Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Archive de la catégorie Droit administratif

Mercredi 7 mai 2008

François Maspero

Posté dans Droit administratif par groM

Ce n’est pas tous les jours qu’un requĂ©rant cĂ©lèbre peut s’entendre: allez donc Ă©couter, dans L’humeur vagabonde, sur France Inter, le Sieur Maspero, François, dont la librairie a donnĂ© l’occasion au Conseil d’Etat d’un arrĂŞt fameux.

Lundi 21 avril 2008

Le délai de recours contre les décisions implicites de rejet

Posté dans Droit administratif par groM

Amis lecteurs, j’ai un problème de lecture Ă  vous soumettre.

La question qui m’intĂ©resse est celle du dĂ©lai de recours contre les dĂ©cisions implicites de rejet. La thĂ©orie, telle qu’exposĂ©e par RenĂ© Chapus, est simple, voire limpide:

  • Le Conseil d’Etat estimait initialement qu’il y avait dispense de dĂ©lai, sans distinction selon la nature du contentieux, en se fondant sur la loi du 17 juillet 1900;
  • Une loi du 18 dĂ©cembre 1940 a Ă©tabli, sans faire non plus de distinction entre les types de contentieux, l’exigence du respect d’un dĂ©lai de 4 mois;
  • La loi du 7 juin 1956, voulant mettre un terme Ă  l’insĂ©curitĂ© juridique que cette solution pouvait entraĂ®ner (remise en cause de situation juridiques Ă©tablies), dispensa de dĂ©lai les recours en matière de plein contentieux, tout en maintenant l’exigence de dĂ©lai pour les recours en excès de pouvoir;
  • Enfin, considĂ©rant que les autoritĂ©s collĂ©giales sont lentes Ă  prendre une dĂ©cision, un dĂ©cret de 65 dispensa du dĂ©lai les recours en excès de pouvoir contestant une dĂ©cision demandant un avis ou une dĂ©cision d’un tel organe.

Maintenant, si je lis l’article R421-3 CJA, qui est censĂ© mettre ça en oeuvre, je lis:

Toutefois, l’intĂ©ressĂ© n’est forclos qu’après un dĂ©lai de deux mois Ă  compter du jour de la notification d’une dĂ©cision expresse de rejet :

1° En matière de plein contentieux ;

2° Dans le contentieux de l’excès de pouvoir, si la mesure sollicitĂ©e ne peut ĂŞtre prise que par dĂ©cision ou sur avis des assemblĂ©es locales ou de tous autres organismes collĂ©giaux ;

3° Dans le cas oĂą la rĂ©clamation tend Ă  obtenir l’exĂ©cution d’une dĂ©cision de la juridiction administrative.

Alors soit je suis mal rĂ©veillĂ© (c’est possible, vu l’heure), soit l’article dit exactement le contraire de Chapus. En effet, Ă  dĂ©faut du cas de la dĂ©cision explicite que traite cette article, on tombe dans l’application de l’article R421-2, qui dit:

Les intĂ©ressĂ©s disposent, pour se pourvoir contre cette dĂ©cision implicite, d’un dĂ©lai de deux mois Ă  compter du jour de l’expiration de la pĂ©riode mentionnĂ©e au premier alinĂ©a.

Ce qui ne mentionne aucune dispense de délai.

Suis-je vraiment bouché ?

Mardi 4 mars 2008

Rural !

Posté dans Autres, Droit administratif par groM

S’il est bien quelque chose qu’on n’apprend pas sur les bancs des facultĂ©s de droit, en tout cas lors des premières annĂ©es, c’est bien l’aspect profondĂ©ment humain des professions juridiques. Le juge qui envoie en prison, l’avocat qui explique la peine Ă  la famille du condamnĂ©, l’huissier qui le saisit, tous sont confrontĂ©s, plus ou moins durement, au facteur humain. Le publiciste seul, pourrait, Ă  cet Ă©gard, s’estimer un peu Ă©pargnĂ©. Mais il aurait bien tort : la victime estropiĂ©e par un dommage de travaux publics ou le propriĂ©taire expropriĂ© sont lĂ  pour lui rappeler.

A dĂ©faut de frĂ©quenter les juridictions de l’expropriation, les nĂ©ophytes pourront, comme moi, lire avec profit « Rural ! Chronique d’une collision politique » de Davodeau.

« Rural ! » est un reportage en bande dessinée, qui devait, à l’origine, traiter de la vie dans une exploitation agricole « bio », quelque part dans l’Anjou profond. Mais hélas, l’autoroute A87 est venue mettre un terme à ce projet, et l’auteur, qui avait pu devenir familier avec ceux qui vivaient sur ce bout de terre, changeant son fusil d’épaule, nous raconte par le menu une opération d’expropriation.

Tout commence donc avec les travaux d’archéologie préventive ; se poursuit, l’arrêté de cessibilité obtenu, avec la démolition des immeubles placés sur le tracé ; un flashback nous ramène à l’enquête publique ou à la contestation de la déclaration d’utilité publique devant le Conseil d’Etat.

Mais, au-delĂ  de ce rappel de la procĂ©dure administrative de l’expropriation - curieusement, la phase judiciaire est quasi absente du rĂ©cit, on rĂ©alise ce que les champs dans lesquels les archĂ©ologues travaillent reprĂ©sentent comme effort pour ceux qui les ont exploitĂ©s ; que cette bicoque qu’on dĂ©molit, et qu’on indemnise pour une misère, reprĂ©sente 10 ans de travaux pour ses propriĂ©taires ; que l’enquĂŞte publique, mĂŞme dĂ©mocratisĂ©e, est le jouet des puissances locales ; et que la contestation devant le Conseil d’Etat n’est qu’une tentative dĂ©sespĂ©rĂ©e, celle du pot de terre conte le pot de fer.

