur rĂ©alisĂ©e dans un dĂ©lai de cinq annĂ©es Ă compter du mĂŞme jour. (?..)” (art. L. 132-4).
Jeudi 12 juin 2008 à 00:11