A Monsieur Malebranche
Cher Monsieur,
L’outrance avec laquelle vous avez rĂ©agi Ă mon article montre la difficultĂ© qu’il y a parfois Ă se faire comprendre lorsqu’on Ă©crit des billets courts. Je me permets donc de rĂ©pondre Ă votre commentaire de maniĂšre plus dĂ©taillĂ©e.
Vous opĂ©rez pour commencer une confusion, frĂ©quente, entre religion et Ă©glise - celle-ci Ă©tant entendue au sens d’ensemble des membres du clergĂ© et non comme la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine. Je soutiens pour ma part que les Ă©glises, en tant qu’institutions, sont des instruments de pouvoir, et donc des instruments temporels et non spirituels. Que les normes qu’elles Ă©dictent visent autant Ă permettre l’exercice du culte que d’assurer leur emprise morale sur les fidĂšles, surtout quand, comme le port du voile ou le refus du mariage des prĂȘtres, elles ne sont fondĂ©es sur aucune nĂ©cessitĂ© pratique ou thĂ©ologique. Ne vous leurrez pas: leur programme est politique. Il est naĂŻf de croire le contraire.
Je considĂšre, Monsieur, que les Ă©glises sont un des facteurs d’aliĂ©nation de l’Homme les plus efficaces que l’on ait inventĂ© depuis que l’Homme est Homme. Entre ma collĂšgue juive qui refuse de rentrer dans les Ă©glises (entendues au sens d’Ă©difice, vous l’aurez compris), fussent-elles des chefs-d’oeuvres d’architecture et fussent-elles dĂ©consacrĂ©es, entre cette amie musulmane, qui considĂšre que lorsqu’elle ingĂšre un mĂ©dicament en pĂ©riode de ramadan, elle rompt le jeĂ»ne et contracte ainsi une dette Ă l’Ă©gard de Dieu, entre BenoĂźt XVI qui refuse la bĂ©nĂ©diction aux divorcĂ©s remariĂ©s, permettez-moi de considĂ©rer que les Ă©glises, loin de donner espoir, sont essentiellement des instruments d’aliĂ©nation, qui privent l’Homme d’une ouverture aux autres.
Vous allez bien sĂ»r m’opposer les “bons” curĂ©s (peut-ĂȘtre mĂȘme avez-vous la chance d’avoir un prĂȘtre ouvrier sous la main), les pasteurs “formidables”, les himams “fantastiques”. Bien sĂ»r qu’ils existent. Mais, comme Gorbatchev, ils ne sauveront pas leur Ă©glise. Vous pensez qu’ils sont des rebelles ? Sociologiquement, ils sont complĂštement fonctionnels: ils permettent de faire passer la pilule aux marges. Ils permettent de faire passer l’intransigeance Ă ceux qui trouvent la foi trop dure. Et croyez-moi qu’on leur tient la bride courte.
Je revendique donc pour ma part une indĂ©pendance totale Ă l’Ă©gard de ces Ă©glises.
J’affirme aussi que je dispose de valeurs morales suffisantes pour savoir oĂč mener mes pas sans qu’un curĂ©, un pasteur, un rabbin, un himam ou un bonze ne me dise ce que je dois faire.
Vous l’aurez remarquĂ©, il n’y a rien lĂ -dedans qui interdise la foi. Ou sa manifestation publique. Il y a juste un anticlĂ©ricalisme de principe. Bien modĂ©rĂ© ma foi, puisque je n’ai pas prit les armes pour bouter le pape hors de la RĂ©publique. Et il y a l’affirmation d’une morale laĂŻque, autonome.
Je prĂ©tends aussi que l’affirmation nouvelle d’une laĂŻcitĂ© ouverte , la rĂ©fĂ©rence aux ayatollah de la laĂŻcitĂ©, alors que, quoi qu’on en dise, les personnes rĂ©sidant en France jouissent d’une libertĂ© de culte fort Ă©tendue, que l’Etat n’a jamais interrompu son dialogue avec les Ă©glises et l’a mĂȘme intensifiĂ©, est une nouvelle manoeuvre politique du PrĂ©sident de la RĂ©publique visant Ă ringardiser ses adversaires politiques. Manoeuvre fort efficace puisque, par votre modeste biais, elle va atteindre ma trĂšs modeste personne: grĂące Ă Internet tout le monde peut faire de la politique.
J’affirme enfin - il faut bien dĂ©fendre sa chapelle - que la libertĂ© de religion proclamĂ©e par l’article 10 de la dĂ©claration s’entend aussi nĂ©gativement, par la possibilitĂ© de ne pas avoir de religion.
