Bloghorrée

“On lie les boeufs par les cornes, et les hommes par les paroles”

Archive de la catégorie Droit public

Jeudi 21 février 2008

De pire en pire

AprĂšs le garde des sceaux qui demande au Parlement de voter une loi qu’il sait inconstitutionnelle, voilĂ  la chancellerie qui fait chanter le conseil constitutionnel pour faire passer une loi inconstitutionnelle. Car c’est bien du chantage: j’imagine dĂ©jĂ  les dĂ©clarations outragĂ©es contre le conseil (et ses membres chiraquiens) si la petite loi sur la rĂ©tention de sĂ»retĂ© est censurĂ©e et que l’un des condamnĂ©s figurant sur la liste en question rĂ©cidive.

Nourrir la rĂ©flexion … qu’en termes choisis ces choses-lĂ  sont dites.

Vendredi 15 février 2008

GAPF2: le droit des biens

Posté dans Droit administratif, CAVEJ par groM

Comme promis hier, une nouvelle fiche est disponible: Grands arrĂȘts, petites fiches du droit administratif des biens.

La formule est la mĂȘme, une trĂšs courte fiche sur chaque arrĂȘt, histoire de se remettre en mĂ©moire facilement ce que dit l’arrĂȘt. Le programme est celui du cours de L3 (1er semestre) de Mme Chaperon, au CAVEJ. Les recommandation de prudence sont aussi les mĂȘmes: ne me faites pas une confiance aveugle, lisez les arrĂȘts vous-mĂȘmes.

Maintenant, bonne lecture !

Vendredi 15 février 2008

Grands arrĂȘts, suite

Posté dans Droit administratif par groM

BientĂŽt sur ce blog, les Grands arrĂȘts, petites fiches du droit adminisratif des biens. 58 arrĂȘts en fiches, toujours aussi approximatives.

Mardi 12 février 2008

Sujet de M1 Droit Public de l’universitĂ© d’Evry

Suite Ă  mon amicale pression pour convaincre les professeurs des universitĂ©s de mettre davantage de contenu en ligne, Serge Slama, maĂźtre de confĂ©rence de droit public Ă  l’UniversitĂ© Evry-Val-d’Essonne, a bien voulu que le sujet de M1 Droit public rĂ©digĂ© avec Pascal Caille soit publiĂ© dans ces colonnes.

Qu’il en soit vivement remerciĂ©, et puisse son initiative faire des Ă©mules !

Voici donc son sujet pratique de contentieux administratif, qui traite d’un rĂ©fĂ©rĂ©-libertĂ© contre un arrĂȘtĂ© du prĂ©sident de l’universitĂ© interdisant le tabac dans les locaux.

PS: Et avec mes excuses pour l’erreur d’aiguillage initiale.

Mercredi 30 janvier 2008

France, terre d’Ă©cueil

Juste un court billet pour signaler l’excellent billet de Serge Slama sur l’excellent blog droit administratif. C’est un peu long, mais c’est passionnant, au carrefour du droit, du rationalisme administratif et de la folie politique.

Mercredi 23 janvier 2008

Erratum

Posté dans Droit administratif par groM

Dans la fiche sur les grands arrĂȘts du droit administratif disponible ici, s’est glissĂ© (au moins) une erreur grossiĂšre. A propos de l’arrĂȘt “Ville nouvelle Est” de 1971, il est mentionnĂ© qu’il s’agit d’un REP contre un arrĂȘtĂ© prĂ©fectoral. Vous l’aurez notĂ©, il s’agit Ă©videmment d’un REP contre un arrĂȘtĂ© ministĂ©riel.

Toutes mes excuses, donc, et une nouvelle mise en garde Ă  l’attention des 1832 personnes qui, pour leur malheur, ont tĂ©lĂ©chargĂ© l’objet du litige: relisez toujours les arrĂȘts !