On parle peu de l’expropriation. C’est bien dommage, car c’est bien un domaine où la puissance de l’Etat traite sans mansuétude les individus. « Rural ! » en est un nouveau témoignage.

PS: Merci donc Ă  notre chargĂ© de TD, dont j’ignore le nom, de nous en avoir donnĂ© la rĂ©fĂ©rence.

Dimanche 24 février 2008

Sujet de droit administratif

Posté dans Autres, Droit administratif par groM

Concernant le droit administratif, voici le sujet auquel je n’ai pas rĂ©pondu, faute de m’ĂŞtre estimĂ© prĂŞt en l’Ă©tat de l’instruction: CE, 19 fĂ©vrier 2007 RĂ©gion Champagne-Ardennes. Evidemment, a posteriori, j’aurais pu y rĂ©pondre, mais bon, pas de regrets: soit on compte sur la chance, soit on compte sur soi.

Vendredi 15 février 2008

GAPF2: le droit des biens

Posté dans Droit administratif, CAVEJ par groM

Comme promis hier, une nouvelle fiche est disponible: Grands arrĂŞts, petites fiches du droit administratif des biens.

La formule est la mĂŞme, une très courte fiche sur chaque arrĂŞt, histoire de se remettre en mĂ©moire facilement ce que dit l’arrĂŞt. Le programme est celui du cours de L3 (1er semestre) de Mme Chaperon, au CAVEJ. Les recommandation de prudence sont aussi les mĂŞmes: ne me faites pas une confiance aveugle, lisez les arrĂŞts vous-mĂŞmes.

Maintenant, bonne lecture !

Vendredi 15 février 2008

Grands arrĂŞts, suite

Posté dans Droit administratif par groM

BientĂ´t sur ce blog, les Grands arrĂŞts, petites fiches du droit adminisratif des biens. 58 arrĂŞts en fiches, toujours aussi approximatives.

Mardi 12 février 2008

Sujet de M1 Droit Public de l’universitĂ© d’Evry

Suite à mon amicale pression pour convaincre les professeurs des universités de mettre davantage de contenu en ligne, Serge Slama, maître de conférence de droit public à l’Université Evry-Val-d’Essonne, a bien voulu que le sujet de M1 Droit public rédigé avec Pascal Caille soit publié dans ces colonnes.

Qu’il en soit vivement remerciĂ©, et puisse son initiative faire des Ă©mules !

Voici donc son sujet pratique de contentieux administratif, qui traite d’un rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ© contre un arrĂŞtĂ© du prĂ©sident de l’universitĂ© interdisant le tabac dans les locaux.

PS: Et avec mes excuses pour l’erreur d’aiguillage initiale.

Mercredi 30 janvier 2008

France, terre d’Ă©cueil

Juste un court billet pour signaler l’excellent billet de Serge Slama sur l’excellent blog droit administratif. C’est un peu long, mais c’est passionnant, au carrefour du droit, du rationalisme administratif et de la folie politique.

Mercredi 23 janvier 2008

Erratum

Posté dans Droit administratif par groM

Dans la fiche sur les grands arrĂŞts du droit administratif disponible ici, s’est glissĂ© (au moins) une erreur grossière. A propos de l’arrĂŞt “Ville nouvelle Est” de 1971, il est mentionnĂ© qu’il s’agit d’un REP contre un arrĂŞtĂ© prĂ©fectoral. Vous l’aurez notĂ©, il s’agit Ă©videmment d’un REP contre un arrĂŞtĂ© ministĂ©riel.

Toutes mes excuses, donc, et une nouvelle mise en garde Ă  l’attention des 1832 personnes qui, pour leur malheur, ont tĂ©lĂ©chargĂ© l’objet du litige: relisez toujours les arrĂŞts !

Jeudi 10 janvier 2008

Pourquoi j’aime le droit

Posté dans Droit administratif par groM

Alors que je venais de terminer ma fiche consacrĂ©e aux marchĂ©s publics, ce qui Ă©tait dĂ©jĂ  peu agrĂ©able attendu que mon cours date d’avant le nouveau code des marchĂ©s publics, ne voilĂ -t-il pas qu’est publiĂ© le poĂ©tique dĂ©cret n° 2007-1850 du 26 dĂ©cembre 2007 modifiant les seuils applicables aux marchĂ©s passĂ©s en application du code des marchĂ©s publics et de l’ordonnance n° 2005-649 du 6 juin 2005 relative aux marchĂ©s passĂ©s par certaines personnes publiques ou privĂ©es non soumises au code des marchĂ©s publics et aux contrats de partenariat. Et que dit ce magnifique dĂ©cret ? Et bien ceci:

1° Les dispositions de l’article 26 sont modifiĂ©es comme suit :

a) Au II, les mots : « 135 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 133 000 EUR HT » et les mots : « 210 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 206 000 EUR HT » ;

b) Au IV, les mots : « 210 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 206 000 EUR HT » et les mots : « 5 270 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 5 150 000 EUR HT ».

et, à titre éminemment subsidiaire et subliminal, cela:

Article 9: Les étudiant en droit referont leur fiche consacrée aux marchés publics pour prendre en compte ces nouveaux seuils.