VoilĂ , Monsieur, ce que j’affirme. Contrairement Ă vous, je ne vois lĂ -dedans nul mĂ©pris pour les fidĂšles (1). Maintenant, que des milliers de gens se rĂ©unissent pour vouer un culte de la personnalitĂ© stalinien Ă un vieillard enfermĂ© dans sa voiture, peu m’importe. J’en suis juste un peu Ă©tonnĂ©. Mais pas tant que ça: l’indĂ©pendance de conscience a un prix que tout le monde n’est pas prĂȘt Ă payer. Je suis sĂ»r en tout cas d’une chose: si le Christ revenait sur terre aujourd’hui, il vitupĂ©rerait contre les pharisiens et les marchands du temple Ă Rome, sur les marches de Saint-Pierre.
En espérant que vous comprendrez ainsi mieux ma pensée sur le sujet, je demeure de votre personne, Monsieur, le trÚs humble, trÚs obéissant, trÚs dévoué serviteur.
(1) le terme mĂȘme de fidĂšles n’est-il pas rĂ©vĂ©lateur de cette soumission ?
Poil de lama a dit :
“Vous allez bien sĂ»r mâopposer les âbonsâ curĂ©s. (…) Vous pensez quâils sont des rebelles ? Sociologiquement, ils sont complĂštement fonctionnels: ils permettent de faire passer la pilule aux marges. Ils permettent de faire passer lâintransigeance Ă ceux qui trouvent la foi trop dure.”
Bien vu. L’un des pires vices des hiĂ©rarchies religieuses est qu’elles utilisent ce qu’elles ont de bon (car en effet elles en ont) pour *justifier* ce qu’elles ont de mauvais, et non pour le rĂ©futer. Saint François d’Assise fait passer les croisades et l’Inquisition, une poignĂ©e de versets coraniques tolĂ©rants font passer trois cents pages fanatiques, le bon sens du sermon sur la montagne fait passer les dĂ©bilitĂ©s des Ă©pĂźtres, etc. Le vice de la religion est qu’elle n’autorise jamais les fidĂšles Ă faire le tri, Ă prendre ce qu’ils jugent bon et Ă jeter le reste, pas mĂȘme quand ils souhaiteraient en prendre 95 % pour jeter les 5 % restants. Nenni-da, il faut tout garder, surtout et principalement le mauvais, le fanatique et le crĂ©tin, et par amitiĂ© pour les dĂ©vots dĂ©bordants d’amour et les Ă©rudits intelligents il faut tolĂ©rer la prĂ©sence dans la hiĂ©rarchie des hypocrites, des fanatiques et des idiots.
Dimanche 21 sept 2008 à 11:41
Michel a dit :
Votre message initial Ă©tait court et violent. Il n’Ă©tait pas acceptable car vous n’ĂȘtes ni SinĂ©, ni Charlie Hebdo.
Dans le prĂ©sent message vous exprimez votre position d’athĂ©e modĂ©rĂ© face aux religions et Ă la laicitĂ©. Vous ne faites ici qu’exprimer le point d’Ă©quilibre de l’opinion commune en France sans vous rendre compte que ce point de vu est loin d’ĂȘtre le point de vu dominant ailleurs, dans les autres grandes dĂ©mocraties, et sans prendre conscience que vous respectez peu la libertĂ© de ceux qui croient et qui dĂ©sirent vivre en accord avec leurs convictions.
La violence de votre premier message Ă©tait la rĂ©ponse Ă une petite phrase de Sarko Ă propos de la laicitĂ© positive. Au delĂ de la petite phrase, Sarko a Ă©crit en 2004 un bouquin oĂč il explique sa position sur le sujet: “La RĂ©publique, Les Religions, L’EspĂ©rance”. Avant de rĂ©agir aux petites phrases de Sarko, lisez donc son livre.
De mon point de vue de croyant, ce qu’Ă©crit Sarko dans son bouquin, est trĂšs banal. Ce qui ne l’est pas est que cette position banale apparaisse comme rĂ©volutionnaire en France. Notez que dĂ©fendre de telles positions en 2004, alors ces positions Ă©taient et restent trĂšs minoritaires Ă droite comme Ă gauche, est une preuve de courage politique.
