Eloge de la lenteur
Pour ceux qui se plaignent des lenteurs de la justice, je conseille une saine lecture: CEDH 21 février 1997 Guillemin c. France.
I. Les circonstances de l’espeÌce
6. Le 7 octobre 1982, un arreÌteÌ preÌfectoral de l’Essonne deÌclara
d’utiliteÌ publique l’acquisition de terrains neÌcessaires aÌ
l’ameÌnagement d’une zone pavillonnaire dans la commune de
Saint-Michel-sur-Orge, dit projet de la fontaine de l’Orme. Un terrain
baÌti, qui appartenait aÌ la requeÌrante et qui servait de reÌsidence
secondaire aÌ un membre de sa famille, figurait parmi eux.[…]
22. La proceÌdure est actuellement pendante devant le
tribunal de grande instance d’Evry.
Donc, Mme Guillemin, au bout de 15 ans (!) ne s’Ă©tait toujours pas dĂ©patouillĂ©e de l’expropriation de son pavillon Ă Saint-Michel-sur-Orge. Heureusement …
PAR CES MOTIFS, LA COUR, A L’UNANIMITEÌ,
1. Dit qu’il y a violation de l’article 6 par. 1 de la
Convention (art. 6-1);2. Rejette les exceptions preÌliminaires du Gouvernement
relatives aÌ l’article 1 du Protocole n° 1 (P1-1);3. Dit qu’il y a violation de l’article 1 du Protocole n° 1
(P1-1);
somni a dit :
Dis moi groM, j’ai un peu la flemme. Pourquoi Ă©tait-ce aussi long ? je ne m’en souviens plus.
Il faut dire que l’existence d’une procĂ©dure devant le juge administratif, la dĂ©claration d’utilitĂ© publique et l’arrĂȘtĂ© de cessibilitĂ© du prĂ©fet, et l’ordonnance d’expropriation et la fixation de l’indemnitĂ© d’expropriation et de remploi devant le juge judiciaire, cela n’aide pas. Sans compter l’action en rĂ©trocession (ou en indemnisation si la rĂ©trocession est devenue dĂ©finitive) elle aussi devant le juge judiciaire. Si la procĂ©dure a Ă©tĂ© particuliĂšrement longue ici, c’est trĂšs souvent que pour les procĂ©dures importantes, la lenteur prĂ©vaut. Mais il est vrai que l’apprĂ©ciation de cette lenteur dĂ©pend de la diligence des parties mais aussi de la complexitĂ© de l’affaire…
Lundi 9 juin 2008 à 19:37