Bloghorrée

ExtrĂȘmiste de la laĂŻcitĂ© depuis 1976

Archive du mois de juillet 2008

Jeudi 31 juillet 2008

Fermeture

Posté dans Autres par groM

Ce blog, qui est dĂ©jĂ  dans une phase de lĂ©thargie, va tomber en catatonie pour les trois prochaines semaines, pour cause de dĂ©part en vacances dans divers endroits dĂ©pourvus de toute connectivitĂ© et d’absence de volontĂ© du vacancier. J’espĂšre que ce congĂ© me motivera pour Ă©crire des choses intĂ©ressantes. Je suis dans une phase de flemme irrĂ©pressible en ce moment.

Mardi 29 juillet 2008

Métro station Discorde

Posté dans Droits de l'homme par groM

Nos lecteurs connaissent sans doute bien la station de mĂ©tro Concorde. Celle-ci est fameuse pour la dĂ©coration qui orne les quais de la ligne 12, oeuvre de l’artiste belge Françoise Schein. Au lieu des traditionnelles carreaux de faĂŻence blanche qui sont la marque du mĂ©tro parisien, la station Concorde est couverte de carreaux de cĂ©ramique bleus et blancs, façon azulejos, dont chacun d’eux porte une lettre ou un signe de ponctuation, l’ensemble Ă©tant supposĂ© former le texte de la dĂ©claration des droits de l’Homme et du citoyen du 26 aoĂ»t 1789.

L’oeuvre, commandĂ©e pour le bicentenaire de la rĂ©volution et rĂ©alisĂ©e en 1991, se place dans un cadre plus vaste, celui de la cĂ©lĂ©bration des droits de l’Homme. Françoise Schein a ainsi rĂ©alisĂ© des oeuvres autour de cette thĂ©matique nous seulement Ă  Paris mais aussi Ă  Lisbonne, BrĂšme, Berlin, HaĂŻfa et Stockholm.

Chaque carreau comporte donc une lettre ou un signe de ponctuation, mais pas d’espace. Le fait de les enlever du texte (voir ici pour un aperçu) est pleinement assumĂ© par l’artiste et procĂšde de la volontĂ© d’attiser la curiositĂ© des passants:

At first glance, the viewer does not recognize any meaningful text. The walls only appear as a large puzzle of letters. But slowly, the formation of langage appears in the viewers’ minds. He constructs his own meaning, he creates his understanding of the text; he builds these words himself…

RĂ©sultat: l’un des textes les plus forts de sens de la langue française devient une suite inintelligible de mots pour le passant qui ne reste que quelques dizaines de secondes sur le quai. LĂ  oĂč la plume rĂ©volutionnaire avait fait oeuvre de clartĂ©, il n’y a plus qu’obscuritĂ©. LĂ  oĂč le sens du texte doit primer, on a un simple jeu de pistes. LĂ  oĂč il faudrait que cette DĂ©claration, constamment prĂ©sente Ă  tous les Membres du corps social, leur rappelle sans cesse leurs droits et leurs devoirs,

CETTEDECLARATIONCONSTA
MMENTPRESENTEATOUSLESM
EMBRESDUCORPSSOCIALLEU
RRAPPELLESANSCESSELEUR
SDROITSETLEURSDEVOIRS

Je vais peut-ĂȘtre jouer mes vieux schnocks, mais lĂ , on ne rappelle pas grand’chose. Que le projet eĂ»t Ă©tĂ© beau, s’il avait simplement respectĂ© le texte !

Samedi 19 juillet 2008

Deux choses sans importance

Posté dans Autres par groM

Vous l’aurez compris, cette pĂ©riode estivale, couplĂ©e Ă  un travail intense, n’est pas propice aux travaux d’Ă©criture, d’oĂč le quasi-silence de ce blog. Heureusement, deux micro-Ă©vĂ©nements sont venus ponctuer mon existence: je ne rĂ©siste pas au plaisir de vous les faire partager.


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Ce matin d’abord. Écoutant d’une oreille distraite une Ă©mission de France Inter consacrĂ©e Ă  Albator, le hĂ©ros de notre jeunesse, j’ai entendu une courte interview du crĂ©ateur de ce hĂ©ros, Leiji Matsumoto. Celui-ci expliquait comment, peu aprĂšs la capitulation du Japon, il avait contemplĂ© les vĂȘtements de son pĂšre militaire, et avait Ă©tĂ© frappĂ© par leur inutilitĂ© et le vide qui s’en dĂ©gageait. Tout ce que ces vĂȘtements incarnaient, l’Empire, les vertus martiales, tout cela avait disparu, et lĂ  oĂč Ă©taient ces vĂȘtements, il n’y avait finalement plus que le vide.

