Bloghorrée

Extrêmiste de la laïcité depuis 1976

Archive du mois de octobre 2008

Vendredi 24 octobre 2008

Il n’y a pas …

Posté dans Autres par groM

… que les petits pois dans la vie, il y a les statisticiens aussi: pour compenser la fermeture des garnisons de l’Est, le prĂ©sident de la RĂ©publique a dĂ©cidĂ© d’y envoyer un rĂ©giment de gĂ©nies du calcul.

Une réforme de plus sans concertation.

Mercredi 22 octobre 2008

Cherchez l’intrus

Posté dans CAVEJ par groM

Lors de la procédure de réinscription à Paris 1:

Quel est votre profil ?

  • Profil normal
  • Allocataire moniteur Paris 1
  • ATER Paris 1
  • Auditeur libre
  • IUFM
  • Personnel et enfant Paris 1
  • RĂ©fugiĂ© politique

Quelle est votre situation sociale ?

  • Normale
  • Boursier prĂ©sumĂ©
  • Pupille de la Nation

Vendredi 17 octobre 2008

Juris-simplisme

Posté dans Droit civil, ActualitĂ© du droit par groM

Lu dans le fil Dalloz du jour:

L’article 7 du texte, croustillant, se propose de moderniser le vocabulaire du code civil. Sont ainsi condamnĂ©s Ă  la disparition les termes de « seing privĂ© », « hĂ©rĂ©ditĂ© », « impense », « rĂ©mĂ©rĂ© », « colons partiaires » et autre « antichrèse »

Encore un projet de “simplification” du droit. C’est l’occasion de se rĂ©pĂ©ter: la complexitĂ© apparente du vocabulaire juridique recouvre des notions prĂ©cises, que le droit, comme tout discours rationnel, a besoin d’exprimer sans ambiguĂŻtĂ© - ou avec un minimum d’ambiguĂŻtĂ©. Donc, si on supprime les termes Ă©prouvĂ©s - et connus de tous les professionnels, on va tomber dans le nĂ©ologisme ou dans la pĂ©riphrase. Est-ce que l’antichrèse sera plus parlante lorsqu’elle sera appelĂ©e gage immobilier ? On peut en douter, la difficultĂ© venant de la notion et du rĂ©gime davantage que du mot. Par exemple, pourquoi n’avoir pas utilisĂ© le terme d’hypothèque avec dĂ©possession ? Car il ne faut pas prendre les gens pour des imbĂ©ciles: tout le monde sait ce qu’est une hypothèque; si personne ne connaĂ®t l’antichrèse, c’est qu’elle est très peu utilisĂ©e (sauf outre-mer paraĂ®t-il).

J’ai donc une contre-proposition: que nos impĂ´ts servent Ă  racheter les droits du Vocabulaire Juridique de GĂ©rard Cornu, et qu’on le mette en ligne.

Dimanche 12 octobre 2008

A civil action

Posté dans Droit civil, Etranger par groM

Sur la recommandation d’un collègue anglais, j’ai fait l’acquisition d’A civil action, de Johnathan Harr. C’est, paraĂ®t-il, une lecture quasi-obligatoire pour les Ă©tudiants en droit amĂ©ricains; c’est aussi un compte-rendu passionnant de la manière dont fonctionne le système amĂ©ricain de justice civile, en particulier celui de la responsabilitĂ© civile (tort law): suite Ă  la pollution de l’eau qu’ils boivent, plusieurs enfants d’un mĂŞme quartier sont frappĂ©s de leucĂ©mie et cinq d’entre eux meurent. L’affaire est prise en main par un cabinet d’avocats spĂ©cialisĂ©s, dirigĂ© par Jan Schlichtmann. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas spoiler votre lecture.