Jeudi 10 janvier 2008

Pourquoi j’aime le droit

Posté dans Droit administratif par groM

Alors que je venais de terminer ma fiche consacrĂ©e aux marchĂ©s publics, ce qui Ă©tait dĂ©jĂ  peu agrĂ©able attendu que mon cours date d’avant le nouveau code des marchĂ©s publics, ne voilĂ -t-il pas qu’est publiĂ© le poĂ©tique dĂ©cret n° 2007-1850 du 26 dĂ©cembre 2007 modifiant les seuils applicables aux marchĂ©s passĂ©s en application du code des marchĂ©s publics et de l’ordonnance n° 2005-649 du 6 juin 2005 relative aux marchĂ©s passĂ©s par certaines personnes publiques ou privĂ©es non soumises au code des marchĂ©s publics et aux contrats de partenariat. Et que dit ce magnifique dĂ©cret ? Et bien ceci:

1° Les dispositions de l’article 26 sont modifiĂ©es comme suit :

a) Au II, les mots : « 135 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 133 000 EUR HT » et les mots : « 210 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 206 000 EUR HT » ;

b) Au IV, les mots : « 210 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 206 000 EUR HT » et les mots : « 5 270 000 EUR HT » sont remplacés par les mots : « 5 150 000 EUR HT ».

et, à titre éminemment subsidiaire et subliminal, cela:

Article 9: Les étudiant en droit referont leur fiche consacrée aux marchés publics pour prendre en compte ces nouveaux seuils.

Lundi 17 décembre 2007

Retour en ligne

Cinq jours Ă  s’autocensurer pour dĂ©noncer la venue de Kadafi en France, c’est dur. Vous me direz que ce genre de protestation de salon, sans aucune prise de risque ,c’est lĂąche et inutile. Voire, pire, parisianisant. Vous aurez raison: je suis sĂ»r que si Kadafi Ă©tait au pouvoir en France, je n’oserais bouger ni pied ni patte. Il vaut sans doute mieux suivre le courant et faire assaut de rĂ©alisme politique, au nom de quelques contrats potentiels.

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A propos des contrats libyens, russes, ou chinois, est-ce quelqu’un pourrait me dire ce que signent les chefs d’Etat dans les grand-messe qui tiennent lieu de sĂ©ance de signature devant les mĂ©dias ?

Par ce que si le contrat est la loi des parties, je conçois bien que le prĂ©sident d’Alstom puisse signer avec celui de Chinese Railways, ou bien que Serge Dassaut signe avec le colonel Kadafi, mais alors, que signe Sarkozy ? Appose-t-il une signature purement dĂ©corative sur des contrats qui n’en ont pas besoin, ou bien signe-t-il des autorisations spĂ©ciales, par exemple pour les ventes d’armes ? Dans ce second cas, cela ne devrait-il pas plutĂŽt ĂȘtre le rĂŽle du ministre de la dĂ©fense ?

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Weekend intense, avec deux commentaires d’arrĂȘt: Cass. Com. 4 juillet 2006 et CE, 28 septembre 1988, ONF c. Mme Dupouy et M. Livran. Je dois avouer avoir prĂ©fĂ©rĂ© le premier au second, les subtiles distinction du Conseil d’Etat en ce qui concerne les forĂȘts domaniales et la profondeur nĂ©cessaire pour qu’une excavation prĂ©sente sur une chaussĂ©e constitue un dĂ©faut d’entretien de la route ne me semblant pas d’un intĂ©rĂȘt premier. Je sais, je sais, l’ironie est facile, si j’avais un accident de voiture sur une route dĂ©foncĂ©e, mon avis serait diffĂ©rent. Si vous ĂȘtes sages, vous aurez mĂȘme le contenu de mes devoirs.

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La FSF signale que la France pourrait ĂȘtre le terrain de ce que la communautĂ© du logiciel libre attend depuis des annĂ©es: un procĂšs qui implique au premier chef la GPL. Il y a bien eu un prĂ©cĂ©dent en Allemagne, mais c’est aujourd’hui le cas de Free qui dĂ©fraye la chronique. Pour rĂ©sumer, Free met Ă  disposition de ses utilisateur des Freebox qui contiennent un logiciel sous GPL. Lesdits utilisateurs d’abord, l’auteur de ce logiciel ensuite, prĂ©tendent qu’il s’agit lĂ  d’un acte de distribution et entendent faire en sorte que les stipulations de la GPL (la section 3 de la V2) soient respectĂ©es. AprĂšs une phase de conciliation, il semblerait que Free refuse bien de s’exĂ©cuter, et l’heure fatidique de l’assignation approche.