Un dernier point. Depuis 20 ans, je perçois une dĂ©gradation de la libertĂ© religieuse en France. Ceci est liĂ©, je pense mais je puis me tromper, au recul de la foi chrĂ©tienne, Ă la crainte qu’engendre la montĂ© de l’Islam en France, et celle du christianisme fondamentaliste aux USA. Cela s’est traduit en France par la loi sur les signes religieux, et par les actions menĂ©es pour lutter contre les phĂ©nomĂšnes sectaires. Notez que de telles lois n’existent que chez nous.
Je puis vous assurer que cette dégradation de la liberté religieuse est réelle.
Dimanche 21 sept 2008 à 16:56
martin a dit :
Vous vous défendez trÚs bien tout seul, rien à ajouter sinon que ça fait du bien !
Bonne soirée
Dimanche 21 sept 2008 à 21:59
Malebranche a dit :
Monsieur,
Merci dâavoir enfin Ă©crit un billet digne de ce nom!
Pour le reste, sachez que je nâai jamais affirmĂ© que les hommes dâĂ©glise Ă©taient parfaits, ce sont eux-aussi des ĂȘtres humains capables de se tromper, de mentir, bref, de faire le mal. Mais, puisque vous parlez de lâ Eglise Catholique, vous remarquerez quâils le reconnaissent eux-mĂȘmes. Certes, lâ Eglise (continuons avec lâEglise catholique, aprĂšs tout câest elle que vous attaquiez Ă travers son chef), peut donc se tromper, et il suffit pour sâen persuader de lire certaines encycliques de la premiĂšre partie du XIX e siĂšcle, par exemple celles qui condamnent la libertĂ© de la presse, etc. Je ne nie en rien cet Ă©tat de fait, car je ne cherche en aucun Ă dĂ©montrer que vous devriez vous convertir sur-le-champ!
Notez cependant que lâEglise catholique a su Ă©voluer, quand vous semblez toujours considĂ©rer toujours comme irrĂ©conciliables la foi et la raison. (Vous recommanderĂ©-je Teilhard de Chardin ou le Nathan de Lessing?) Libre Ă vous cependant de considĂ©rer quâelle recule pour mieux sauter.
Permettez-moi au passage de vous faire remarquer que vous semblez vous-mĂȘme confondre le clergĂ© que vous voulez oppresseur et les fidĂšles que vous souhaiteriez oppressĂ©s lorsque vous dĂ©noncez lâinterdiction faite aux prĂȘtres romains catholiques de se marier, « fondĂ©e sur aucune nĂ©cessitĂ© pratique ou thĂ©ologique ». Si la derniĂšre assertion nâest pas tout Ă fait fausse, vous semblez dĂšs lors nier la libertĂ© des sĂ©minaristes qui sâengagent en connaissance de cause (non, pas de vice du consentement Ă signaler ici!).
On en vient Ă se demander si vous ne seriez pas prĂȘt Ă vouloir les dĂ©livrer de lâaliĂ©nation qui est la leur. Cette impression (qui nâest quâimpression, je ne vous prĂȘte pas explicitement de telle pensĂ©es), inquiĂšte si lâon songe Ă ce que des raisonnements analogues (tenus par des chrĂ©tiens dont les comportements ont Ă©tĂ© dĂ©noncĂ©s en filigrane aux Bernardins par votre ami BenoĂźt, si vous avez bien Ă©coutĂ©) ont pu avoir comme effets, par exemple dans un Etat bien connu oĂč coule lâEuphrate⊠En clair, jâai peur que vous ne soyez trop prompt Ă combattre, dans votre pensĂ©e, un obscurantisme par un autre. Vous me direz, ne dit-on pas quâil faut parfois combattre le mal par le mal? Peut ĂȘtre mais alors oĂč est lâintĂ©rĂȘt?
