CNE: mais Ă quel jeu joue le gouvernement ?
FrĂ©dĂ©ric Rolin se faisait rĂ©cemment l’Ă©cho du dĂ©clinatoire de compĂ©tence que le PrĂ©fet de l’Essonne a soumis Ă la Cour d’Appel de Paris dans l’affaire du jugement du tribunal des Prud’hommes de Longjumeau. Rappelons-le, ce jugement dĂ©clarait le CNE contraire Ă la convention n°158 de l’OIT, position opposĂ©e Ă celle du Conseil d’Etat. Le gouvernement avait donc tout intĂ©rĂȘt Ă confier l’affaire Ă la juridiction administrative pour confirmer la validitĂ© du CNE par rapport Ă la convention, et c’est donc logiquement sur instruction directe du ministre de l’emploi qu’a agi le prĂ©fet.
Aujourd’hui, la Cour d’Appel de Paris examinait la question et, surprise, le Parquet s’est prononcĂ© pour la compĂ©tence de l’ordre judiciaire.
Je dois avouer mon incomprĂ©hension. Le Parquet, on le sait, est subordonnĂ© hiĂ©rarchiquement au Garde des sceaux, membre du mĂȘme gouvernement que le ministre de l’emploi, et peut obĂ©ir Ă ses instructions. Soit qu’il ait reçu une instruction dans ce sens, soit qu’il n’en ait pas reçu, on se retrouve avec deux branches du mĂȘme gouvernement qui, sur une question de droit et une question de politique importantes, prennent deux positions diffĂ©rentes et contradictoires.
Il y a lĂ peut-ĂȘtre quelque subtile manoeuvre, mais l’intĂ©rĂȘt de la chose m’Ă©chappe, et je ne trouve pas que l’Etat en sorte grandi.