Cette affaire sera intĂ©ressante Ă  plusieurs titres. Sur le plan du droit international privĂ©, il sera intĂ©ressant de voir quelle sera la loi applicable. Dans la mesure oĂč l’auteur du logiciel litigieux est allemand, Free (ou Iliad, c’est pas clair pour moi) est une sociĂ©tĂ© de droit français, et dans la mesure enfin oĂč la GPL n’a pas de clause dĂ©terminant la loi applicable, l’article 3 de la convention de Rome du 19 juin 1980 est applicable et stipule que “le contrat est rĂ©gi par la loi du pays avec lequel il prĂ©sente les liens les plus Ă©troits […] il est prĂ©sumĂ© que le contrat prĂ©sente les liens les plus Ă©troits avec le pays oĂč la partie qui doit fournir la prestation caractĂ©ristique a, au moment de la conclusion du contrat, sa rĂ©sidence habituelle ou, s’il s’agit d’une sociĂ©tĂ©, association ou personne morale, son administration centrale.” S’agissant de la GPL, il sera intĂ©ressant si la prestation caractĂ©ristique sera imputable Ă  Free ou Ă  l’auteur.

La deuxiĂšme prĂ©cision qu’apporterait un tel procĂšs serait celui de la dĂ©finition des actes de distribution. Il est vraisemblable que Free arguera qu’elle n’a pas distribuĂ© le logiciel Ă  ses abonnĂ©s, et que la Freebox reste d’ailleurs sa propriĂ©tĂ©. DĂšs lors, les usagers de la Freebox sont dans la mĂȘme situation que les utilisateurs de Firefox dans un cyber cafĂ©: on ne leur propose pas les sources. Il est intĂ©ressant d’ailleurs de voir que la GPL v3 a Ă©voluĂ© sur la question, alors que la V2 est muette: “if you convey an object code work under this section in, or with, or specifically for use in, a User Product, and the conveying occurs as part of a transaction in which the right of possession and use of the User Product is transferred to the recipient in perpetuity or for a fixed term (regardless of how the transaction is characterized), the Corresponding Source conveyed under this section must be accompanied by the Installation Information. But this requirement does not apply if neither you nor any third party retains the ability to install modified object code on the User Product (for example, the work has been installed in ROM).

Ce que ce procĂšs ne dira sans doute pas, en revanche, c’est la validitĂ© de la GPL en droit français. On pourrait imaginer exciper de la nullitĂ© du contrat pour un certain nombre de motifs (parmi lesquels le non respect des formalitĂ©s de l’article L131-3 CPI), mais les nullitĂ©s ne sont pas prononcĂ©es d’office par le juge: elles doivent ĂȘtre demandĂ©es par les parties ou, s’agissant des nullitĂ©s absolues, par les tiers intĂ©ressĂ©s. DĂšs lors, dans la mesure oĂč aucune des deux parties n’a intĂ©rĂȘt Ă  une telle nullitĂ©, ni les demandeurs qui ne souhaitent pas voir remise en cause la GPL, ni Free qui ne souhaite pas devoir repenser l’intĂ©gralitĂ© de sa Freebox, la question ne sera pas posĂ©e et le juge n’y rĂ©pondra pas.

Une affaire intéressante, donc, à suivre.

Lundi 26 novembre 2007

Quand le droit administratif se fait poĂšte

Posté dans Droit administratif par groM

Cela donne cela:

Vu l’Ă©dit de Moulins de fĂ©vrier 1566 ; l’ordonnance de la Marine d’aoĂ»t 1681; la loi du 16 septembre 1807 et l’ordonnance du 23 septembre 1825 ; le dĂ©cret du 14 juin 1859 ; la loi du 21 juin 1865 modifiĂ©e et le dĂ©cret du 18 dĂ©cembre 1927 ; le Code du Domaine de l’Etat ; l’ordonnance du 31 juillet 1945 et le dĂ©cret du 30 septembre 1953 ;

C’est un arrĂȘt de section du 13 octobre 1967 Cazeaux.

Lundi 12 novembre 2007

OĂč trouver la (vieille) doctrine fiscale ?

Posté dans Droit administratif, Trucs et astuces par groM

Question Ă  mes gĂ©nĂ©reux lecteurs: est-ce que l’un d’entre eux saurait oĂč trouver les textes de doctrine fiscale antĂ©rieurs Ă  1991 ? Je n’ai trouvĂ© sur le site du Ministre des finances et du ministre des comptes publics que les instructions fiscales allant de 2001 Ă  2007 (ici pour le BOCP et lĂ  pour le BOI), mais rien pour les annĂ©es antĂ©rieures.

Je suis particuliĂšrement intĂ©ressĂ© par l’instruction 4 A-4-91 du 22 avril 1991 qui traite des conditions pour qu’un dĂ©veloppement logiciel soit Ă©ligible comme dĂ©pense de recherche au sens de l’article 244 quater B du CGI. Du moins c’est ce que prĂ©tend le conseil d’Etat dans cet arrĂȘt.