On nâoblige personne Ă adopter telle ou telle religion, et câest heureux, monsieur. Toutefois, il y a un fort courant qui semble mĂ©priser (jây reviens, câĂ©tait le point soulevĂ© dans mon premier commentaire, et je vous assure que câest ainsi quâil ne pouvait manquer dâĂȘtre perçu par les croyants) ceux qui ont lâoutrecuidance de ne pas entendre lâarticle 10 nĂ©gativement. Michel vous explique quâil est difficile dâĂȘtre croyant. Ceux-ci ont le sentiment -fondĂ©, il suffit de vous lire, et ce quoique vous disiez- dâĂȘtre mĂ©prisĂ©s lorsquâils font simplement Ă©tat de leur croyance (sans quâil soit besoin de faire preuve de quelque prosĂ©lytisme). Pourtant, eux ne nourrissent pas de tel sentiment Ă lâĂ©gard de ceux qui croient diffĂ©remment ou de ceux qui ne croient pas. Il respectent, pour une Ă©crasante majoritĂ© dâentre eux, ce fait, mĂȘme sâils sont convaincus que ce nâest pas le bon chemin. Ils ne demandent quâune chose: avoir droit au mĂȘme respect. En Ă©crivant votre court billet, vous sembliez tĂ©moigner aux catholiques, Ă travers une attaque portĂ©e Ă leur chef (oui je sais il est vilain) encore une fois un mĂ©pris insupportable, et inacceptable. Ce sentiment de se sentir tenus pour des ĂȘtres infĂ©rieurs, simplement parce quâils croient, est souvent perçu par eux comme une discrimination injuste. Câest-ce que je vous faisais remarquer. Ceci explique pour une partie dâentre eux le bonheur dâacclamer cet homme en blanc: il nâest pas courant de pouvoir ouvertement dans la rue montrer son adhĂ©sion Ă une croyance positive. Pour les autres, est-ce plus idiot que dâacclamer un quelconque homme dâEtat ou candidat Ă lâĂ©lection prĂ©sidentielle? Vous prĂ©tendez attaquer le clergĂ© et non les fidĂšles (oui, je sais, jâai lu votre note sur les fidĂšles), mais en rĂ©alitĂ©, bien quâils soient conscients des faiblesses du premier, ces derniers ne peuvent pas ne pas ĂȘtre atteints par vos attaques dĂ©placĂ©es. Encore une fois, je laisse de cĂŽtĂ© le cas particulier des intĂ©gristes. MĂȘme si peut-ĂȘtre pour vous tout croyant lâest, sachez que cela nâest en aucune façon le cas.
Personne ne cherche Ă vous convertir, et lâon accepte que vous pensiez ce que vous Ă©crivez, mĂȘme sâils pensent sincĂšrement que vous vous trompez. Ces personnes nâattendent rien de plus, mais non plus rien de moins que la mĂȘme sorte de traitement de votre part Ă leur Ă©gard. Et croyez bien que tout ces gens nâont pas pour but que de saisir la moindre occasion pour « jouer les martyrs » dans le but secret de renforcer leur obscurantisme qui semble menacĂ©, dans une sorte de vaste complot orchestrĂ© depuis le Vatican. Non, car il serait beaucoup plus simple alors de ne pas croire, ou de faire comme sâils ne croyaient pas, ce que beaucoup, dâailleurs, font.
JâespĂšre, monsieur, ne pas trop mâĂȘtre rĂ©pĂ©tĂ©, et vous avoir permis, Ă mon tour, de mieux cerner ma pensĂ©e, trĂšs simple en vĂ©ritĂ©.
Je vous souhaite bon courage dans votre nouvelle orientation, mĂȘme si câest Ă regret que je vois encore une fois sâen aller un prĂ©cieux amateur (au sens premier) du droit public vers cet universâŠparticulier!
Je vous prie de croire, monsieur, Ă lâexpression de mes sentiments respectueux et dĂ©vouĂ©s, et je suis impatient de lire Ă nouveau vos billets.
Lundi 22 sept 2008 à 01:20
Anonymous a dit :
o
Lundi 22 sept 2008 à 08:33
Eolas a dit :
Miracle de la foi ? Je ne suis pas d’accord avec ton billet et pourtant j’ai envie de l’applaudir.
Sauf sur la fin : l’affirmation que la foi serait incompatible avec l’indĂ©pendance d’esprit est une pure pĂ©tition de principe ; voir la cohorte des fidĂšles, qui vient du latin fides, foi, et qui n’indique pas la soumission, mais l’engagement, comme une foule pensant la mĂȘme chose et adhĂ©rant aveuglĂ©ment au dogme est erronĂ©e. Lorsque j’ai rĂ©cemment fait baptiser ma fille, lors des rĂ©unions prĂ©paratoires, tous les fidĂšles prĂ©sents ont vertement fait remarquer au prĂȘtre leur hostilitĂ© au cĂ©libat des prĂȘtres. Aucun n’a Ă©tĂ© excommuniĂ© et tous ont pu nĂ©anmoins faire baptiser leur enfant.
L’Ăglise, avec un grand Ă, est un lieu de dĂ©bat par nature. Simplement, vient un moment oĂč ce dĂ©bat est tranchĂ© et oĂč cette solution a force de loi.
Comme en RĂ©publique, dis donc. Ătudier le droit fait-il de nous des moutons dĂ©cĂ©rĂ©brĂ©s esclave du petit livre rouge ou bleu selon ses goĂ»ts ?