On a tendance, en France, Ă  dĂ©noncer facilement le caractère extrĂŞmement procĂ©durier des amĂ©ricains; Ă  cet Ă©gard, le cas de l’indemnisation obtenue dans l’affaire Liebeck c. McDonalds (160.000 $ de dommages et intĂ©rĂŞts compensateurs et 2 millions de dommages et intĂ©rĂŞts punitifs) peut sembler topique. Mais la caricature est assez facile. A civil action rappelle en particulier le risque que courent les demandeurs lorsqu’ils tentent de faire prĂ©valoir leurs droits (seul 1 sur 3 y parvient), mais aussi les risques que courent les avocats. Dans la mesure oĂą une grande partie de l’administration de la preuve leur revient, ils doivent avancer des sommes considĂ©rables, lors de l’avant-procès, pour rechercher des preuves viables.

A civil action rappelle aussi un autre fait bien souvent passĂ© sous silence lorsqu’on caricature le système judiciaire amĂ©ricain: la plupart des cas se terminent par un compromis (settlement), dans lequel les parties se mettent d’accord sur un montant d’indemnisation raisonnable. Mme Liebeck, pour continuer avec elle, avait ainsi proposĂ© Ă  McDonalds un settlement de seulement 20.000 $.


A civil action
Johnathan Harr
Vintage Books publisher - ISBN 978-0-679-77267-5

Vendredi 10 octobre 2008

Les arguments contre le contrĂ´le de constitutionnalitĂ© par voie d’exception

Dans son intervention du 25 septembre 2008, devant le VIIème congrès de droit constitutionnel, le vice-prĂ©sident du Conseil d’Etat, M. Jean-Marc SauvĂ© rĂ©sume de manière lumineuse la raison pour laquelle le juge administratif s’est toujours refusĂ© Ă  accepter un contrĂ´le de constitutionnalitĂ© des lois par voie d’exception:

Mais le Conseil d’Etat, pour sensible qu’il ait été aux exigences inhérentes à sa mission, s’est refusé -vous le savez- à contrôler la conformité des lois à la Constitution par ses arrêts Arrighi et Dame Coudert du 6 novembre 1936 (Rec. p. 966), qui ont consacré la théorie de la loi-écran. Pour lui, la logique implacable du respect de la hiérarchie des normes -la Constitution étant au dessus de la loi, le juge doit écarter une loi non conforme à la Constitution devait céder devant deux considérations supérieures étroitement liées : le respect de la souveraineté de la loi et le refus d’entrer en conflit avec le législateur. Il a confirmé fermement cette jurisprudence en 2005 (5 janvier 2005, Melle Deprez et M. Baillard, Rec. p. 1) pour une autre raison déterminante : l’existence depuis 1958 d’un contrôle de constitutionnalité exercé par le Conseil constitutionnel.

Je dois avouer ma perplexité devant les deux arguments avancés.

Concernant d’abord l’argument selon lequel l’exigence de respect de la hiĂ©rarchie des normes doive cĂ©der devant celle, supĂ©rieure, du respect de la souverainetĂ© de la loi pour Ă©viter les conflits avec le lĂ©gislateur, dont on pourrait penser qu’il fleure bon un lĂ©gicentrisme bien dĂ©passĂ©. Preuve est donc faite que cet argument est encore invoquĂ©. Et bien je ne comprends pas pourquoi le lĂ©gislateur, qui tire sa compĂ©tence de la constitution, tout comme le juge, serait plus Ă  mĂŞme que celui-ci de dĂ©passer cette compĂ©tence en votant des lois inconstitutionnelles. A cet Ă©gard, le qualificatif d’implacable que M. SauvĂ© attache au respect de la hiĂ©rarchie des normes me semble plus rĂ©vĂ©lateur d’une apprĂ©ciation personnelle que d’une dĂ©monstration juridique.

Concernant ensuite l’existence du contrĂ´le du conseil constitutionnel, deux arguments sont traditionnellement avancĂ©s.