Ce vide me frappe souvent en contemplant les objets musĂ©ifiĂ©s. Les vĂȘtements meurent de ne pas ĂȘtre portĂ©s, et il n’y a rien de plus triste que la soie passĂ©e (dans ce genre, ne visitez jamais le musĂ©e de la toile de Jouy, Ă  Jouy-en-Josas) ou les mannequins en uniforme. MĂȘme sentiment face aux cratĂšres grecs: que ces objets conçus pour partager le vin, sous le soleil, Ă  l’ombre d’une vigne vierge, figurent dans une vitrine obscure illustre Ă  merveille la perte totale de leur sens.

Cela est d’autant plus Ă©trange que le plus stupide et le plus inutile objet de la crĂ©ation peut survivre Ă  son propriĂ©taire, ce que j’ai toujours trouvĂ© profondĂ©ment injuste. Quand un homme meure, on devrait faire disparaĂźtre tous les objets qui lui ont appartenu, comme autrefois les indiens enterraient vivantes les veuves des maharadjas. Ainsi les hommes ne survivraient vraiment que dans le souvenir des autres, ce qui n’est finalement pas si mal. A moins que, perdant leur sens avec l’homme qui les possĂšde, ces objets ne soient finalement absorbĂ©s par le vide eux aussi.

En y rĂ©flĂ©chissant, Leiji Matsumoto m’a peut-ĂȘtre offert une consolation mĂ©taphysique, ce matin, Ă  l’heure d’Ă©cosser les haricots.


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Le philosophe que je suis (rires dans la salle) n’en est pas moins homme, et comptait aller passer sans soirĂ©e dans une salle obscure Ă  oublier, comme aurait dit feu Pierre Desproges, son cancer devant un film d’outre-atlantique dont je tairai le nom afin de ne pas ruiner la rĂ©putation de sĂ©rieux de ce blog. HĂ©las, trois fois hĂ©las, un dĂ©linquant quelconque, attirĂ© par la carrosserie rutilante de notre imposante berline de type Peugeot 106 (modĂšle 1995, 207.000 km au compteur) en avait brisĂ© la vitre arriĂšre dans l’espoir, manifestement déçu, de mettre la main sur des choses aussi juteuses qu’une planche arriĂšre ou un triangle de signalisation.

Ce fut donc commissariat au lieu de cinéma, Les experts. au lieu de Hancock

Car figurez-vous - est-ce l’ennui d’une soirĂ©e tranquille ? une conscience professionnelle remarquable ? l’absence de gardĂ© Ă  vue ? - et bien figurez-vous que mon bris de glace sans vol a donnĂ© lieu Ă  un vrai relevĂ© d’empreinte digitales, comme dans les films. Avec le petit pinceau, la poudre noire qui tache - saluons au passage l’expĂ©rience du fonctionnaire de police qui a rĂ©ussi le saupoudrage sans en mettre une trace sur sa chemise blanche. En fait, le seul truc qui a ratĂ©, c’est la prise des empreintes rĂ©vĂ©lĂ©es. Cela se fait en posant un papier collant sur les traces rĂ©vĂ©lĂ©es par la poudre, et en l’espĂšce la colle a fait des fils comme le fromage dans AstĂ©rix en HelvĂ©tie.

C’est paraĂźt-il rarissime, mais qu’importe: selon toute vraisemblance c’Ă©tait mon empreinte Ă  moi.

Mardi 15 juillet 2008

Résultats

Posté dans CAVEJ par groM

Pour les intéressés, les résultats de L3 sont disponibles.

Il semblerait que, malgrĂ© une Ă©criture baveuse et un contenu mĂ©diocre, le contentieux administratif ne m’ait pas gardĂ© trop de rancune. J’en suis presque dĂ©sappointĂ©. Pour le reste, ça c’est trĂšs bien passĂ© :-)

Jeudi 3 juillet 2008

Fin d’une rĂ©tention

Posté dans Autres, Politique, Etranger par groM

Excellente nouvelle pour Ingrid BĂ©tancourt et pour les siens. D’autant que Nicolas Sarkozy annonce dans la foulĂ©e:

La France est toujours prĂȘte Ă  se mobiliser quand quelqu’un est injustement retenu.

Faut-il y dĂ©celer une volontĂ© de la PrĂ©sidence Française de l’Union de lutter contre la directive de la honte, qui permet la rĂ©tention des Ă©trangers extra-communautaires pendant 18 huit mois ?

En tout cas …

Et croyez bien, que ce que je dis, je le dis du fond du coeur.