Non, n’est-ce pas ? Et pourtant, n’est-ce pas lĂ l’image caricaturale que beaucoup renvoient des juristes ?
Prends garde de ne pas faire la mĂȘme erreur, cher mangeur d’andouille du vendredi saint.
Lundi 22 sept 2008 à 09:43
groM a dit :
Je sens que je vais devoir pondre un autre billet, tant les commentaires soulÚvent de problématiques intéressantes.
Lundi 22 sept 2008 à 10:00
Raveline a dit :
@Michel : Violent ? Vous devez sans doute fermer vos oreilles lorsqu’on vous lit les plaies d’Egypte, vous.
DĂ©gradation de la libertĂ© religieuse ? Personne n’interdit le culte. Ce n’est pas une libertĂ© que vous rĂ©clamez, c’est un droit au prosĂ©lytisme. Quand au mĂ©pris, il touche beaucoup de gens, mais n’est guĂšre du domaine de la RĂ©publique. Si vous ĂȘtes croyant, que vous importe ?
Inacceptable ? Nul ne vous oblige Ă lire Grom.
@Malebranche : “Michel vous explique quâil est difficile dâĂȘtre croyant.” Certes. Comme de lire Teilhard de Chardin, ce qui le rend trĂšs aisĂ© Ă citer.
“Un mĂ©pris insupportable, et inacceptable”. Comme vous avez raison. Mais l’argument de l’inacceptable est lĂ©ger, non ? N’est-ce pas ce qu’on ouĂŻt chez ceux qui rĂ©clament l’euthanasie que votre Eglise condamne ? Enfin, je le rĂ©pĂšte : nul ne vous oblige Ă lire Grom. Vous le trouvez inacceptable ? Eh bien passez-vous en.
“Ils respectent, pour une Ă©crasante majoritĂ© dâentre eux, ce fait, mĂȘme sâils sont convaincus que ce nâest pas le bon chemin.” Dans ce pays, comme dirait Michel. Et parce qu’il a fallu y mettre les bouchĂ©es doubles. Ce que vous prenez pour du mĂ©pris, de la part des athĂ©es, est simplement une dĂ©finition du sacrĂ©e diffĂ©rente de la vĂŽtre. Renoncez au sacrĂ©, vous verrez bien moins de mĂ©pris. Notez que ce qui fait bondir Grom, c’est bien une sacralisation. (Sacralisation d’autant plus sotte que Sarkozy alignaient quatre conceptions de l’apostolat qui sont fort Ă©loignĂ©es les unes des autres).
“Ătre mĂ©prisĂ©s lorsquâils font simplement Ă©tat de leur croyance (sans quâil soit besoin de faire preuve de quelque prosĂ©lytisme).” Quelque prosĂ©lytisme ? Je cite un de vos coreligionnaire : “Nous sommes lĂ aussi parce que le message du Christ, portĂ© par le Saint-PĂšre, mĂ©rite le plus grand Ă©cho et que le monde est ainsi fait quâun tel rassemblement est de nature Ă le lui donner.” (Koz, 14 / 09 / 08).
@Eolas : Je peux me tromper, mais l’engagement auquel “fides” fait initialement rĂ©fĂ©rence est celui, on ne peut plus inĂ©gal du patron et du client. Engagement qui, avant d’ĂȘtre Ă©largi et codifiĂ©, concernait surtout les esclaves affranchis.
Sur ton anecdote Ă propos du cĂ©libat des prĂȘtres. Pour paraphraser les commentateurs prĂ©cĂ©dents, “c’est dur d’ĂȘtre curĂ©”. On n’est plus Ă l’Ă©poque oĂč on refuse les clients.
Le refus d’Ă©voluer sur la question du remariage des catholiques divorcĂ©s est proprement incroyable (et non “inacceptable”, messieurs Malebranche et Michel). Dans les cas de couples oĂč l’un des conjoints Ă©tait catholique, et l’autre athĂ©e ou d’une confession plus tolĂ©rante, c’est accabler plus encore la partie catholique.
Bien que croyant, il est vrai non catholique, je souscris complĂštement au discours de Grom. Je prĂ©fĂšre l’obscurantisme d’une RĂ©publique laĂŻque fonctionnant comme elle peut, mais assurant globalement la reprĂ©sentation des citoyens, Ă l’obscurantisme de l’institution romaine. Et du reste, je prĂ©fĂšre les athĂ©es aux catholiques : plus loin des rites, ils voient mieux Dieu. Il est possible de parler religion avec eux sans parler d’une institution.
Mercredi 24 sept 2008 à 15:33