D’abord, l’existence de ce contrĂ´le rendrait superflu celui des juridictions ordinaires. Mais est-il besoin de rappeler qu’il s’exerce uniquement sur les lois postĂ©rieures Ă  1958, et encore, si le conseil en a Ă©tĂ© saisi ? En pratique, donc, peu de saisines avant 1974, et depuis, des saisines très orientĂ©es politiquement (du fait des autoritĂ©s compĂ©tentes pour ce faire) et qui peuvent laisser passer entre les mailles du filet des lois très importantes dès lors qu’elles font l’objet d’un consensus politique (Je pense ici au nouveau code pĂ©nal, qui n’a pas Ă©tĂ© contrĂ´lĂ© par le conseil). Dès lors, un contrĂ´le a posteriori par les juridictions ordinaires apporte indubitablement des garanties supplĂ©mentaires, en ce qu’il permet de garantir les libertĂ©s des citoyens face aux lois antĂ©rieures Ă  1958 (au hasard, la loi du 3 avril 1955) et aux lois postĂ©rieures ayant Ă©chappĂ© Ă  son contrĂ´le. MĂŞme si, s’agissant des premières, le Conseil Constitutionnel s’est reconnu quelques pouvoirs d’action Ă  l’occasion de leurs modifications.

Mais nous en venons au second argument: le risque de contradiction de jurisprudence entre les juges constitutionnel et juges ordinaires. LĂ  encore, j’avoue mon incomprĂ©hension alors que (i) la contradiction entre, par exemple, la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat Ă  propos de la suprĂ©matie des accords internationaux sur les lois postĂ©rieures (Jacques Vabre c. Nicolo) a durĂ© 14 ans, (ii) le dialogue des juges ne devrait pas ĂŞtre un vain mot, surtout entre deux institutions sĂ©parĂ©es de 20 mètres.

Reste un dernier argument: la volontĂ© politique de ne pas avoir un tel contrĂ´le, notamment telle qu’elle ressort des travaux du CCC. Mais la rĂ©vision du 23 juillet 2008 a apparemment mis un terme Ă  cet Ă©tat de fait. Il reste Ă  espĂ©rer que ses textes d’application seront pris rapidement.

Mercredi 8 octobre 2008

Le nouveau site du Conseil Constitutionnel

Juste un court message pour avertir les gens qui n’en ont pas encore eu connaissance que le site du Conseil Constitutionnel a Ă©tĂ© entièrement relookĂ© Ă  l’occasion du cinquantième anniversaire de la constitution de 1958. Pour autant que je sache, c’est la plus importante cĂ©lĂ©bration dudit anniversaire - avec bien entendu ceci.

Toutes mes fĂ©licitations Ă  l’Ă©quipe qui gère le site pour le travail rĂ©alisĂ©, le site est beaucoup plus agrĂ©able et lisible; l’information accessible plus facilement. Et tout ça sans pour autant sombrer dans l’austĂ©ritĂ© dĂ©primante ou le bling-bling de certains sites de service public.

Jeudi 2 octobre 2008

J’en peux plus d’Arcelor !

Posté dans CAVEJ par groM

Vous aviez aimĂ© l’arrĂŞt Arcelor ? Moi aussi. Vraiment. Beaucoup.

Donc quand il est sorti en commentaire Ă  la session de juin, je me suis dit: dommage, tant mieux pour ceux qui l’auront pris.

Et bien, figurez-vous il est ressorti Ă  la session de septembre. Sous forme d’un commentaire des conclusions (remarquables) de M. Guyomar - avec en alternative le principe de primautĂ©.

L’exercice Ă©tait inĂ©dit. On comprend bien l’intĂ©rĂŞt de commenter des conclusion Ă  la session de septembre (tous les arrĂŞts Ă  connaĂ®tre, et mĂŞme d’autres, sont dedans). Maintenant, Ă©viter la paraphrase tout en collant au texte, c’est pas facile. Si tant est que ce soit la solution: je n’ai jamais fait de commentaire de conclusions, donc je serais bien incapable de vous dire ce qu’il en sera. Mais comme vous ĂŞtes sages en ce moment, je vous donne mon plan:

I. Un contexte délicat

A. La jurisprudence hésitante du Conseil Constitutionnel

B. Un Conseil d’Etat gardien du temple

II. Une solution heureuse

A. Une solution technique

B. Une solution pleinement justifiée

En attendant, ne me parlez plus d’Arcelor …